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James Joyce, Dubliners (Dublinois ou Gens de Dublin), traduit de l'anglais par Jacques Aubert, préface de Valery Larbaud, Edition Gallimard, 1974, pour la traduction française, disponible en collection Folio (texte intégral).

 

"Après la publication en 1907 de poésies de jeunesse, James Joyce publie en 1914 un recueil de nouvelles commencé dès 1902. Il s'agit de Dubliners (Dublinois). Quelle suprise pour le lecteur de découvrir ces quinze nouvelles, si sages, si classiques, si claires.

Dans ce livre, Joyce décrit, avec un sens profond de l'observation, les moeurs de la bougeoisie irlandaise, l'atmosphère trouble et le destin tragique de la société de l'époque. Les thèmes favoris de Joyce, l'enfance, l'adolescence, la maturité, la vie publique sont ici incarnés par divers types d'habitants de Dublin, "ce cher et malpropre Dubin" que Joyce aimait tant."

 

 

"Le monde des Gens de Dublin est déjà le monde du Portrait de l'Artiste et d'Ulysse. C'est Dublin et ce sont des hommes et des femmes de Dublin. Leurs figures se détachent avec un grand relief sur le fond des rues, des places, du port et de la baie de Dublin. jamais peut-être l'atmosphère d'une ville n'a été mieux rendue, et dans chacune de ces nouvelles, les personnes qui connaissent Dublin retrouveront une quantité d'impressions qu'elles croyaient avoir oubliées. Mais ce n'est pas la ville qui est le personnage principal, et le livre n'a pas d'unité : chaque nouvelle est isolée ; c'est un portrait, ou un groupe, et ce sont des individualités bie marquées que Joyce se plaît à faire vivre. Nous en retrouverons du reste quelques uns, que nous reconaîtrons, autant à leurs paroles et à leurs traits de caractères qu'à leurs noms, dans ses livres suivants.

La dernière des quinze nouvelles est peut-être, au point de vue technique, la plus intéressante ; comme dans les autres, Joyce se conforme à la discipline naturaliste : écrire sans faire appel au public, raconter une histoire en tournant le dos aux auditeurs ; mais en même temps, par la hardiesse de sa construction, par la disproportion qu'il ya a entre la préparation et le dénouement, il prélude à ses futures innovations, lorsqu'il abandonnera à peu près complètement la narration et lui substituera des formes inusitées et quelquefois inconnues des romanciers qui l'ont précédé : le dialogue, la notation minutieuse et sans logique des faits, des couleurs, des odeurs et des sons, le monologue intérieur des personnages, et jusqu'à une forme empruntée au catéchisme : question, réponse ; question, réponse." (Valéry Larbaud)

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