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Je relis les deux articles de Max Weber : "Le métier et la vocation de savant" (Wissenschaft als Beruf, 1919) et "Le métier et la vocation d'homme politique" (Politik als Beruf, 1919), parus sous le titre Le savant et le politique chez Plon en 1959 avec la préface de Raymond Aron. Je ne peux pas, cependant, m'empêcher de ressentir un sentiment de malaise et de tristesse. Qui s'intéresse encore à Raymond Aron (ou à Jean-Paul Sartre) ? Qui s'intéresse encore à Max Weber, qui s'intéresse encore aux liens entre la pensée et l'action, à la tension tragique (mais féconde) entre "l'éthique de responsabilité" et "l'éthique de conviction" ? La France a renoncé à ses frontières et à sa monnaie pour se fondre dans un Empire supra-national sous domination américaine, superposant ses frontières à celle de l'OTAN. Il est loin le temps où le général de Gaulle incarnait l'indépendance nationale et pouvait affirmer sans faire rire que la politique de la France ne se faisait pas autour de la corbeille, le temps où Georges Pompidou menaçait de démissionner au cas où la France compterait plus de 500 000 chômeurs... Une nouvelle génération de politiciens incultes, girouettes tournant au gré des vents mauvais (qui ne les emporte pas, mais qui emporte les autres) a pris désormais (et depuis longtemps) le pouvoir, entourés de courtisans et de lèche-bottes. Ils se disent "gaullistes" et se font photographier à Colombey devant la Croix de Lorraine. Ils se disent "socialistes" et se réclament de Jaurès... Le degré zéro de la pensée et de la politique... Triste époque !

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