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Virginie Ledoyen dans La Vie de Marianne de Benoît Jacquot

Objet d'étude : le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours

Corpus :

A. Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, La Vie de Marianne, 1742

B. Alain Robbe-Grillet, Les Gommes, 1953

C. Milan Kundera, L'Immortalité, 1990

D. Philippe Claudel, Les Âmes grises, 2003

Question sur les textes du corpus :

Dans leur manière d'introduire les personnages, ces textes cherchent-ils à donner l'illusion du réel ?

Dans l'extrait de La vie de Marianne, Marivaux a recours à un procédé ingénieux : le dédoublement du narrateur : le premier narrateur prétend avoir découvert et publié un manuscrit et raconte les circonstances de sa découverte, la suite du roman étant tirée du manuscrit lui-même.

En réalité les deux "je" sont des relais de l'auteur (Marivaux) qui a écrit l'ensemble du roman La Vie de Marianne. Ce procédé tend à faire croire au lecteur (qui n'est pas dupe) à la réalité de ce que dit le premier narrateur et à la réalité du manuscrit. Il s'agit d'un "jeu" littéraire.

Dans l'extrait des Gommes, l'auteur commence par créer l'illusion du réel, puis le dissipe rapidement en commentant la scène qu'il évoque à travers un point de vue omniscient et en employant le vocabulaire du théâtre, le théâtre étant l'illusion par excellence.

Dans l'extrait de L'Immortalité de Milan Kundera, le narrateur qui se présente comme l'auteur cherche à donner l'illusion du réel lorsqu'il parle de lui même, puis la dissipe en montrant le travail d'imagination d'un auteur pour créer l'illusion romanesque.

Dans l'extrait des Âmes grises, le narrateur utilise le même procédé, du moins au début, mais contrairement au porte-parole de Milan Kundera, il cherche à créer l'illusion du réel en fournissant au lecteur des renseignements aussi nombreux que précis qui "incarnent" le personnage : dates, noms, lieux, ancrage historique, portrait physique et psychologique, conformément à la technique narrative traditionnelle.

Les textes jouent cependant tous les quatre sur le rapport entre fiction et réalité en suggérant, chacun à sa manière, qu'une oeuvre littéraire relève, selon l'expression de Louis Aragon du "mentir vrai".

 

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