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Berkeley, Trois dialogues entre Hylas et Philonous, traduits par A. Leroy, avec présentation et commentaires, précédés d'un essai critique sur le philosophie de Berkeley par Michel Ambacher, 1970, Aubier Montaigne.

 

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L'évêque George Berkeley (12 mars 1685 - 14 janvier 1763) est un philosophe irlandais de la famille des empiristes dont la principale réussite fut la théorisation de l'idéalisme empirique ou immatérialisme, résumé par la formule esse est percipi aut percipere (« être c'est être perçu ou percevoir »). Pour Berkeley, les choses qui n'ont pas la faculté de penser sont perçues et c'est l'esprit (humain ou divin) qui les perçoit. La théorie de Berkeley montre que les individus peuvent seulement connaître les sensations et les idées des objets, non les abstractions comme la matière ou les entités générales. Berkeley a réalisé de nombreux travaux, dont les plus connus sont sont les Principes de la connaissace humaine (1710) et les Trois dialogues entre Hylas et Philonous, Philonous (l'ami de l'esprit), le "spiritualiste", représentant Berkeley dans son propre rôle et Hylas, nommé d'après l'ancien mot grec pour "matière" (Hilè), représentant l'objecteur.

 

Je vous invite à aborder la pensée de Berkeley à travers les Trois dialogues entre Hylas et Philonous, dans la traduction parue aux éditions Aubier Montaigne, en commençant par l'introduction de Michel Ambacher.

"Ce qui nous a décidé à entreprendre ce travail, explique Michel Ambacher, c'est l'espoir qu'il pourrait y avoir dans les thèmes débattus par Berkeley, dans sa lutte contre le pré-positivisme du XVIIIème siècle, l'occasion de préciser certains de ceux qui s'imposent à la philosophie d'aujourd'hui.

En conséquence, le présent travail sera distribué en trois parties :

La première, surtout expositive et descriptive, est une présentation de l'idéalisme berkeleyen. Elle évoque ce que firent, dans le climat déjà tendu du XVIIIème siècle, ses composantes essentielles. A savoir :

a) la critique des pensées abstraites des physiciens et mathématiciens.

b) la conception de la structure immatérielle du monde à partir de l'expérience mentale du fameux "esse est percipi".

c) la théorie alors si novatrice qui fait de la Nature un système de signes, plutôt qu'un gigantesque mécanisme.

La seconde partie offre l'occasion d'effectuer une rencontre avec celui qu'il faudrait appeler un Maître si, plus que tous les autres philosophes, il n'avait récusé ce titre, afin de laisser la parole à la seule Nature. On a choisi à cet effet ce joyau de la pensée de Berkeley et sans doute de la littérature philosophique que sont les Dialogues entre Hylas, le tenant un peu balourd du scientisme et Philonous, porte-parole de Berkeley.

La troisième partie amorce un commentaire critique dans le but de rejoindre des préoccupations actuelles. On se demande s'il ne serait pas possible de procéder à une rénovation de cette conception berkeleyenne du Langage de la Nature, quoique dans un sens nettement moins "idéaliste" puisque la Matière et le Corps y tiennent un rôle décisif. L'analyse réflexive distingue en effet, à l'intérieur du langage, de même qu'à la racine des conditions d'existence proto-positives propres à tout être, le résultat d'une préadaptation entre les attitudes corporelles, les actions matérielles et les concepts de la conscience. L'existence de la Nature sort évidemment très profondément modifiée de cette interprétation. Au lieu d'apparaître un simple tissu d'idées comme chez Berkeley, ou de s'exhiber immédiatement sous des dehors physiques et transitifs à la manière du monde des savants, elle devient une communication concrète, mettant simultanément en action les corps, les consciences et la matière. Ainsi est-il désormais possible d'entendre et de comprendre, en dehors de la signification physique et technique que la science confère à la causalité des choses dans l'espace, le sens d'un langage naturel que nous tient la présence des êtres et des choses."

 

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