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F.R. Tallis, La chambre des âmes (The Sleep Room), traduit de l'anglais par Eric Moreau, 10/18 coll. Grands détectives, 2013.

"A la fin des années 1950, quand le jeune psychiatre James Richardson se voit offrir un emploi dans une institution psychiatrique perdue dans le fin fond du Suffolk, il n'a pas un regard en arrière. Il est chargé d'un projet controversé : une thérapie pionnière au cours de laquelle des patients sont maintenus endormis pendant des mois. Si cette procédure radicale et potentiellement dangereuse était un succès, cela pourrait signifier sa gloire professionnelle. Mais, rapidement, Richardson découvre des phénomènes étranges dans la salle de sommeil..."

Mon avis :

Inspiré de faits réels, le roman de F.R. Tallis s'en prend aux méthodes d'un courant psychiatrique en vigueur en Angleterre dans les années 50 (un mélange d'électrochocs et d'hypnothérapie) et à son "mandarin" tout-puissant, en suggérant que l'inconscient des malades soumis à ces expériences barbares d'effacement des souvenirs - alors qu'il s'agit dans la perspective psychanalytique de les "rappeler" - pourrait bien se rebiffer.

Le roman précédent de F.R. Tallis : Les Portes de l'Interdit relevait du "réalisme fantastique". A l'instar du Dracula de Bram Stocker ou du Frankenstein de Marie Shelley, le "pacte de lecture" proposait au lecteur de "croire" au surnaturel.

La Chambre des âmes joue sur une autre forme de fantastique que l'on trouve par exemple dans Le Horla de Maupassant, les mêmes phénomènes étranges pouvant être interprétés de deux manières différentes : rationnelle ou surnaturelle.

Le roman illustre par ailleurs le paradoxe bien connu du sage chinois : "Un homme rêve qu'il est un papillon, et dans son rêve il ignore tout de sa vie d'être humain. A son réveil, il se pose la question suivante : "Suis-je un homme qui vient de rêver qu'il est un papillon, ou suis-je vraiment un papillon, en train de rêver qu'il est un homme ?"

Mais ce n'est qu'à la toute fin du roman que ce paradoxe prend tout son sens.

Franck Tallis est un docteur en psychologie renommé, spécialiste des troubles obsessionnels. Il a d'abord publié des essais de psychologie grand public, puis des romans (Killing Time, Sensing Others) pour lesquels il a reçu en 1999 le Writer's Award de l'Académie des arts de Grande-Bretagne et, un an plus tard, le New London Writer's Award. Sa série viennoise, "Les Carnets de Max Libermann", débute avec La Justice de l'insonscient, salué dès sa parution par une critique et un public unanimes. Il démarre un nouveau cycle fantastique avec Les Portes de l'interdit et La Chambre des âmes, sous la signature de F.R. Tallis.

 

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