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Roberto Calasso, La ruine de Kasch (La Rovina de Kasch), Adelphi Edizioni S.P.A. Milano, 1983, traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro avec la collaboration de Jean-Baptiste Michel, NRF Gallimard, 1987

Roberto Calasso est né à Florence en 1941. Il vit à Milan, où il dirige les éditions Adelphi. Il a publié un roman, Le Fou impur (1976) et de nombreux Essais.

Caricature de Talleyrand

"A l'origine, les montagnes avaient de grandes ailes. Elles volaient dans le ciel et s'arrêtaient sur la terre, suivant leur plaisir. Alors la terre tremblait et vascillait. Indra coupa les ailes des montagnes. Il fixa les montagnes sur la terre pour la rendre stable. Les ailes devinrent des nuages. Depuis lors, les nuages s'amassent autour des cimes."

"La légende de la ruine de Kasch est l'histoire d'un royaume d'Afrique dont le roi était tué lorsque les astres formaient certaines configurations dans le ciel.

Un jour, se présenta un étranger, nommé Far-li-mas, originaire des terres qui se trouvent au-delà de la mer orientale. Il faisait des récits extraordinaires qui envoûtaient tant son auditoire que les prêtres oubliaient de contempler le ciel.

L'arrivée de ce conteur marqua la fin d'une ère sacrificielle : la ruine du royaume de Kasch. Mais bientôt le nouvel ordre lui-même, où était aboli le meurtre rituel du roi, allait connaître son déclin.

A travers cette légende, telle qu'elle fut racontée il y a soixante-dix ans, par un vieux chamelier, l'auteur pose la question de la légitimité du pouvoir, de la tyrannie et du sacrifice.

Un maître de cérémonie ordonne le récit : Talleyrand. ce témoin priviégié de l'Histoire, le plus moderne et le plus archaïque des hommes politiques, habitué au commerce des Puissants, guide le lecteur dans des lieux réels ou symboliques : la cour de Versailles, l'Inde des Véda, l'abbaye de Port-Royal, les galeries libertines du Palais-Royal. Il a pour compagnons Marie-Antoinette, Bentham, Goethe, Fénelon, Baudelaire, Marx, Ricardo, Stirner, Chateaubriand, trois sordides assassins, un bâtard de Louis XV, Sainte-Beuve et d'innombrables autres comparses.

Cette étonnante vision de l'Histoire ne propose pas une "théorie du sacrifice", mais différentes approches de ce thème, sous forme de paraboles, d'allégories, de chroniques.

A n'en pas douter, on est, avec cet ouvrage, en présence d'une nouvelle conception de l'érudition : une pensée moins rigide, plus poétique, plus ouverte, n'admettant ni frontière, ni classification."

 

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