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George Orwell, La ferme des animaux, (Animal Farm), traduit de l'anglais par Jean Quéval, Champ libre

George Orwell, de son vrai nom Eric Blair, est né aux Indes en 1903, exactement à Motihari (Bengale). De 1922 à 1927, il servit dans la Police Indienne Impériale en Birmanie. Il a relaté cette expérience dans Burmese days (1934). Pendant les années suivantes, il s'installe à Paris, où il mène une vie de clochard, ce qu'il raconte dans son livre : Dans la dèche à Paris et à Londres. En 1936, il fait la guerre d'Espagne dans les rangs républicains et il y est blessé. Il écrit alors Hommage à la Catalogne. Pendant la guerre, il travaille pour la BBC. Puis il est correspondant spécial de l'Observer en France et en Allemagne , où il se montre un fin observateur de la vie politique.

Orwel est mort à Londres en janvier 1950, peu après avoir publié son célèbre ouvrage, 1984.

Un beau jour, dans une ferme anglaise, les animaux décident de prendre le contrôle et chassent leur propriétaire. Les cochons dirigent la ferme comme une mini société et bientôt des lois sont établies proscrivant de près ou de loin tout ce qui pourrait faire agir les animaux comme des humains. De fil en aiguille, ce microcosme évolue jusqu'à ce qu'on puisse lire parmi les commandements : " Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres.

"La ferme des animaux fut largement commentée et les critiques anglais lui firent très bon accueil, vantant en général les qualités du style. Les comparaisons avec Swift ne manquèrent pas, mais seul Cyril Connoly en expliqua les raisons : "la sensibilité, la pénétration et l'économie de mots du maître d'Orwell, Swift". (...)

Sur le contenu, il y eut un désaccord surprenant pour un livre apparemment aussi simple. Certains y virent simplement un pamphlet antisoviétique ou antistalinien et l'acclamèrent sur cette base et d'autres, les communistes et les compagnons de route, le condamnèrent pour les mêmes raisons. (...)

Mais les meilleures critiques  virent que sa condamnation de la tyrannie était universelle, même si l'allégorie suivait d'assez près la révolution soviétique ; et qu'il y avait un second thème, plus positif, celui de la "révolution trahie".

Si les critiques anglais comprirent le thème de la "révolution trahie", ils ne firent pas tous convaincus pour autant. Cyril Connoly ajouta ainsi qu'Orwell, comme Koestler, oubliait le fait que "toute révolution est trahie" car la violence nécessaire à sa réalisation peut entraîner une admiration pour celle qui conduit aux abus de pouvoir." (...)

Orwell ne se rendit pas compte au début que l'on pouvait utiliser son livre, ou le lire, comme propagande antisocialiste (...) Il s'inquiétait plus d'avoir été qualifié de trotskiste par des critiques anglais, qui virent Staline dans Napoléon et Trotski dans Boule de Neige, sans noter la responsabilité de Boule de Neige-Trotski dans la violation première et cruciale de l'égalité entre les animaux, les rations spéciales pour les cochons - a première trahision de la révolution : "Tous les cochons étaient d'accord sur ce point, même Boule de Neige et Napoléon."

"Vous n'allez tout de même pas croire, camarades, que nous, les cochons, agissons par égoïsme, que nous nous attribuons des privilèges. En fait, beaucoup d'entre nous détestent le lait et les pommes. C'est mon propre cas. Si nous nous les approprions, c'est dans le souci de notre santé. Le lait et les pommes (ainsi, camarades, que la science le démontre) renferment des substances indispensables au régime alimentaire du cochon. Nous sommes, nous autres, des travailleurs intellectuels. La direction de l'organisation de cette ferme reposent entièrement sur nous. de jour et de nuit nous veillons à votre bien. Et c'est pour votre bien que nous buvons ce lait et mangeons ces pommes. Savez-vous ce qu'il adviendrait si nous, les cochons, devions faillir à notre devoir ? Jones reviendrait ! Oui, Jones ! Assurément, camarades, s'exclama Brille-Babil, sur un ton presque suppliant, et il se balançait de côté et d'autre, fouettant l'air de sa queue, assurément, il n'y en a pas un seul parmi vous qui désire le retour de Jones."

Orwell souligna ce passage dans un exemplaire qu'il donna à Geoffrey Gorer, en lui expliquant que c'était le passage clef. (Bernard Crick, George Orwell, une vie)

 

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