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Couverture : La mort sous un crâne

John Dickson Carr, La Mort sous un crâne (Castle Skull), 1931, traduit de l'américain par Janine Vassas et Michel Segrestaa, Librairie des Champs-Elysées, coll. Le Masque, 1991

Maître des problèmes de chambre close, John Dickson Carr est né en Pennsylvanie en 1906. Après des études peu brillantes et un séjour d'un an à Paris, il écrit son premier roman policier, publié en 1930, Le Marié perd la tête. Il crée en 1933 et 1934 ses deux héros, le Dr. Gidéon Felle et sir Henry Merrivale (sous le pseudonyme de Carter Dickson), respectivement inspirés de G.K. Chesterton et Winston Churchill.

Président des Mystery Writers of America en 1949, il obtient la même année un Edgar spécial pour sa biographie de Conan Doyle. Ses oeuvres (La Chambre ardente, Hier, vous tuerez, Le Secret du gibet, etc.) oscillent toujours entre le fantastique et l'énigme pure - domaines contradictoires s'il en est - et l'art avec lequel il jongle entre les deux a fait de lui l'un des plus grands de la littérature policière.

"Bencolin est chargé d'éclaircir la mort du célèbre acteur Myron Allison. Après avoir reçu trois balles dans la poitrine, celui-ci a été arrosé de kérosène. Et on l'a vu courir, en flammes...

Mais ce n'est pas tout. Sa mort serait liée à celle de Meleger, le non moins célèbre magicien. celui qui faisait sauter sa tête de son cou et la laissait flotter, souriante, sur le public...

Quand on a sorti son corps de l'eau, il était si méconnaissable que Bencolin ne peut s'empêcher de penser que, peut-être...

Non, non... c'est bien pire que ça. C'est plus diabolique, beaucoup plus diabolique..."

"La Tête-de-Mort illuminée offrait une vision saisissante, qui devait subjuguer les touristes. L'énorme crâne se dressait, nous fixant de tous ses feux. Les vitres violettes des fenêtres ovales formaient des yeux immenses. Le nez était triangulaire et jaune ; tout comme les arcs de la galerie dessinant les dents ; le tout brillait d'un éclat diabolique. Aux moindres jeux de lumière, des expressions changeantes se peignaient sur l'inquétante figure. Tantôt elle clignait d'un oeil sournois, tantôt elle souriait ; ou encore elle se figeait soudain dans une expression de ruse féroce. Des torchères flamboyantes le long des remparts ; des leurs grosses comme des têtes d'épingles s'agitaient derrière les fenêtres des tours et j'aperçus des silhouettes. Je mis un certain temps à comprendre que ces points lumineux n'étaient autres que les casques métalliques des policiers. Le château se découpait sur le ciel ; le gigantesque crâne était à présent devenu gris argenté sous le halo de la lune. Il observait, aux aguets. Depuis des siècles qu'il contemplait le Rhin, il avait acquis un féroce sens de l'humour. Il se réjouissait, dans son âge vénérable, d'être envahi par tous ces misérables petits personnages qui s'apprêtaient à traverser littéralement son cerveau et, tels des fantômes dans son esprit de poète, à danser le quadrille. Ah ! baron von Arnheim, quel magicien vous faites ! Votre adversaire français devrait s'incliner humblement devant cette mise en scène que lui-même approuverait."

 

 

 

 

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