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Jean-Pierre Richard, Proust et le monde sensible, éditions du Seuil, coll. Poétique dirigée par Gérard Genette et Tzvetan Todorov, 1974 et en Livre de Poche, coll. Point.

Né à Marseille le 15 juillet 1922, Entré à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1941, agrégé de lettres en 1945, docteur ès lettres en 1962, il enseigne la littérature dans des universités étrangères puis en France où il est élu à l'université de Paris IV en 1978. Depuis la parution de Littérature et Sensation qui le révèle en 1954, il n'a cessé d'explorer le lien qui unit, chez des écrivains du XIXe et du XXe siècle, l'écriture et l'expérience intime du monde. Ainsi, à propos de Stendhal, Flaubert, Fromentin et les Goncourt, auxquels est consacré ce premier essai, il met au jour l'importance de l'univers matériel et des sensations qu'il définit. Dans Poésie et Profondeur, il précise l'enjeu de son étude : retrouver le « moment premier de la création littéraire » ; saisir l'instant où d'un même projet se construisent l'homme, l'écrivain et l'œuvre. L'étude de Richard s'est également penchée sur l'univers de Mallarmé, afin de noter la part de rêverie qui suscite la création littéraire. Inspiré par les théories de Gaston Bachelard, J.P Richard propose une critique influencée par la psychologie et par les idées de rêve et de recherche instinctive du bonheur. (source : Babelio)

Du même auteur :

Etudes sur le romantisme, 1971 - Paysage de Chateaubriand, 1967 - L'Univers imaginaire de Mallarmé, 1961 - Poésie et Profondeur, 1955 - Littérature et Sensation, 1954

 

 

Une phrase... si profonde, si vague, si interne, presque organique et viscerale qu'on ne savait pas, à chacune de ses reprises, si c'étaient celles d'un thème ou d'une névralgie." (La Prisonnière, A la recherche du temps perdu)

 

"Notre moindre désir, bien qu'unique comme un accord, admet en lui les notes fondamentales sur lesquelles notre vie est construite." (III, p. 626)

Par ces quelques mots, extraits de la Fugitive, Proust ne nous indique-t-il pas l'une des manières possibles de le lire ? Il s'agirait, sous l'aigu, sous le singulier de chaque moment vécu (écrit/vécu), de réécouter les notes de cette mélodie fondamentale. On décrirait chaque "moindre désir" afin de dégager à travers lui, en lui, les quelques grandes figures, sensibles ou libidinales, qui en organisent de manière spécifique l'émergence. On en viendrait ainsi à dessiner les directions significatives d'une présence au monde ; on retracerait les coordonnées personnelles d'un séjour (d'une présence au monde).

Un tel programme pourtant, par ce qu'il a de nécessairement totalitaire, s'avérerait sans doute ici trop ambitieux. Déjà difficile en elle-même, cette tâche serait rendue presque infinie par la richesse, la complexité extrême du senti proustien. Elle déborde en tout cas les limites d'une étude comme celle-ci. On s'est donc contenté, dans les pages qui suivent, de rapidement reconnaître et reconstruire, à travers une suite d'analyses textuelles minutieuses, trois des champs, il est vrai essentiels, où s'investit le pouvoir proustien de désirer : la matière (ou l'euphorie de la consistance), le sens (ou l'objet herméneutique), la forme (ou le travail des figures sur le monde sensible et dans l'écriture romanesque).

Dévoilant du même geste le sens du désir et le plaisir du sens, la critique thématique interroge ici sa relation décisive avec deux pratiques voisines : la psychanalyse et la sémiologie.

Table :

Avant-propos

I. La matière

1. La consistance - Consommer la consistance - Topologie de l'aliment - L'aliment : pléthorique ou pénurique ? - L'aliment : dur ou mou ? - L'aliment : rompu ou lié ? - La chair : homogène ou pluriel ?

2. La matière interdite - La chair prohibée

3. L'aéré - L'ensoleillé - Le velouté - Le soyeux, Le satiné, Le fourré, Le moussu - Le vernissé - Le réfléchi - Le marbré - Le souriant - Le coloré - Le gonflé - L'arrondi - Le tacheté - Le fusant - L'odorant

4. Code végétal, code marin - La mer : le surgi - La mer : le naissant - La mer : l'écumeux

5. De l'inconsistance à la solidité, - Epaississements - Cristallisations - Coagulations 

6. Entre consistant et inconsistant - Equivoques - Mixtes - Métathèses

7. Les deux consistances

II. Le sens

1. L'espace (du) sens

2. Naissance d'une petite phrase

3. La motivation imaginaire

4. L'objet herméneutique : anatomie  

5. L'objet herméneutique : physiologie

III. La forme

1. Tenue - Déliaison

2. Focalisation

3. Formalisation

4. Juxtaposition - Chatoiement - Irisation - Texture - Nappement

5. Recouvrement - Métaphore - Thématisation - Ecriture

Annexe : La nuit mérovingienne

 

 

 

 

 

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