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Gysa Jaoui, Le triple Moi, L'analyse transactionnelle, Editions Robert Laffont, 1979

Née en Tunisie, Gysa Jaloui a connu l'expérience du kibboutz, été secrétaire et eu deux enfants avant de reprendre des études de linguistique et de sémiologie. C'est son intérêt pour tout ce qui touche à la communication entre les hommes qui l'a conduite à l'Analyse Transactionnelle, domaine où elle s'affirme comme une des spécialiste européenne. Aujourd'hui, elle partage son temps entre son activité professionnelle (aide au développement personnel des individus et des groupes et interventions en Entreprises) et la recherche fondamentale en A.T. et en créativité.

L'ouvrage de Gysa Jaoui est organisé en quatre parties :

1. Présentation des "états du moi", description de leur naissance et de leur développement.

2. Les différents types de rapports que ces états du moi entretiennent à l'intérieur de nous-mêmes. (la dimension intrasubjective)

3. La relation des P.A.E. avec les autres P.A.E. (la dimension intersubjective)

4. L'influence des "positions de vie" et des "scénarios" sur l'existence humaine et les "jeux psychologiques" spécifiques dans lesquels ils nous entraînent.

Conclusion : les applications pratiques de l'Analyse Transactionnelle : la psychothérapie, les organisations, l'éducation et le conseil aux personnes.

Tables des matières :

Introduction

Eric Berne, l'Amérique et l'A.T. - La France et l'A.T. - L' A.T. et moi - Ce livre et l'A.T.

1. Naissance et développement des états du moi :

L'Enfant Libre - L'Enfant Adapté - Le Parent - L'Adulte

2. P.A. et E au niveau intrapsychique (dans leurs relations entre eux)

Tout semble aller pour le mieux. P.A. et E ont le même objectif - A prend la situation en main - P ou E manipule et influence A - E règne en maître - P prend le pouvoir - L'un des trois (considéré comme le plus solide) prend l'orage - A regarde et laisse faire sans pouvoir intervenir - P.A. et E se répartissent les rôles - P.E. et E se bousculent au portillon

3. L'égogramme

4. Le P.A.E. en relation avec d'autres P.A.E.

Le besoin de stimulation - le besoin de reconnaisance - les différentes "caresses" - L'économie des "caresses" - Les transactions - les transactions complémentaires - les transactions croisées - les transactions doubles - les transactions angulaires - les transactions tangentes - la structuration du temps - L'activité - Les jeux - L'intimité

5. Positions de vie et scenarios

Les positions de vie - La position Je + Vous + ; La position Je - Vous + ; La position Je + vous - ; La position Je - Vous - . Les scenarios - Les permissions et injonctions - Comment on fait avancer un scenario - Le mini-scenario - Les sentiments parasites. La collection de timbres - Les jeux

6. L'intervention en analyse transactionnelle

Le contrat - Les techniques - Les domaines d'intervention

Bibliographie

Né en 1910 à Montréal (Canada) dans une famille juive émigrée d'Europe de l'Est, Eric Berne étudie la médecine à l'Université McGill, puis la psychiatrie à l'université Yale aux États-Unis et devient citoyen américain. Établi en Californie en 1946, il y élève sa famille tout en menant une carrière très chargée en psychiatrie (hôpital, clinique, services conseils pour l'armée et cabinet privé). Dans les années 1950, Berne est toujours inspiré par Freud, mais prend ses distances par rapport à la psychanalyse. Il cherche à développer un outil thérapeutique efficace et rapide, donc moins coûteux et accessible à tous. Il met au point des concepts originaux dont il fait état dans plusieurs articles scientifiques. Lors de la parution de son ouvrage Transactional Analysis and Psychotherapy, en 1961, sa théorie fait déjà parler d'elle dans les milieux psychothérapeutiques et psychiatriques. L'analyse transactionnelle (AT) est au départ une forme de psychothérapie. Mais c’est aussi une théorie de « psychiatrie sociale » (selon les mots de son concepteur) parce qu'elle propose d’étudier le psychisme des personnes en analysant leurs relations sociales. En 1964, Berne et ses collègues fondent l’International Transactional Analysis Association (ITAA), qui existe toujours aujourd'hui. (source : babelio)

Chacun transporte à l'intérieur de soi ses parents. [...] Chacun possède un adulte. [...] Chacun transporte à l'intérieur de soi un petit garçon ou une petite fille. (Eric Berne, Des Jeux et des Hommes)

 

Notre vie est tissée d'échanges continuels. On distribue aux autres du temps, de l'énergie, des informations, des compliments et des critiques et on en reçoit en retour. On établit avec eux et dans un dialogue interne des transactions continuelles.

Comme son nom l'indique, l'Analyse Transactionnelle a pour objet d'analyser ces échanges - ou transactions - qui sont notre pain psychologique quotidien pour mieux comprendre les gens, pour aider à reconnaître leurs problèmes et à les résoudre.

Le concept de base de l'Analyse Transactionnelle est celui des états du moi. Eric Berne met en lumière l'existence en chaque individu de trois composantes :

  • la composante "Parent" : l'état du moi dans lequel sont enregistrés les messages que nos parents (ou ceux qui nous ont servi de parents) nous ont transmis de la vie. L'état sur lequel nous sommes branchés quand nous prenons en charge les autres pour les critiquer, les protéger ou les réconforter ou lorsque nous nous adressons à nous-mêmes reproches ou consolations;
  • La composante "Adulte" : l'état du moi chargé du traitement de l'information, le plus adapté quand il s'agit de raisonner, de déduire, d'organiser, de prévoir, de tirer les conclusions objectives de données de fait, celui qu'on appelle parfois "l'ordinateur".
  • La composante "Enfant" : l'état du moi où sont enregistrées nos réactions affectives aux choses et aux gens, où résident la joie et la tristesse, la soumission et la révolte, la spontanéité créatrice et le goût de la destruction. C'est lui qui se manifeste dans les pleurs, les rires, les trépignements de joie ou de colère, la rébellion et l'obéissance.

Cette grille des états du moi permet d'analyser les transactions qui s'échangent. Lequel des trois personnages qui cohabitent en nous s'exprime quand nous nous adressons aux autres : le Parent, l'Adulte ou l'Enfant ? Et qui nous répond ?

La parenté entre les concepts d'Enfant, d'Adulte et de Parent chez Berne et de Ca, Moi et Surmoi chez Freud est évidente ; cependant l'idée d'étudier leurs interactions entre deux personnes est propre à Berne et constitue une grande partie de son apport. Le cœur de l'approche actuelle de l'analyse transactionnelle consiste à permettre, selon le champ d'application, un changement chez un individu ou une collectivité, dans le cadre d'un accord appelé contrat, conjointement accepté par l'intervenant et le patient.

Les autres concepts élaborés par Berne et ses collaborateurs apportent chacun leur éclairage propre sur la structure du P.A.E. interne des individus et sur celle des échanges qui s'établissent entre eux. :

  • La notion de signes de reconnaissance (ou "caresses" ; en anglais : "strocke") nous renseigne sur ce que distribue et recherche surtout chacun de nous dans ces échanges : des félicitations, des compliments, des caresses positives ou des reproches, des critiques, des gifles ? Pour Berne, chaque individu recherche en permanence des signes de reconnaissance car ils sont vitaux pour lui. Une des lois fondamentales de l'économie des signes de reconnaissance observe qu'une personne accepte plutôt, à défaut de signes de reconnaissance positifs, des signes de reconnaissance négatifs que pas de signe de reconnaissance du tout. Le poids du conditionnement éducatif se vérifie souvent ici : une personne habituée dès le plus jeune âge à recevoir des signes de reconnaissance négatifs sera plus encline à en recevoir toute sa vie, voire à refuser les signes de reconnaissance positifs.
  • La grille des "jeux" psychologiques définit et classe les modèles répétitifs de comportement et de relation que nous adoptons pour finir par donner ou recevoir des caresses (le but caché visé dans ces jeux). Stephen Karpman a élaboré une matrice de tous ces jeux : le triangle Victime-Sauveur-Persécuteur (VSP). À chaque pôle se trouve un rôle : une personne dans celui de la Victime, une autre dans celui de Sauveur et une troisième le rôle de Persécuteur (on peut observer que ce jeu se joue fréquemment à deux avec tiers symbolique). Il y a donc interactions entre ces trois rôles qui sont interchangeables. Dans le cas du jeu "Oui mais", A est Victime, B est Sauveur. Si le comportement de A évolue vers un rejet de plus en plus marqué des suggestions de B, A peut in fine adopter un rôle de Persécuteur sur le mode du reproche « tu ne m'aides pas », tandis que B deviendra Victime en essayant de se justifier sur le mode du "j'ai essayé de t'aider".
  • Celle des positions de vie met en évidence les différentes positions (supérieure, inférieure ou égale) que nous affirmons face à nos interlocuteurs dans ces échanges. L'enfant acquiert des certitudes sur lui et les autres. Ces certitudes seront à la base du scénario de vie par le choix préférentiel mais pas exclusif d'une position de base parmi les positions de vie suivantes :
  • a) Je suis quelqu'un de bien et les autres (parents, amis, collègues...) sont des gens bien (+ +) : la relation idéale selon l'analyse    transactionnelle.
  • b) Je ne vaux pas grand chose, les autres valent mieux que moi : sentiment d'infériorité (- +)
  • c) Personne ne vaut rien, sauf moi : mépris, sentiment de supériorité. (+ -)
  • d) Nous ne valons pas grand chose, ni moi, ni les autres : position de renoncement (- -)

Pour Eric Berne, l'objectif est de s'orienter sans cesse vers ce qu'il appelle l'autonomie et qui répond à trois critères : conscience, spontanéité et intimité. Se diriger vers l'autonomie, c'est ainsi quitter les influences négatives de son scénario personnel.

  • Capacité de conscience — être en plein contact avec l'ici et maintenant, prendre la réalité telle qu'elle est, sans la filtrer, la déformer. Une des idées induites par cette approche est que la connaissance de nos propres comportements, de leurs sources peut nous aider à changer les comportements douloureux… la souffrance n'est pas inéluctable. L'analyse transactionnelle est utilisée en psychothérapie même si elle n'est pas reconnue partout comme approche unique. Une psychothérapie en analyse transactionnelle s'effectue dans le cadre d'un contrat accepté par le thérapeute et le patient. Ce contrat porte sur les objectifs à atteindre et la manière dont le thérapeute comme le patient pourront constater que le but de thérapie est atteint. Les techniques d'intervention portent autant sur le contenu de ce qu'apporte le patient que sur le processus mis en œuvre dans la relation transférentielle avec le thérapeute (et avec les membres du groupe lorsque le traitement s'effectue en groupe). L'analyse du processus est considérée avec attention. L'analyse transactionnelle marque aussi sa spécificité par son caractère éminemment explicite : la transparence en est une manifestation constante dans la transmission des concepts au patient comme dans l'attitude du thérapeute, considéré davantage comme une personne que comme un écran de projection.
  • Capacité de spontanéité — développer notre faculté à ne pas réagir à l'environnement par des comportements automatiques, mais comme nous le souhaitons et d'une manière adéquate à l'environnement. Cela implique notamment d'être capable d'utiliser nos trois États du moi, et d'enrichir le panel de comportements de chacun.
  • Capacité d'intimité — être dans une relation authentique avec l'autre, c'est-à-dire vraie et appropriée. Cela exclut toutes manipulations ou jeux. Cela peut être un moment de partage amical comme une mise au point très franche. Il s'agit de développer une capacité à proposer un moment relationnel fort, comme de savoir le recevoir.

 

 

 

 

 

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