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Joris-Karl Huysmans, A rebours, édition de Marc Fumaroli, Gallimard/Folio classique

Joris-Karl Huysmans naît le 5 février 1848, à Paris,  au sein d'une famille d'artistes et doit affronter la mort de son père à l'âge de huit ans. Il ne reste pas longtemps étudiant en droit et préfère rejoindre une carrière administrative. Son amitié pour Zola lui fait emprunter la voie du naturalisme, période durant laquelle il publie quelques recueils et récits. Artiste sensible à la dureté du monde, Huysmans se montre de plus en plus pessimiste. La publication de son roman A rebours en 1884 apparaît comme une rupture nette et précise avec le mouvement naturaliste et avec Zola. Les considérations de l'artiste évoluent sans cesse. Il traverse une phase sataniste avec la publication de Là-bas (1891) avant de se rapprocher davantage de Dieu jusqu'à sa conversion en 1892. Mû par une curiosité débordante, Huysmans s'est enrichi par ses diverses expériences. Un cancer lui inflige d'importantes souffrances avant de l'emporter en 1907.

À rebours est un roman de Joris-Karl Huysmans paru en 1884. On considère aujourd'hui cet ouvrage comme un manifeste de l'esprit décadent qui prend forme dans les dernières années du XIXème siècle.

"A Rebours est à la fois un roman et un anti-roman qui retracent l'existence d'un jeune homme sans histoires ; les fenêtres sont fermées sur un univers clos qui ne se déploie pas, mais se recense et le lecteur est convié à passer de chapitre en chapitre comme un visiteur passe de salle en salle dans un musée bien ordonné. Le personnage central et quasi unique de l'oeuvre, des Esseintes, a déjà vécu et n'a plus rien à vivre ; ce blasé  a renié son milieu, l'aristocratie agonisante, a parcouru divers milieux tout aussi méprisables selon lui, et décide un jour de se retrancher du monde, de "disparaître" pour s'enfermer dans une petite maison achetée à Fontenay qu'il aménagera selon ses propres critères esthétiques originaux - mûrement réfléchis (c'est tout l'axe décadent du roman) - et où il pourra cultiver rêveries, souvenirs et méditations. Il n'accordera d'abord aux nécessités de la vie quotidienne qu'une place infime afin de se consacrer au minutieux aménagement de son habitation qui sera comme le condensé de l'art qu'il aime. Peu d'éléments donc lui suffiront : dans la bibliothèque, un rayon sur la littérature bas latine, sur la carapace d'une tortue quelques pierres précieuses, sur les murs quelques oeuvres de peintres choisis (Gustave Moreau, Jan Luyken...), dans la serre, quelques monstrueuses variétés qui glorifient l'artifice, dans des fioles quelques parfums savamment agencés, dans la bibliothèque, encore, un auteur de prédilection, Baudelaire, et un peu de littérature religieuse (Bloy, Barbey d'Aurevilly), puis, pour la littérature moderne, quelques auteurs triés (Poe, Goncourt, Verlaine, Mallarmé, Villiers...)

Joris-Karl Huysmans dans son salon-bibliothèque

Deux phénomènes vont briser la stagnation d'une vie qui s'est vouée à l'inaction : d'abord un départ pour l'Angleterre qui s'achévera dans une taverne parisienne, ensuite et surtout, une maladie mystérieuse, d'abord bénigne, puis redoutable, qu'il faudra bien nommer enfin "névrose", et s'alimentera de divers souvenirs, tantôt cyniques et pervers, tantôt relgieux, tantôt érotiques..."

(Françoise Court-Perez, Joris-Karl Huysmans, A Rebours, Presses Universitaires de France, 1987)

 

 

 

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