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Jacques Saoutchik (Minsk, 18/12/1880 - Neuilly/Seine, 14/08/1957)

 

Jacques Saoutchik (de son vrai nom Iakov Savtchuk) est né en 1880 près de Minsk, en Biélorussie, dans une famille juive. Il acquiert dans sa jeunesse une formation de menuisier et d'ébéniste.

Fuyant le régime répressif tsariste et l'antisémitisme grandissant  - de violents pogroms eurent lieu à Kichinev, en Bessarabie et menacèrent de s'étendre à toute la Russie), mais aussi par amour de la France, il émigre en 1905 à Paris et participe au démontage de l'Exposition universelle.

Il conservera toute sa vie sur son bureau un petit buste de Léon Tolstoï.

Durant la guerre de 14, il sert comme ambulancier volontaire sur le front et obtient la nationalité française en 1918 en raison des services rendus à sa nouvelle patrie.

Il entre rapidement comme associé dans une entreprise d'ébénisterie, se marie avant de s'installer à son compte sous le nom de Jacques Saoutchik, d'abord à Suresnes, puis à Neuilly.

Il s'intéresse rapidement à l'automobile de luxe en plein essor qui utilise le bois en carrosserie et pour les aménagements intérieurs.

Dans ses ateliers, rue Jacques Dulud, à Neuilly-sur-Seine, des ouvriers hautement qualifiés travaillent l'acier ainsi que des matériaux précieux.

C'est ainsi qu'il commencera par habiller le châssis d'une Isotta-Fraschini, avant de répondre aux commandes d'une riche clientèle d'abord parisienne, puis internationale et notamment américaine, réalisant des carrosseries personnalisées sur des châssis de marques prestigieuses (Hispano-Suiza, Rolls-Royce et surtout Mercedes-Benz).

Sa production, marquée par une finition de haute qualité et par des innovations techniques (portes à effacement, toit escamotable) connaît son apogée au milieu des années 1930.

En 1932, le carrossier réalise une voiture de légende, la berline surbaissée Bucciali TAV 8-32, et sept ans plus tard, invente les portières à ouverture parallèle.

Au fil du temps s'affirme un style où priment aérodynamisme et une certaine exubérance. Ses voitures deviennent les vedettes des concours d'élégance automobiles alors très en vogue.

En 1950, il conçoit la Talbot-Lago Record décapotable du président Vincent Auriol.

Jacques Saoutchik décède en 1957. Il est enterré au nouveau cimetière de Neuilly, rue de Vimy.

 

Talbot-Lago T26 Record Cabriolet Saoutchik – 1948

estimation : 120.000 – 150.000€

prix réalisé : 745.000€

 

 

Talbot-Lago T26 Grand Sport SWB Saoutchik – 1949

estimation : 400.000 – 600.000€

prix réalisé : 1.702.000€

 

albot-Lago T26 Record Fastback Saoutchik 

estimation : 250.000 – 300.000€

prix réalisé : 417.200€

 

Paris, février 2015

 

"C'est l'histoire d'un collectionneur, Roger Baillon qui aimait l'automobile, sous toutes ses formes. Grandeur nature, évidemment. Mais aussi sur du papier glacé. Fabricant de camions, dirigeant une société de transport basée dans l’ouest de la France, il amassa plus de 200 voitures durant sa carrière de collectionneur. Passionné de la première heure, il exposa même au Salon de l'auto de Paris de 1947 un roadster de sa fabrication. Il achetait à tour de bras des modèles exclusifs, mais pas forcément en bon état ou très précieux, dans l'idée d'ouvrir un musée sur sa coquette propriété, dans les Deux-Sèvres. Une stratégie qui lui permit d'acquérir de véritables perles, comme la Ferrari 250 GT SWB California Spider. Cette voiture fut achetée neuve par Gérard Blain qui la céda rapidement à Alain Delon, photographié à plusieurs reprises au volant du bolide : en 1964 avec Jane Fonda sur le tournage du film ‘Les Félins’ et sur la Côte d’Azur avec Shirley Mac Laine. Elle a atteint le prix de 14,2 millions d'euros à la vente aux enchères organisée par Artcurial le 6 février 2015 dans le cadre de Rétromobile.

Mais Roger Baillon dut se séparer de son vivant d'une grande partie de son trésor et le musée ne vit jamais le jour. Il en restait cependant 60 voitures "dans leur jus" pour la plupart, c'est-à-dire portant les stigmates d'un demi-siècle passé sous des abris de fortune. Une collection découverte après un sommeil de près de 50 ans : Talbot-Lago T26 Grand Sport SWB Saoutchik du Roi Farouk, Maserati A6G 2000 Gran sport Berlinetta Frua, Delahaye 135 M Cabriolet Faget-Varnet, Facel Vega Excellence, Hispano-Suiza H6B Cabriolet et autres Bugatti Type 57, Maserati,.... Les belles au jardin dormant ont été réveillées en douceur par les spécialistes de la maison Artcurial. C’est en fait la troisième fois que des voitures issues de la collection Baillon sont proposées à la vente. Les automobiles ayant été intégrées aux actifs de la société mise en liquidation, 60 d’entre elles avaient été dispersées en juin 1979, et 38 autres en octobre 1985. Ce n’est qu’en 2013 que la famille aurait pris conscience que la propriété des Deux-Sèvres recelait encore quelques trésors. Il était évident que ces reliques valaient quelque argent, notamment la fameuse Ferrari 250 GT California Spider 1961, dernier exemplaire recensé sur les 37 fabriqués, et que tout le monde croyait disparue." (source : "Les diagonales du temps")

 

 

 Peter Larsen, Ben Erickson, Saoutchik Leatherbound Editions

 
Saoutchik Regular Edition
Peter M. Larsen with Ben Erickson
"En l'espace de huit décennies, Jacques Saoutchik a connu l'évasion de la Russie impériale, deux guerres mondiales, la prison, la naissance et le "design" de l'automobile,  la crise de 1929, l'apogée et la fin de la carrosserie automobile de luxe en France, sur fond de mondanités scintillantes, d'élégants salons parisiens hantés par les artistes, les demi mondaines et les grands couturiers.

Ce fut une poursuite effrénée de luxe et d'élégance, le carrousel des gens riches et célèbres - ignorant superbement les réalités de la vie - qui s'évanouit quand la musique s'arrêta. Un art de vivre piétiné par le plus grand bouleversement politique et social que le monde ait jamais connu et littéralement "emporté par le vent".

... Et en ce qui concerne sa vie personnelle, les complications d'une double vie écartelée entre deux foyers complètement séparés, mais dont les uns connaissaient l'existence des autres.

Et puis les voitures... Les fabuleuses, les extraordinaires, les extravagantes oeuvres d'art que dessina et produisit Jacques Saoutchik, le plus grand artiste que l'industrie de la carrosserie automobile ait jamais connu.

Un hommage en trois volumes ( + un volume supplémentaire suite à la découverte de la collection Baillon) à sa vie et à son art, avec plus de 1000 illustrations, dont beaucoup totalement inédites." (traduit de l'anglais)

 

Document de gauche : Peter Larsen et Ben Erikson, en compagnie de la fille de Jacques Saoutchik, au milieu :  une photographie prise dans les années 20 Jacques Saoutchik, avec sa famille et des amis, est sur la droite. Document de droite : Peter Larsen et Ben Erikson, en compagnie de la fille de Jacques Saoutchik, de ses petits enfants et de ses arrières petits-enfants. L'auteur de ce blog, petit-fils de Jacques Saoutchik, est le troisième à droite sur la photo (en tee shirt orange !)

 

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