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Eliette Abécassis, Le palimpsestre d'Archimède, Albin Michel, 2013

 

Normalienne et agrégée de philosophie, Eliette Abécassis alterne romans intimistes (La Répudiée, Mon père, Un heureux événement), épopées (Qumram, Le Trésor du Temple, Sépharade) et esssais (Petite métaphysique du meurtre, Le Livre des Passeurs, Le Corset invisible). Elle collabore à différents journaux et écrit pour le cinéma.


Le palimpsestre (du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau ») est un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau. Cette méthode fut utilisée au Moyen Âge, surtout entre le VIIème et le XIème siècle, par des copistes qui, le parchemin coûtant cher, réutilisaient d'anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes. Pour cela, les vieux manuscrits étaient préalablement désencrés ou effacés grâce à de la pierre ponce. Par extension, on parle parfois de palimpseste pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes.

Archimède de Syracuse (en grec ancien : Ἀρχιμήδης / Arkhimếdês), né à Syracuse vers 287 av. J.-C. et mort en cette même ville en 212 av. J.-C. est un grand scientifique grec de Sicile (Grande Grèce) de l'Antiquité, physicien, mathématicien et ingénieur. Bien que peu de détails de sa vie soient connus, il est considéré comme l'un des principaux scientifiques de l'Antiquité classique. Parmi ses domaines d'étude en physique, on peut citer l'hydrostatique, la mécanique statique et l'explication du principe du levier. Il est crédité de la conception de plusieurs outils innovants, comme la vis d'Archimède.

"Joachim, élève de Normale Sup., est l'étudiant préféré d'Elsa Maarek, belle et charismatique professeur de philo, passionnée par l'Antiquité.

Ils vont être amenés à enquêter discrètement, à la demande de la police, sur une série de meurtres atroces visant les enseignants de la rue d'Ulm.

Tous les crimes portent le signe du chiffre Pi et répondent à un rituel bien connu d Elsa, qui a fait sa thèse sur les sacrifices dans la mystérieuse religion d'Eleusis.

Après l'assassinat du premier professeur, sa veuve vend à un riche acquéreur resté anonyme, un ancien codex identifié comme un palimpseste. Et si, comme en court la rumeur, ce manuscrit était bien un écrit d'Archimède dans lequel il donne la solution de Pi, donc la solution au mystère de la création et du monde ? Et dans ce cas, qui tue et pourquoi ?

Un formidable thriller historique et ésotérique où se mêlent Facebook et le nombre Pi, Archimède et les Jésuites, les souterrains d'un monastère de Judée et le siège de Syracuse."

Vue de l'Ecole Normale Supérieure (rue d'Ulm), la cour intérieure

 

Extrait :

"Ce soir-là, Dieu, c'était moi.

J'étais avec mes condisciples : Jérémie , Guillaume et Fabien. Nous étions rassemblés, comme à notre habitude, dans ma thurne. Pour jouer il faut être quatre et posséder deux jeux de 52 cartes. Le joueur appelé Dieu invente une loi qui définit une série de chifres et de figures que les autres doivent découvrir. Chacun propose des cartes que Dieu accepte ou récuse, selon qu'elles sont conformes ou non à la loi secrète.

Nous avions choisi la version électronique, élaborée par des chercheurs en sciences cognitives. Il faisait sombre dans la pièce éclairée par une petite lampe posée près de l'écran à la lueur bleutée. Mes trois amis étaient penchés sur la table basse, occupés à spéculer sur la "loi divine" depuis presque deux heures.

Fabien, le méthématicien, passait d'une théorie à l'autre. Guillaume, l'historien, tiré à quatre épingles, méditait dans la position du Penseur, le poing sous le menton, non sans consulter régulièrement son Blackberry ; Jérémy, le biologiste, notre "savant fou", pensait avoir deviné et s'était improvisé prophète. A tort, il avait perdu.

J'en jubilais : ma loi était parfaite. Simple, voire évidente quand on y pense, mais difficile à trouver, même pour des cerveaux à la pensée aussi sophistiquée que celle de mes camarades normaliens.

Et c'est alors que tout a basculé.

Un sifflement : un tweet sur le téléphone portable de Guillaume, alors que nous étions concentrés sur les cartes étalées sur l'écran, et qui garderaient à jamais leur mystère.

"Robert Sorias est mort. Place de la Concorde, au pied du Grand Obélisque. Assassiné."

Robert Sorias était professeur de mathématiques à l'Ecole Normale Supérieure. Notre Ecole. Le "jeu", cette fois, n'était pas virtuel. Nous l'ignorions encore, mais débutait pour nous l'aventure la plus étrange et la plus terrible, la plus sombre et la plus effrayante que nous ayons jamais vécue..."

 

 

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