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Modeste Petrovitch Moussorgski (en russe : Модeст Петрович Мусоргский), né le 21 mars (9 mars) 1839 à Karevo, près de Toropets dans le gouvernement de Pskov, et mort le 28 mars (16 mars) 1881 à Saint-Pétersbourg, est un compositeur russe. Il est d'abord célèbre par son opéra Boris Godounov, et par la suite pour piano Tableaux d'une exposition (1874) — orchestrée par Maurice Ravel en 1922.

À partir de 1863, suite à l'abolition du servage en Russie qui ruina sa famille, Moussorgski dut travailler en tant qu'employé administratif pour subvenir à ses besoins. Il avait alors trente ans et, confronté à l'insuccès que connurent ses œuvres, trop éloignées des canons académiques, et confronté à une situation matérielle difficile, il crut trouver une consolation dans l'alcoolisme, qu'il avait déjà connu lors de son passage de trois ans à l'armée. Il mourut à 42 ans à Saint-Pétersbourg. Sa dépouille repose au cimetière Tikhvine du monastère Alexandre-Nevski (Saint-Pétersbourg). 

Boris Godounov (en russe : Бори́с Годуно́в) est un opéra de Modeste Moussorgski sur un livret russe du compositeur, basé sur le drame du même nom d’Alexandre Pouchkine et sur l’Histoire de l’État russe de Karamzine.

La musique est écrite dans un style russe qui reflète la connaissance qu'avait le compositeur de la musique populaire russe et qui rejette volontairement l'influence de l'opéra allemand et italien. Pouchkine a basé sa pièce sur le personnage historique de Boris Godounov et s'est inspiré de Macbeth de Shakespeare. Dans la pièce (qui n'est pas fidèle à l'Histoire) Boris devient tsar après avoir fait assassiner l'enfant Dimitri, l'héritier légitime.

Le pays sombre dans le chaos et la pauvreté. Un jeune moine vagabond, Grigori, se fait passer pour Dmitri et réussit à épouser Marina, une femme noble originaire de Pologne qui déguise sa volonté de puissance en amour passionné. Après avoir convaincu le roi de Pologne de sa légitimité, le faux Dmitri convainc les Polonais d'envahir la Russie. Boris, bourrelé de culpabilité et de remords et hanté par des hallucinations, sombre dans la folie et meurt en implorant la grâce. 

"J'ai rencontré l'innocent. Il pleurait, assis sur une pierre ; Nikolka pleurait, abandonné de tous, en pensant au malheur du peuple russe. C'était à la fin de Boris Goudounov... Pleure, peuple russe, peuple affamé. L'innocence est blottie au centre de la culture russe, et elle a été le grand tourment, l'inapaisable nostalgie de Tolstoï ; il a exprimé cette nostalgie à travers la princesse Marie Bolkonskaïa de Guerre et Paix qui reçoit les pélerins et les "hommes de Dieu" dans sa maison.

Sans doute cette inquiétude s'enracine-t-elle dans la religiosité russe, moins détériorée par l'immensité du savoir, par l'épaisseur et la rigidité du dogme, et par les imposantes architectures de concepts que l'est la théologie catholique romaine.

Ainsi s'explique la place très importante que des mystiques marginaux, à la fois ascètes et thaumaturges, occupent aux confins de l'Eglise pravoslave et de l'hérésie. le Père Zossima, dans Les Frères Karamazov, est un "staretz", non pas un prélat, ni un haut dignitaire de la hiérarchie écclésiastique, ni même l'igoumène d'un couvent, mais un simple moine, un contemplatif dont la sagesse, voire même la sainteté agissent sur les hommes par le rayonnement de la seule présence plutôt que par l'enseignement. le staretz en cela est très proche du saint et du héros bergsoniens : le charme chez eux ne rayonne ni des écrits, ni des paroles, ni même du "faire", mais de l'être en personne ; le message n'est pas dans les livres, pas davantage dans la doctrine : c'est la personne même, c'est l'ipséité de la personne qui est le message.

Les Récits d'un pélerin russe, par exemple, ne sont pas un texte didactique, ils transmettent en termes naïfs une tradition orale qui prend sa source chez les "Hésychastes" de la Philocalie. De même Nikolka l'Innocent, ce sublime ingénu à qui Moussorgski laisse le dernier mot dans Boris Goudounov, est la conscience prophétique de la Russie ; mais cette conscience est elle-même inconsciente de soi ; c'est pourquoi l'avenir de la Russie peut se lire à travers l'humble complainte : rien ne fait écran dans cette transparence ; aucune épaisseur de réflexion, aucune opacité ne viennent s'interposer entre objet et sujet dans la parfaite inconscience de cette conscience, qui est transparence dans l'espace, annonciation dans le temps personnel, prophétie dans le temps historique.

Jésus lui-même, qui s'adresse aux enfants et aux simples, était moins innocent, car il a pleinement conscience de sa mission et répète qu'il est le Fils de Dieu... L'innocent, lui, est si translucide, si inconscient de son propre message qu'on le dirait presque inexistant ; il se tient à la fine pointe de l'être, nul ne peut savoir comment. Telle est l'inconsistante et mystérieuse Mélisande. Nikolka l'anonyme, Nikolka l'incognito est quelqu'un qui n'est personne ; comme Mélisande, il dirait volontiers : "Je ne suis pas ce que je suis, je ne comprends pas ce que je dis... L'innocent n'a pas de '"Soi"réflexif, il ne se répète pas dans un "lui-même" ! (Vladimir Jankélévitch, Quelque part dans l'inachevé, Entretiens avec Béatrice Berlowitz)

 

 

 

 

 

 

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