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Edward Gibbon, Décadence et chute de l'Empire romain

Edward Gibbon, Décadence et chute de l'Empire romain, Fernand Nathan

Edward Gibbon (8 mai 1737 - 16 janvier 1794) est un historien et homme politique britannique. Il est surtout connu pour son ouvrage Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain.

« C'était le 15 octobre, dans l'obscurité mystérieuse de la soirée, alors que j'étais assis à méditer sur le Capitole, tandis que des fidèles aux pieds nus chantaient leurs litanies dans le temple de Jupiter, que m'est venue la première conception de mon histoire. » (Memoirs of My Life)

Th. Couture : les Romains de la décadence (1847), Musée du Louvre

"Depuis bientôt deux siècles, l'oeuvre monumentale d'Edward Gibbon, publiée en anglais sous le titre "The History of the Decline and Fall of the Roman Empire" est considéré comme le modèle de l'histoire classique. On la tient de nos jours comme la première tentative de traiter l'histoire d'un point de vue moderne, en s'appuyant sur des bases scientifiques.

Bien entendu, plusieurs générations d'historiens ont parfois cherché querelle à Gibbon à propos de ses conclusions. Il n'en demeure pas moins que son oeuvre n'a jamais été dépassée dans son ampleur, dans sa profondeur et dans la pénétration de ses vues.

Les éditions Nathan en présentent une version abrégée et illustrée, extraite de la traduction de François Guizot, publiée à Paris en 1819."

"L'oeuvre de Gibbon met en relief la décadence interne et les causes sous-jacentes de la chute progressive de l'Empire. C'est là l'aspect fondamental, le thème permanent de son livre. Selon ses propres termes :

"Le déclin de Rome était l'effet naturel et inévitable d'une trop grande extension. La prospérité a amené la décadence ; les causes de destruction augmentaient avec l'agrandissement de l'Empire, et, dès que le temps ou un accident ôtèrent les supports artificiels, la construction s'effondra sous son propre poids."

La prospérité et la paix de l'Empire minaient et sapaient son énergie vitale, ses fibres morales et sa ferveur patriotique, tandis que la corruption des despotes comme Commode ou Caracalla, et leurs impositions excessives, détruisaient l'économie de Rome et suscitaient des guerres civiles. En dépit des efforts fournis pour retarder l'échéance, l'Empire romain se désintégrait de l'intérieur. Les honteuses défaites infligées par les Barbares aux troupes romaines ne furent que les derniers coups abattant un édifice déjà lézardé. Dès lors, tout se précipita.

Aux alentours de l'an 300, Rome était encore très puissante ; cent ans plus tard, il n'en restait plus rien . La tragédie de la chute de Rome impressionna Gibbon parce qu'il croyait au triomphe du progrès ; la domination des nations barbares le poussait cependant à écrire qu'une telle chose ne se reproduirait pas, et il rassurait ses lecteurs : "L'Europe est à l'abri de toute irruption semblable, car, avant de pouvoir la conquérir, ses éventuels agresseurs doivent cesser d'être barbares." Aujourd'hui, cette réflexion très optimiste apparaît comme le fruit du rationalisme du XVIIIème siècle.

Cependant, les invasions n'étaient pas les seules causes de l'effondrement d'un aussi vaste Empire ; Gibbon lui-même n'identifiait pas moins d'une douzaine de causes de démembrement, et parmi elles : la concentration du pouvoir dans les seules mains de l'empereur qui n'était élu par aucune intance constitutionnelle ; la trop grande inégalité des pauvres et des riches ; une armée trop importante, dont l'entretien coûtait beaucoup et qui ne remplissait pas son rôle ; la suppression de la classe intermédiaire, les plus fortunés menant une vie d'opulence et d'oisiveté et refusant d'assumer les charges du gouvernement ; l'aliénation du peuple à une bureacratie centralisée ; enfin, la désagrégation de la loi et de l'ordre. Telles étaient les faiblesses internes qui minaient le pouvoir de résistance de Rome aux agressions extérieures. S'il n'existe pas de société sans conflits internes, il n'en est pas moins vrai que ceux-ci, lorsqu'ils deviennent trop marqués, sapent la structure sociale dans sa totalité ; ce fut le sort de Rome. Nous pouvons établir des parallèles avec la civilisation occidentale contemporaine et son déclin probable.

Mais il n'est pas besoin, pour lire Gibbon, d'en attendre d'aussi sombres comparaisons. Le pur plaisir que fournit la peinture de ce glorieux empire est une raison suffisante, d'autant que son impact est renforcé par un étonnant matériel visuel."

 

 

 

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