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Jacques d'Hont, Hegel philosophe de l'Histoire vivante

Jacques d'Hondt, Hegel, philosophe de l'Histoire vivante, Presses universitaires de France, 1966

Table des matières :

Avant-propos - Première partie. - Le dogme et l'histoire

Chapitre premier. - La vie II. Le dogme III. La réconciliation IV. Le vieil Hegel

Deuxième partie. - La conscience

Chapitre premier. - L'avenir II. La philosophie III. - L'idéal IV. Les survivances

Troisième partie. - Le cours du monde - Chapitre premier. - La Providence II. Le hasard - III. Le processus - IV. La force des choses

Quatrième partie. - Le passé présent - chapitre premier. L'histoire originale - II. L'histoire réfléchissante - III. L'histoire philosophique - IV. Les leçons de l'histoire.

Conclusion

Notes bibliographiques

index nominum

Index rerum

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, né le à Stuttgart et mort le à Berlin, est un philosophe allemand. Son œuvre, postérieure à celle de Kant, est l'une des plus représentatives de l'idéalisme allemand et a eu une influence décisive sur l'ensemble de la philosophie contemporaine.

Jeune professeur à Chinon, sympathisant communiste durant la seconde guerre mondiale, il fut membre du mouvement résistant Combat. Ancien élève de Jean Hyppolite et de Paul Ricœur, professeur émérite de philosophie à l'Université de Poitiers, il a fondé dans cette même ville, en 1970, le Centre de Recherche et de Documentation sur Hegel et Marx (CRDHM), qu'il a dirigé jusqu'en 1975.

Membre du comité de direction de la Hegel-Vereinigung, il a présidé la Société française de philosophie de 1982 à 1995, et l'Association des sociétés de philosophie de langue française (ASPLF) de 1988 à 1996.

C'est par ses travaux sur Hegel : Hegel philosophe de l'histoire vivante, en 1966, Hegel secret. Recherches sur les sources cachées de la pensée de Hegel et Hegel en son temps, parus tous deux en 1968, que Jacques D'Hondt a acquis une renommée internationale en restituant au philosophe allemand un visage historique lui rendant justice, tout en éclairant les procédés qui ont généré les « légendes noires » qui ont couru à son encontre.

Ces recherches extrêmement rigoureuses ont culminé avec la biographie sobrement intitulée Hegel. Biographie, parue en 1998. Mais l'enseignement, les travaux, et les publications de Jacques D'Hondt ne se sont pas seulement consacrées à une « réhabilitation » du Hegel vivant en son temps : participant à la reconnaissance philosophique de Diderot et des penseurs matérialistes des Lumières, Jacques D'Hondt est également un éminent lecteur de Marx (antagoniste résolu des positions philosophiques d'Althusser) et un interprète des rapports de Marx à Hegel (le recueil De Hegel à Marx, publié en 1972, ne réunit qu'une petite partie de ses contributions sur la question). Philosophe saisi par et dans une histoire continuée, c'est encore un critique de ses contemporains dans L'Idéologie de la rupture (1978) et dans nombre de ses publications aujourd'hui encore dispersées. (source : babelio)

"La philosophie de l'histoire dans la forme ultime que lui confèrent les Leçons de Berlin, reste l'une des parties les plus décriées de l'oeuvre de Hegel - sa "partie honteuse" osait dire un critique dès 1848 !

Nous ne pensons pas qu'elle mérite une telle réprobation, qui tient surtout à des circonstances fâcheuses et, devant elle, certains lecteurs ne consentent pas à se délester des préjugés hérités du passé.

Certes, nous ne contestons pas la légitimité de maints reproches qu'on lui adresse, ni ne cacherons des traits de sclérose qui durcissent son expression berlinoise. Nous allons plus loin : c'est l'hégélianisme tout entier que nous tenons pour dépassé, et même ses fulgurations juvéniles. Hegel pressentait, sinon les modalités, du moins la fatalité de ce dépassement qui affecte tout être, toute chose, et toute philosophie.

Mais le dépassé survit à sa manière, magnifié dans ce qui le dépasse.

Restituée dans son contexte historique, rendue à son temps et à son monde, mais aussi reconnue et assimilée par une pensée moderne qui lui doit tant, la philosophie de l'histoire récupère les trésors qu'un déracinement brutal lui ferait perdre, retrouve une signification séduisante, recouvre sa dignité d'oeuvre grande et fière, inquiétante et tourmentée.

Ses adversaires, plus soucieux de la combattre que de la comprendre, refusèrent de l'évaluer dans la perspective historique qu'elle tentait d'ouvrit. Ils affectèrent de la traiter par le mépris : un monstre inoffensif. Mais, en même temps, ils se gardaient bien d'en approcher trop.

Quant aux pieux disciples, plus malfaisants peut-être que des ennemis, ils ensevelirent Hegel sous les fleurs, et, couvrant ses protestations de leurs louages, ils lui imposèrent la sérénité de la mort. Aussi, lorsque nous déroulons maintenant le linceul de pourpre où ils l'enveloppèrent, nous nous étonnons d'en voir surgir un dieu toujours vivant.

La philosophie de l'histoire n'est pas décharnée, aussi desséchée qu'on pourrait le supposer d'abord. Les Leçons de Berlin ne perpètrent pas, à l'âge mûr, l'assassinat d'une pensée de jeunesse. A vrai dire, on ne les comprendrait que très imparfaitement si l'on négligeait de les rapporter constamment aux premiers écrits de Hegel, qu'elles commentent et développent, mais qu'elles impliquent aussi, et qu'elles utilisent.

On le devine, nous projetons une sorte de réhabilitation des derniers travaux du philosophe. Réussirons-nous à convaincre ? Bien des objections traditionnelles s'émoussent, lorsque l'on tourne vers Hegel un regard neuf et hardi. Il faut sans cesse récrire chaque philosophe de l'histoire. Regardons Hegel à la lumière de notre siècle !

Notre tâche ne se réduira pas, alors, à plaider pour un étranger malheureux. Il s'agira de mettre en valeur une pensée qui intéresse notre époque et nous touche infiniment, de défendre un patrimoine et de montrer qu'un héritage culturel n'est pas un ossuaire, mais une source inépuisable.
Ce pélerinage aux origines ne renie rien des accomplissements, mais révèle davantage leur richesse. Hegel a voulu généreusement nous persuader que le présent se nourrit de tout ce qui fut grand dans le passé. La moindre gratitude nous invite à lui rendre cette générosité et à montrer qu'en ce sens, il garde, lui aussi, toute son actualité.

En prenant la défense de Hegel, la pensée moderne nous semble donc servir ses propres intérêts. Il n'est de playdoyer que pro domo." (Jacques d''Hondt)
 

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