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Victor Hugo, "Je dirai tout"

Victor Hugo, "Je dirai tout", textes choisis et présentés par Jo Gerard, illustré de 12 planches en quadrichromie et 8 pages d'hors-textes en noir, collection "Histoire Vérité",  Dargaud Editeur, 1968.

Sommaire :

I. De grands morts : Talleyrand - Chateaubriand - Balzac - Le roi Jérôme

II. reportages en direct : Pendant l'événement du 13 mai 1839 - Les journées de juin 1848 - La révolte de Saint-Domingue -

III. Morceaux de bravoure : les tableaux vivants - L'exécution de Louis XVI - L'arrivée de Napoléon à Paris en 1815 - Les funérailles de Napoléon

IV. - Les Orléans : La mort du duc d'Orléans - Un rêve - Aux Tuileries - Le roi Louis Philippe -

V. L'héritier : Napoléon III - Louis Bonaparte

"De nos jours, il cumulerait le Nobel, le Renaudot et le Pulitzer. N'était-il pas au mieux de lui-même dans la polémique, cette "récréation" des grands de l'esprit, qui est aussi la délectation suprême du journaliste ?

Dans "Je dirai tout" - titre apocryphe, mais qu'il n'eût sans doute pas renié - le Père Hugo tire parfois à boulets rouges, d'un banc qu'il voudrait de procureur, comme le combattant de 48, avec sa pétoire, derrière sa barricade.

Ces combats de rue, dans un Paris où Haussman n'avait pas encore tracé les artères où la répression effectuera d'impeccables grandes manoeuvres, il les décrit avec la minutie du peintre qui crayonne son "motif". Il ne se fie pas à sa seule mémoire. Il prend des notes, et il le dit. Sa chronologie est parfaite. L'accumulation patiente du détail aboutit à la jonction du réel et de l'irréel.

Le voici à Saint-Domingue. Est-il une vision de pillage, une scène d'après-révolte plus sombrement décrites, avec ce détachement souverain qui, en étouffant toute émotion, fait voir, comme une séquence filmée, ces cohortes absurdes, sinistres et ridicules ?

Il reste que le meilleur sujet d'Hugo, c'est Hugo. ce témoin redevenant acteur se recrée son propre témoin. Hugo fait du journalisme historique ou plutôt de "l'histoire-vérité" sur le vif. C'est ici que le Renaudot et le Pulitzer font si bon ménage. Nageant à contre-courant, et essuyant le choc des oppositions, il s'exprime familièrement avec le pouvoir, dialogue, conseille, sermonne, persifle, et réalise de fort curieux "face à face", notamment avec Louis-Philippe et Louis Napoléon.

Et puis, il y a tout de même cette circonstance exceptionnelle que relève Jo Gérard, à qui nous devons le choix de ces pages révélatrices.

Hugo a un pied dans l'Ancien Régime et l'autre dans le vingtième siècle. "Il a, écrit Jo Gérard, serré la main d'un cocher de Louis XVI et celle d'un futur pilote de Bréguet.

Voici donc, de notre correspondant particulier Victor Hugo, le reportage de quelques événements qui, à la manière des points d'un graphique qu'unit la ligne fluctuante de l'histoire, nous explique quelque peu pourquoi nous sommes devenus ce que nous sommes." (l'éditeur)L

La bataille d'Hernani (1830)

 

 

 

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