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Cette édition des Pensées veut être aussi fidèle que possible aux intentions de Pascal, en particulier par l'établissement du texte entièrement relu sur le manuscrit et par les notes. Celles-ci présentent, en les citant in extenso, ce qui est une originalité de cette édition, l'ensemble des lectures sur lesquelles s'appuie la réflexion de Pascal. Les Pensées ne sont pas un livre posthume, ce sont les papiers d'un mort, d'un homme qui sait et qui croit au moment où la mort interrompt l'Apologie de la religion chrétienne. Dire ce qu'a été cet homme-là, tel est le sens de l'édition de Michel Le Guern qui a été couronnée par le Prix de l'édition critique.

Les Pensées sont un essai publié à titre posthume de Blaise Pascal, issue de plusieurs papiers retrouvés et rassemblés après sa mort. Le thème principal de cette œuvre est une apologétique c'est-à-dire la défense de la religion chrétienne contre les sceptiques et les libres-penseurs.

Le projet apologétique de Pascal démontre que l'homme, dans son orgueil et son amas de concupiscence, ne peut trouver la paix intérieure et le véritable bonheur qu'en Dieu. Selon lui, c'est la relation brisée entre l'Homme et son Créateur qui produit chez l'humain l'insatisfaction constante de la vie qu'il mène, et le désir d'oublier, par le divertissement, qu'il est mortel et a besoin de la grâce de Dieu. Pascal, qui fut également l'un des plus grands génies scientifiques de l'Histoire, soutient que l'Homme est à la fois misère et grandeur, rien et tout, limité bien qu'il aspire à l'infini. Sa capacité de penser, son désir de l'illimité et sa quête insatiable de bonheur sont la trace de Dieu dans son esprit qu'il a été créé pour le connaître et l'aimer.

Blaise Pascal, né le  à Clairmont (aujourd'hui Clermont-Ferrand) en Auvergne, mort le  à Paris, est un mathématicien,physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français. Enfant précoce, son père l'éduque. Les premiers travaux de Pascal concernent les sciences naturelles et appliquées. Il contribue de manière importante à l’étude des fluides. Il a clarifié les concepts de pression et de vide, en étendant le travail de Torricelli. Pascal a écrit des textes importants sur la méthode scientifiqueÀ 18 ans, en 1641, il invente la première machine à calculer et après trois ans de développement et 50 prototypes, il la présente à ses contemporains en la dédiant au chancelier Séguier. Dénommée machine d’arithmétique, puis roue pascaline et enfin pascaline, il en construisit une vingtaine d'exemplaires dans la décennie suivante. Mathématicien de premier ordre, il crée deux nouveaux champs de recherche majeurs : tout d’abord il publie un traité de géométrie projective à seize ans ; ensuite il développe en 1654 une méthode de résolution du « problème des partis » qui, donnant naissance au cours du XVIIIème siècle au calcul des probabilités, influencera fortement les théories économiques modernes et les sciences socialesAprès une expérience mystique qu'il éprouva à la suite d'un accident de carrosse en octobre 1654, il se consacre à la réflexion philosophique et religieuse. Il écrit pendant cette période Les Provinciales et les Pensées, ces dernières n’étant publiées qu’après sa mort qui survient deux mois après son 39e anniversaire, alors qu’il a été longtemps malade (sujet à des migraines violentes en particulier).

Le texte à étudier : 

"Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur. C’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c'est en vain que le raisonnement, qui n'y a point de part, essaie de les combattre. Les pyrrhoniens, qui n’ont que cela pour objet, y travaillent inutilement. Nous savons que nous ne rêvons point, quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison; cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas l'incertitude de toutes nos connaissances, comme ils le prétendent. 

Car la connaissance des premiers principes, comme qu’il y a espace, temps, mouvement, nombres, est aussi ferme qu’aucune de celles que nos raisonnements nous donnent, et c'est sur ces connaissances du cœur et de l'instinct qu’il faut que la raison s'appuie et qu’elle y fonde tout son discours. Le cœur sent qu’il y a trois dimensions dans l’espace et que les nombres sont infinis et la raison démontre ensuite qu'il n'y a point deux nombres carrés dont l’un soit double de l’autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent et le tout avec certitude quoique par différentes voies. Et il est aussi inutile et aussi ridicule que la raison demande au cœur des preuves de ses premiers principes pour vouloir y consentir, qu’il serait ridicule que le cœur demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions quelle démontre pour vouloir les recevoir.

Cette impuissance ne doit donc servir qu'à humilier la raison, qui voudrait juger de tout, mais non pas à combattre notre certitude comme s’il n’y avait que la raison capable de nous instruire. Plût à Dieu que nous n’en eussions au contraire jamais besoin et que nous connussions toutes choses par instinct et par sentiment ! Mais la nature nous a refusé ce bien ; elle ne nous a au contraire donné que très peu de connaissances de cette sorte; toutes les autres ne peuvent être acquises que par raisonnement.

Et c’est pourquoi ceux à qui Dieu a donné la Religion par sentiment du cœur sont bienheureux et bien légitimement persuadés ; mais à ceux qui ne l'ont pas, nous ne pouvons la donner que par raisonnement, en attendant que Dieu la leur donne par sentiment de cœur, sans quoi la foi n’est qu'humaine et inutile pour le salut". (Pascal, Pensées).

Aux élèves : en vue de l'explication de ce texte, je vous invite à vous poser les questions suivantes :

Quel est le thème de ce texte ? (de quoi parle le texte ?)

Quelle en est la thèse ? (quel est le point de vue de l'auteur ?)

Quels sont les arguments de l’auteur ?

Quels exemples donne-t-il de connaissance des premiers principes ?

Comment connaissons-nous la vérité ?

Que signifie « par la raison » ?

Que signifie « par le cœur » ?

Pourquoi le raisonnement n’a-t-il point part aux premiers principes ?

Qui sont les "pyrrhoniens" ?

Pourquoi travaillent-ils inutilement à combattre les premiers principes ?

Sur quoi se fonde, selon Pascal, l’incertitude de nos connaissances ?

Quelle différence y a-t-il entre « sentir » et « démontrer » ?

Le cœur peut-il donner des « preuves » des premiers principes ?

La raison peut-elle donner un sentiment des propositions qu’elle démontre ?

La raison est-elle seule capable de nous instruire ?

Les connaissances acquises par le sentiment sont-elles plus ou moins nombreuses que celles acquises par la raison ?

Quelles sont les deux moyens d’acquérir la Foi ?

Laquelle des deux est-elle vraiment nécessaire ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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