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Auguste Zamoyski, Au-delà du formisme, précédé de "Portrait d'un artiste" par Hélène Zamoyska, Editions L'âge d'homme, 1975

Table des matières :

H. Zamyska : Portrait d'un artiste

A. Zamoyski : Au-delà du formisme

A. Zamoyeski : La passion du façonnage

A. Zamyski : De la sculpture

A. Zamyski : L'Art et la Substance

Entretien avec W. Mieczyslawski avec A. Zamoyski : Rencontre avec un sculpteur

Notes

Portrait d'August Zamoysky par son ami "Witkacy" (Stanislas Ignacy Witkiewicz)

Comte Auguste Zamoyski, né le en Pologne et mort le à Saint-Clar-de-Rivière, est un sculpteur pré-cubiste polonais. De 1916 à 1924, Zamoyski habite la station de ski de Zakopane, lieu de rendez-vous des artistes et des intellectuels polonais de l'époque. Il s'installe à Paris en 1925. En 1940, se séparant de sa deuxième épouse, Manéta Radwan. il part pour le Brésil d'où il revient en 1955. Le 25 mars 1959, il se marie avec Hélène Peltier. Le couple emménage à quelques dizaines de kilomètres de Toulouse, à Saint-Clar-de-Rivière. En 2002, Hélène Zamoyski fait don d'une grande partie de l'œuvre d'Auguste Zamoyski à l'abbaye de Sylvanès, et le musée Zamoyski a ouvert  ses portes en 2009.

"Un des plus puissants sculpteurs de notre temps, une personnalité hors pair, rebelle à tout conformisme, tel fut Auguste Zamoyski (1893-1970). Sa vie mouvementée fut toute axée sur sa vocation d'artiste, que ce soit en Pologne, sa patrie, à Paris, entre les deux guerres, au Brésil où il fonda une école de sculpture et enfin près de Toulouse, à la fin de sa vie.

Les textes de ce recueil qu'il écrivit à différentes périodes montrent l'importance qu'il attachait à la maîtrise du métier : à l'instar des grands statuaires de jadis, il exécutait lui-même ce qu'il avait conçu et pratiquait la taille directe. Ils éclairent aussi son évolution artistique : parti de la recherche de la forme pure (il fut, en tant que "formiste", l'un des initiateurs de l'art abstrait en Pologne), passant par l'étude de la nature, il aboutit à la découverte de Dieu à travers l'art. Zamoyski est convaincu que le seul thème de la sculpture est celui de l'Homme. Il le scrute donc avec ses yeux autant qu'avec son esprit, curieux de tout, nourri par une large culture artistique, philosophique et scientifique. L'Art pour lui n'isole pas dans une tour d'ivoire. Il est communion avec Dieu et avec les hommes. Aussi ces réflexions, fruit de son expérience, sont-elles un acte de foi dans l'art et dans sa capacité d'épanouir en l'homme ce qu'il a de meilleur."

Hélène Zamoyska

"Hélène Peltier-Zamoyeska s’est passionnée pour la Russie dès son enfance. Elle fut impressionnée par un récit des persécutions subies par les chrétiens en Union soviétique et, dès lors, pas un jour ne se passa sans qu’elle ne prie pour la Russie. Dès la fondation du cercle Saint-Jean-Baptiste, dont l’aumônier était le futur cardinal Daniélou, elle entra dans l’équipe "Russie". Après la guerre, son père fut nommé attaché naval près l’Ambassade de France en URSS en 1945 : elle l’y accompagna et obtint l’autorisation - exceptionnelle pour une étrangère - d’entrer à l’université de Moscou, en plein stalinisme.

Par la suite, elle est revenue à Moscou pour un stage linguistique en 1956, lors de la déstalinisation, et a fait alors la connaissance de Pasternak. Elle a contribué à l’édition et la traduction de son célèbre roman, Le docteur Jivago. A l’université de Moscou, elle avait aussi fait la connaissance d’un jeune spécialiste de littérature russe, Andreï Siniavski. Celui-ci était également écrivain et Hélène Peltier fit passer et éditer ses romans en Occident, sous un pseudonyme. Il fut bientôt démasqué, arrêté et condamné à plusieurs années de goulag. Son procès eut un grand retentissement dans le monde et suscita une grande émotion dans les milieux intellectuels soviétiques - la mobilisation qu’il provoqua est à l’origine de la naissance de la dissidence. Première femme agrégée de russe, Hélène Peltier avait été nommée entre-temps à l’université de Toulouse où elle créa le département de russe. En 1958, elle a épousé un célèbre sculpteur, surnommé parfois le Rodin polonais, August Zamoyski. Le couple s’est alors installé dans une ferme des environs de Toulouse, à Saint-Clar-de-Rivière, où le sculpteur (décédé en 1970), établit son atelier. Dès lors, aux relations russes d’Hélène Zamoyska, s’ajouta un faisceau de relations polonaises.

La maison de Saint-Clar a vu défiler de nombreuses personnalités russes (y compris la fille de Staline !) et polonaises.

En même temps, Hélène Zamoyska s’est inscrite dans la vie intellectuelle de Toulouse.

Elle a demandé au père André Gouzes de recueillir les oeuvres de son mari et c’est ainsi qu’a été créé à Sylvanès le musée Zamoyski." (source : France catholique)

"J'ai rencontré mon futur mari en 1957, quelques mois après avoir fait la connaissance de Pasternak. Bien que fort différents de caractère et de tempérament, ils ont toujours été mystérieusement liés dans mon esprit. Tous deux avaient en commun une intense faculté d'émerveillement devant la beauté du monde ; ils exprimaient leurs sentiments et leurs opinions avec une spontanéité quasi scandaleuse pour les "bien-pensants" de tous ordres ; et surtout, ils avaient la même façon, rare de nos jours, d'envisager leur vie d'artiste. C'était pour eux une vocation exigeante et exclusive. "L'oeuvre veut le don de soi.", écrivait Pasternak. "Hormis la sainteté, il n'y a rien de plus grand, rien de plus difficile que d'être un artiste", disait Auguste Zamoyski, appelé "Gucio" par ses amis.

Ce n'était pas une simple formule en l'air. Artiste, Gucio l'a été dans la plénitude et la rigueur qu'il donnait à ce terme. Cela m'a frappée dès notre première rencontre, et à chaque jour béni de notre vie commune. Aussi, plutôt que de parler de son oeuvre et de ses écrits, qui composent cet ouvrage, je me propose de les éclairer en insistant sur sa personnalité d'homme consacré à l'art. Consacré, - ce mot n'est pas exagéré, car il a tout subordonné, son talent, sa culture et son sort, à ce grand appel qui avait retenti aux oreilles du jeune et brillant aristocrate polonais qu'il était, et lui avait fait tout quitter pour devenir sculpteur." (Hélène Zamoyska)

 

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