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Karl Jaspers, Initiation à la méthode philosophique, Petite Bibliothèque Payot 1964

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Professeur à l'Université de Heidelberg avant guerre, puis à l'Université de Bâle à partir de 1947, Karl Jaspers (1883-1969) est, parmi les philosophes à tendance existentialistes, celui qui a conçu le système le plus achevé et le plus proche de la métaphysique. Il a publié de nombreux ouvrages, dont plusieurs ont été traduits en français : ouvrages théoriques, études d'histoire de la philosophie, ouvrages de vulgarisation philosophique, essais sur les grands problèmes de notre temps, etc. auxquels viennent s'ajouter une quantité d'articles et de textes de conférences qui ont été peu à peu regroupés en volumes.

Cette initiation à la méthode philosophique a pour origine une série d'émissions radiodiffusées. D'où son caractère très vivant, très "public" : c'est une initiation à la philosophie en général, mais aussi à la pensée originale d'un des penseurs les plus marquants de notre temps.

Synthèse :

I. L'univers et la vie :

"Nous sommes dans le monde, mais n'avons jamais le monde en son entier comme objet.

Il faut étudier les phénomènes en tendant vers l'infini.

Pour notre connaissance, le monde n'est pas refermé en une unité ; loin de là, il a éclaté. La science est conduite par des conceptions de l'unité qui sont valables dans certains domaines ; jusqu'à présent, il n'y a pas de conception de l'unité du monde dans son ensemble qui soit scientifiquement féconde.

Il faut comprendre le monde à partir de lui-même et non à partir de la matière, de la vie ou de l'esprit. Une certaine réalité précède la possibilité de connaître, et n'est pas atteinte par la connaissance. Pour notre connaissance, le monde est sans assises.

Tout cela impose des limites à la science, et non à la pensée, laquelle a son origine philosophique dans notre existence. Prenons un exemple : l'unité de la nature universelle, du Tout-Un qui repose en soi, est l'expérience possible d'un amour du monde, et non une connaissance du monde. Mais, considérant à la fois toutes choses et tout ce qui est particulier ou individuel, cet amour voit le monde réel en chiffres (symboles). ces chiffres ne sont rien pour la science : elle ne peut ni les prouver, ni les réfuter.

II. L'Histoire

L'Histoire nous écrase, elle ne nous apporte pas le repos. Nous aimerions trouver, en dehors de l'Histoire, un lieu à partir duquel nous pourrions vivre en elle.

Il y a d'abord, le réaction de tout homme sur lui-même, sur son existence (Existenz) avec les compagnons de sa destinée, dans leur milieu commun. En tant qu'existants (Dasein), ils sont, certes, entièrement dépendants, mais, dans les limites qui leur sont accordées, ils sont leur propre origine.

Et voici la dernière démarche. dans la mesure où nous nous trouvons nous-mêmes et avons un aperçu du fond des choses, l'Histoire n'est plus notre prison. Elle n'est que le lieu inévitable dans lequel, par notre action et notre expérience propre, nous parvenons à la réalité.

Si nous sortions de l'Histoire, nous tomberions dans le néant. En dehors de notre existence dans l'Histoire, nous n'avons aucun fil d'Ariance conduisant à la réalité. Sans elle, il n'y pas de langue qui nous permette d'entendre, indirectement, parler des origines dont nous sommes issues et qui nous soutiennent.

Nous ne pouvons dépasser l'Histoire, mais en la traversant, pour ainsi dire, nous la voyons devenir transparente à une lumière venue d'ailleurs. Comme si, au travers du temps, nous faisions l'expérience d'un présent éternel, dans l'apparition du temps.

III. La connaissance fondamentale

Les études qui précèdent montrent que la pensée philosophique n'est pas d'un genre unique.

Quand nous parlions de l'univers et de l'Histoire, nous cherchions à parvenir à la limite. En elles-mêmes, les limites ont un pouvoir d'attraction, de sorte que la connaissance elle-même semble n'exister que pour que nous puissions faire l'expérience des limites. C'est là une des méthodes de la philosophie. dans la mesure où un chercheur est inspiré par cet instinct, afin, conduit par lui, de n'en pénétrer que plus profondément dans ce qui est concrètement connaissable, ce chercheur fait de la philosophie en  science.

Dans le présent chapitre, nous avons utilisé une toute autre méthode : au lieu de partir d'objets du monde, nous sommes partis du présent ; nous nous assurons de la façon dont nous sommes dans le monde. L'englobant n'existe que dans la mesure où il apparaît dans la scission moi-objet, et, pour ainsi dire, devient conscient en tant qu'objet de soi-même dans la scission sujet-objet. Pour la connaissance scientifique, liée à des objets, cette assurance n'est rien. Elle n'apporte aucune connaissance, mais éclaire notre conscience d'être. Le saut jusqu'à elle est impossible à l'intellect. Avec l'intellect, il dépasse l'intellect, sans le perdre.

Il s'agit d'une autre expérience de pensée. Quelque chose qui ne peut être saisi en soi dans la pensée objective (gegenständlich), devient présent. Nous acquérons un espace où il ne se produit plus de connaissance de quelque chose. Nous parvenons à des horizons qui ne montrent plus quelque chose d'inconnu jusque-là dans le monde, quand nous nos mouvons à l'intérieur d'eux.

C'est une pensée qui, pour notre monde, peut venir d'ailleurs, dans un rayon de lumière. A partir de là, on acquiert ce qui, en tant que simple être du monde, resterait sans la dimension de la profondeur.

IV. L'homme

A la question de savoir ce qu'est l'Homme, aucune réponse n'est satisfaisante. tant qu'il est homme, en effet, les potentialités de l'homme restent cachées dans sa liberté. Elles ne cesseront d'être manifestées par les conséquences de sa liberté. Tant qu'il y aura des hommes, ce seront des êtres qui ne cesseront d'avoir à se conquérir eux-mêmes.

Celui qui s'interroge sur l'Homme souhaiterait obtenir la seule image vraie et valable de l'Homme, voir l'Homme lui-même, et pourtant il ne le peut pas. La dignité de l'Homme est d'être le représentant de l'indéfinissable. Si l'Homme est tel qu'il est, c'est parce qu'il reconnaît cette dignité en lui-même et chez tous les autres hommes. Kant l'a dit sous une forme merveilleusement simple : nul ne peut prendre l'homme pour un moyen ; chaque homme est une fin en soi. (« Agis de façon telle que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen. »)

V. La discussion politique

"La politique, c'est le destin." : ce mot de Napoléon est plus redoutable que jamais, aujourd'hui où l'ère de la technique a permis la domination absolue.

Même quand elle se prétendait apolitique, la philosophie a toujours eu une portée politique. En philosophie, l'Homme parvient en effet à lui-même. C'est là qu'il trouve une raison de donner à son existence une forme politique liée au cadre de celle d'autrui, et de la juger sur le plan politique, par rapport à celle d'autrui.

A quoi peut bien ressembler une discussion politique ?

Dans une discussion, on se met au clair sur des objectifs, on rappelle des faits. On fait l'expérience de l'opinion adverse. On tente de convaincre. Pour rendre sensible l'effet, dans de telles discussions, de la philosophie et de l'absence de philosophie, Jaspers prend pour exemple une conversation imaginaire entre deux Allemands (A et B).

A quoi bon des discussions politiques ? Elles nous servent à faire notre auto-éducation politique et nous préparent à l'action. Elles sont donc l'un des lieux de la vie politique d'un peuple. Sinon, elles sont un vain bavardage, n'intéressant que le psychologue et, partant, se prêtent aux manipulations des techniciens de la politique.

Quel est ici le rôle de la réflexion philosophique ? Elle éclaire la discussion en clarifiant les principes et les objectifs, en maintenant présents à l'esprit les faits essentiels et leur hiérarchie, en sondant le destin de l'humanité, bref, en enfermant le domaine politique dans la question : pour quoi (en deux mots) vivons-nous ?

VI. Le devenir de l'Homme dans la politique

Nous ne devons pas nous faciliter les choses comme si la liberté allait de soi.

Pouvons-nous même maintenir le principe que la liberté a son fondement dans la nature de l'Homme ?

Sur ce point, il n'y a pas d'évidence contraignante de la vérité. Il s'agit d'une décision concernant le mode de pensée de l'homme tout entier, de chaque individu confronté à ses compagnons de destin politique.

Placés devant une alternative, nous devons savoir pour quoi (en deux mots) nous vivons, dans quel sens nous voulons construire notre avenir, dans la mesure où cela dépend de nous. Ce sont l'intelligence et la volonté qui décident ; par la réflexion philosophique, elles sont devenues nous-mêmes.

VII. Connaissance et jugement de valeur

Nous avons dit qu'en tout homme parvenu à la conscience absolue se trouve une volonté de liberté politique. Nous avons montré ce qui s'y oppose :

  • La réalité de la majorité de nos contemporains ;
  •  l'Histoire : jusqu'ici, tous les essais de réalisation de la liberté politique se sont soldés par des échecs ;
  • enfin, la thèse selon laquelle l'Homme serait incapable de vivre cette liberté, car elle exigerait trop de lui.

Etant donné la diversité des opinions et le manque de clarté dans les discussions sur la liberté politique, nous avons besoin de faire une distinction radicale au sein de la vérité elle-même. L'exactitude universellement admise est tout autre que la conviction. Cette vérité dont vit chacun d'entre nous. de la connaissance exacte, nous attendons à bon droit que tout homme capable de la comprendre l'admette également ; l'expérience montre d'ailleurs qu'il en va ainsi. Nous ne pouvons pas en espérer autant de la conviction personnelle ; car elle est loin d'être universellement reconnue, et l'expérience nous le rappelle cruellement si nous l'oublions. Nous n'avons pas le droit d'exiger que nos convictions personnelles soient admises par tous.

VIII. Psychologie et sociologie

Il n'y a que cent ans que la psychologie et la sociologie sont apparues comme des sciences expérimentales. Aujourd'hui, elles prétendent à un rôle de premier plan, et on le leur accorde. Leur riche littérature a exercé, sur la pensée de notre temps, une influence qu'il serait difficile de surestimer.

Toutes deux ont un noyau de vraie science. Elles constatent des faits. Elles font appel à des méthodes nettement définissables et utilisables de façon critique (collation de documents, expériences, observation et description, entretiens, questionnaires, statistiques, recherches historiques et biographiques). Elles opérent leur analyse au moyen de distinctions conceptuelles, de schémas de complexes de signification et de schémas de complexes de situation.

Le chapitre traite de leurs perversions. Celles-ci (et non ces sciences elles-mêmes) sont l'une des puissances catastrophiques de notre temps.

IX. L'opinion publique

Chacun doit prendre, pour son compte personnel, le risque de la vie publique (...) Chacun décide donc si, en ce qui le concerne, il veut, ou non, avoir une vie publique.

Quiconque a acquis une connaissance ne veut pas la garder pour lui seul. Quiconque a crée veut montrer son oeuvre. Quiconque exerce une action politique veut être écouté. Telle est la grande ambition, qui se justifie quand elle ne repose pas sur des illusions quant à ce que l'on est capable de faire (ce qui la transformerait en vanité). Il reste que la vie publique est un risque.

Quand des hommes se plaignent d'être livrés au public de sorte que l'on prend pour objet non pas (avec réalisme) leur action, mais leur personne, la question est de savoir dans quelle mesure c'est à tort qu'ils réclament que leur "vie privée" de personnage public soit protégée. Peut-on à la fois être un homme public et se refuser au public ?

Il est plus facile, pour les détenteurs du pouvoir, de vider leurs disputes par-dessus la tête des peuples, pour le bonheur ou le malheur de ceux-ci. C'est une audace de leur part de se livrer entièrement à l'opinion de leur pays. Comme c'est au moyen de cette opinion qu'ils prennent les décisions qui permettent à leurs peuples (et, du même coup, à eux aussi) de faire leurs propre éducation politique, il faut qu'ils vivent personnellement dans une maison de verre ; cette audace est indispensable pour qu'un homme d'Etat devienne grand.

X. Les chiffres

Tout peut être chiffre : réalités, représentations de l'imagination, contenus de la pensée. Les chiffres sont différents jusqu'à ne plus pouvoir être comparés. Les chiffres de la beauté et de la vie de la nature restent inoffensifs. Le polythéisme des puissances les déchire. le Dieu un lie. L'au-delà de tous les chiffres libère.

Aucun système rationnel ne peut enfermer les chiffres, aucun ordre dialectique ne peut dominer leurs luttes. Mais l'activité philosophique, elle-même créatrice de chiffres, peut exprimer leur fréquentation existentielle. C'est ce qui se passe depuis Platon.

Ce qui était jadis, corporéité des dieux, est devenu chiffre. Dans la clarté des chiffres, nous avons la chance de trouver notre voie, celle des cimes qui nous sont accessibles. Ce n'est pas en étudiant les mythes innombrables que nous serons instruits. Quant aux interprétations psychologiques, elles dégradent. Seule l'expérience existentielle nous découvre le sens des chiffres.

De nos jours, on peut songer à une tâche philosophique qui serait analogue à celle de la théologie : le philosophe développerait sa propre fréquentation des chiffres. Il les présenterait par l'intermédiaire de leurs luttes. Il métamorphoserait en un présent ce qui fut jadis.

Mais, si la théologie est dogmatique, se fondant sur des confessions de foi, la métaphysique des chiffres est un monde flottant, fondé sur l'englobant. La théologie est une dogmatique pour l'Eglise, la métaphysique des chiffres repose sur la responsabilité de chaque philosophe (qui n'est la fondé de pouvoir de personne), dans le cadre de trois millénaires de philosophie. La théologie vit, dans sa communauté institutionnelle, avec le confessant ; la métaphysique des chiffres vit avec l'humanité et avec chaque individu.

XI. L'amour

Un amour parfait n'aurait besoin ni de loi morale, ni d'ordre public, car il les produirait de lui-même dans chaque situation concrète ; il impliquerait donc en soi l'obéissance à ces lois. Mais comme l'homme, être intelligent et sensuel, n'est pas capable d'amour parfait, comme son amour ne cesse de se méprendre, comme il le blesse et le laisse s'affaiblir, il a besoin, en outre, du contrôle de la conscience, dans les deux sens de ce mot (Bewusstsein et Gewissen). Si quelqu'un était capable de vivre dans la clairvoyance de l'amour, on pourrait lui appliquer ce mot d'Augustin : dilige et fac quod vis (aime et fais ce que veux). Mais, puisque nous sommes des hommes, coupables de tromperie envers nous-mêmes et d'aveuglement, exposés à des puissances hostiles à l'amour, nous ne pouvons exister sans contrôle. Tout amour qui, par exemple, transgresse les Dix Commandements n'est plus amour, mais, pris par des passions étrangères, s'affuble mensongèrement du nom d'amour.

(...) Nous ne pouvons pas invoquer l'amour pour justifier une conduite, une action, un jugement. Comme nous ignorons ce qu'est l'amour, nous ne pouvons lui faire subir des opérations rationnelles.

Mais toute justification rationnelle, toute vie conforme à la loi morale, bien qu'elles soient essentielles pour notre clarté, ne sont rien sans l'accomplissement par l'amour, elles ne sont rien si elles ne sont pas portées par l'amour.

Il n'y a pas d'instance au-dessus de l'amour. Il juge lui-même ses manifestations à l'aide de la conscience morale, de manière impitoyable, mais avec une conscience aimante.

La mort

Tout existant vivant est entre parenthèses ; ces parenthèses s'appellent : naissance et mort, mais seul l'homme le sait.

Ma propre naissance est un événement dont je n'ai pas eu conscience. Quand le nouveau-né prend conscience d'être, il lui semble qu'il a toujours été là, et qu'il se réveille d'un sommeil qui ne lui a laissé aucun souvenir. On a beau lui parler de sa naissance, il n'arrive pas à en ranimer un seul. Nul n'a fait l'expérience du début de son existence.

Nous sommes tous promis à la mort. Mais comme nous ignorons quand elle viendra, nous vivons comme si elle ne devait jamais venir. Etres vivants, nous ne croyons au fond pas à la mort, bien que ce soit la chose la plus certaine pour nous.

La philosophie dans le monde

(...) Elle enseigne à ne pas nous laisser berner. Elle ne permet d'écarter aucun fait, aucune possibilité. Elle apprend à regarder en face la catastrophe vraisemblable. Au sein de la tranquillité du monde, elle éveille l'inquiétude. Mais elle interdit aussi la sottise de tenir la catastrophe pour inévitable. Car, malgré tout, l'avenir dépend aussi de nous.

Si la philosophie devenait énergique dans sa pensée, convaincante pour les hommes et digne de foi, grâce à ceux par la bouche desquels elle parle, elle pourrait être un facteur de salut. Elle seule peut réformer la méthode de penser.

Mais face à l'échec total, qui reste possible, la philosophie maintiendrait la dignité de l'homme durant son déclin. dans une communauté de destin fondée sur la vérité, l'homme regarde en face quoi que ce soit qui lui arrive.

Car, dans le déclin, il n'y a pas de néant. Le dernier mot appartient à l'homme qui, dans l'échec, aime et conserve une confiance incompréhensible dans le fondement des choses.

Parlons en chiffres : l'origine d'où sont issus l'univers, la terre, la vie, l'homme et l'Histoire a des possibilités qui nous sont inacessibles. L'expérience de l'échec clairvoyant peut en être certaine.

C'était une tentative, d'autres suivront, en nombre infini. Mais, présents un instant dans cette tentative, l'amour et la vérité attestent qu'il s'agissait de plus que d'une tentative. Une parole d'éternité a été prononcée.

Aucune pensée susceptible d'être accomplie, aucune connaissance, rien de concrètement saisissable, aucun des chiffres que nous venons de nommer ne parvient jusque là.

Par-delà les chiffres, la pensée rejoint le silence rempli de raison insondable.

Table des matières :

Avant-propos

I. - L'univers et la vie :

1. Deux événements : 1919 (la confirmation expérimentale de la théorie de la relativité générale) et 1945 (Hisroshima) - 2 - Univers et matière 3 - La terre dans l'univers vide - 4. La situation spirituelle héritée des sciences de la nature - 5. Thèses sur la connaissance du monde

II.- L'Histoire et le présent :

1. Aspect actuel de l'histoire - 2. Le miracle de l'histoire sur le plan cosmique -  3. L'histoire ne prolonge pas la nature - 4. La science historique et ses limites - 5. La situation actuelle et ses problèmes - 6. Conscience et destruction de soi - 7. Histoire et responsabilité - 8. Surmonter l'histoire

III. La connaissance fondamentale

1. Regard en arrière et nouvelle question - 2. Point de départ : la scission sujet-objet - 3. L'opération philosophique fondamentale. de la manifestation du monde - 4. Les modes de l'englobant - 5. Modification de l'attitude intérieure par la connaissance fondamentale - 6. Vaine recherche d'une seconde réalité au-delà de la scission sujet-objet - 7. Les voies multiples de la pensée philosophique.

IV. L'Homme

1. La question de l'homme - 2. Mutisme de la nature et langage de l'homme - 3. 3. Nous ne nous comprenons, ni à partir du monde et de l'histoire, ni à partir de nous-mêmes - 4. Détermination de la nature de l'homme - 5. L'homme conscient de lui-même comme étant indépendant de chacune de ses manifestations - 6. La lutte pour une image de l'homme - 7. L'homme ne se suffit pas - 8. Se dépasser : le progrès dans le monde - 9. Se dépasser : la Transcendance - 10. Courage et espérance - 11. La dignité de l'homme

V. La discussion politique

1. Exemple de discussion politique - 2. Ce que l'on observe à propos de discussions de ce genre - 3. Le rôle de la réflexion philosophique dans la discussion politique

VI. Le devenir de l'homme dans la politique

1. Les deux pôles de la politique - 2. Le comportement de l'homme dans la politique - 3. La grandeur de l'homme dans la politique - 4. La voie : la liberté politique -  5. L'historicité de la liberté politique - 6. La liberté entraîne-t-elle la ruine ? - 7. Comment la liberté se détruit elle-même - 8. Objections à la liberté - 9. L'alternative - 10. La décision

VII. Connaisance et jugement de valeur

1. L'Acte philosophique de la distinction - 2. Le dialogue - 3. La thèse de Max Weber - 4. Sciences naturelles et sciences humaines - 5. En quel sens y a-t-il liberté ? - 6. Possibilité de jugements opposés sur une même signification - 7. Construction des "ultimes points de vue" - 8. Les puissances et les aternatives - 9. résumé - 10. Distance, véracité, liberté

VIII. Psychologie et sociologie

1. Aspects de la sociologie et de la psychologie. Marx et Freud - 2. Discussion avec un marxiste - 3. Discussion avec un psychanalyste - 4. Analyse de ces discussions - 5. Sciences universelles et philosophie - 6. Conséquences du totalitarisme scientifique - 7. Le philosophe lié à ses origines

IX. L'opinion publique

1. Exemples - 2. Volonté de vérité, volonté de puissance - 3. Le royaume de la politique - 4. Conception de l'opinion publique à partir de l'idée de liberté politique - 5. Le monde des écrivains - 6. Idée et réalité - 7. Le secret - 8. La censure - 9. Le risque de la publicité

X. Les chiffres

1. Exemple : le Sinaï - 2. autres exemples - 3. Les chiffres ont leur origine dans l'expérience de la liberté - 4. La notion de chiffre - 5. Transformation en langage de chiffres - 6. Evolution de la religion biblique - 7. Idée d'un développement des chiffres dans leurs affrontement

XI. L'amour

1. Rappel de l'apôtre Paul - 2. L'amour des sexes - 3. L'antagonisme originel - 4. Le schéma : sexualité, érotisme, mariage - 5. L'amour métaphysique - 6. L'amour métaphysique est paradoxal dans le monde - 7. L'amour métaphysique peut-il enter dans l'ordre du monde ? - 8. Les éléments de l'amour se recoupent - 9. L'amour au sens le plus large du terme - 10. Amour et conscience

XII. La Mort

1. Seul l'homme sait qu'il meurt - 2. Pourquoi la mort ? - 3. Peur de mourir et peur de la mort - 4. Conceptions de la mort - 5. La soif d'immortalité - 6. Temps cyclique et temps linéaire - 7. Temporalité, intemporalité, éternité - 8. Rappel du revirement philosophique de la conscience d'être - 9. L'expérience existentielle de l'éternité - 10. Sens des affirmations spéculatives existentielles - 11. La sincérité - 12. Les chiffres face à la mort

XIII. La philosophie dans le monde

1. Attitude de la philosophie à l'égard du monde - 2. Attitude du monde à l'égard de la philosophie - 3. La philosophie veut la vérité - 4. La sincérité est le pari de l'homme - 5. L'aristocratie philosophique et la masse - 6. Indépendance de l'homme philosophe - 7. Conscience d'être impuissant - 8. La situation de notre temps. Est-ce la fin prochaine ? 9. Que vient faire ici la philosophie ?

 

 

 

 

 

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