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Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique I et II, Biographie, préface et bibliographie par François Furet, GF Flammarion, 1981

Aux élèves :

Vous trouverez en lien un corrigé du commentaire d'un texte de Tocqueville, extrait du Tome II de de La Démocratie en Amérique, proposé cette année en série L (Baccalauréat 2015).

Je vous recommande la lecture de cet ouvrage majeur de la pensée politique, à commencer par la préface de François Furet dans l'édition Garnier-Flammarion.

La lecture de l'oeuvre de Tocqueville : De la démocratie en Amérique, ainsi que l'Ancien Régime et la Révolution est indispensable pour les étudiants préparant le concours d'entrée à l'Ecole des Sciences-Politiques et à l'Ecole nationale d'administration.

Alexis-Henri-Charles Clérel, vicomte de Tocqueville, généralement appelé par convenance Alexis de Tocqueville, né à Paris le et mort à Cannes le , est un philosophe politique, homme politique, historien, précurseur de la sociologie et écrivain français. Il est célèbre pour ses analyses de la Révolution française, de la démocratie américaine et de l'évolution des démocraties occidentales en général. Raymond Aron et Raymond Boudon entre autres, ont mis en évidence son apport à la sociologie. François Furet a mis en avant la pertinence de son analyse de la Révolution française. Son œuvre a eu une influence considérable sur le libéralisme et la pensée politique, au même titre que celles de Hobbes, Montesquieu, et Rousseau.

Le voyage d'Alexis de Tocqueville en Amérique

Envoyés en 1831  par le gouvernement français pour enquêter sur le système carcéral américain. Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont, arrivés à New York en mai, passèrent neuf mois à voyager à travers les États-Unis, observant non seulement les prisons, mais plusieurs aspects de la société américaine, y compris l'économie et la politique. Tocqueville rencontra le procureur général de l'État de Louisiane, Étienne Mazureau, qui lui fournit un certain nombre de données sociologiques, démographiques et linguistiques.

Après être retournés en France en février 1832, Tocqueville et Beaumont soumirent leur rapport en 1833 sur le système carcéral américain qui s'intitulait Du système pénitentiaire aux États-Unis et de son application en France. Beaumont écrivit ensuite un roman sur les relations raciales aux États-Unis, tandis que Tocqueville écrivait un traité d'analyse politique et sociale, De la démocratie en Amérique.

De la Démocratie en Amérique

Publié en deux livres, le premier en 1835 et le deuxième en 1840, De la Démocratie en Amérique décrit puis analyse le système politique américain dans les années 1830.

Réédité à de nombreuses reprises au cours du XIXème siècle, l'ouvrage rencontra un vif succès en Europe ainsi qu'aux États-Unis et devint au XXème siècle un classique de la philosophie politique, de la sociologie et de la philosophie de l'histoire.

François Furet, né le à Paris, mort à Figeac le , est un historien français. Il est notamment connu pour ses ouvrages sur la Révolution française.

"Ne faudrait-il pas (alors) considérer le développement graduel des institutions et des moeurs démocratiques, non comme les meilleurs, mais comme le seul moyen qui nous reste d'être libres ; et sans aimer le gouvernement de la démocratie, ne serait-on pas disposé à l'adopter comme le remède le mieux applicable et le plus honnête qu'on puisse opposer aux maux présents de la société ?" (tome 1, p. 424)

Passage à mon sens capital, parce qu'il relie le voyage américain non seulement à l'intention fondamentale de Tocqueville, au but de sa vie, mais aussi à l'économie interne de sa pensée. Tocqueville est, sur un versant de son analyse, celui qu'il n'explicite pas, un fataliste. Il croit à l'inévitable, et cet inévitable est la marche des sociétés vers la "démocratie". Ce processus est commun au vieux et au nouveau monde, bien qu'il n'apparaisse dans sa pureté originelle que dans l'expérience américaine. Mais le peuple américain s'est donné des moeurs et des lois adaptées à cet état social et culturel, alors que les peuples européens ont hérité des Etats centralisés, contradictoires avec le développement d'institutions politiques ou de moeurs nationales démocratiques. dans le premier cas, l'histoire a subordonné l'Etat à la société. Dans le second, elle livre la société à l'Etat.

Or ce deuxième processus, lui, n'est pas inévitable : c'est l'autre versant de la pensée de Tocqueville qui donne un sens quasi militant à ses livres. Il s'agit de faire évoluer les lois et les moeurs des vieilles nations européennes, et d'abord de la France, en harmonie avec le progrès de la démocratie dans les faits et les esprits : condition sine qua non pour éviter la dictature d'un seul, devenu maître de l'Etat. Pour un aristocrate comme Tocqueville, il y a un prix à payer, des sacrifices à faire de sentiments et d'intérêts, mais il y consent d'avance eu égard à l'enjeu : "Les volontés de la démocratie sont changeantes ; ses agents grossiers ; ses lois, imparfaites ; je l'accorde. Mais s'il était vrai que bientôt, il ne sût exister aucun intermédiaire entre l'empire de la démocratie et le joug d'un seul, ne devrions-nous pas plutôt tendre vers l'un que nous soumettre volontairement à l'autre ? et s'il fallait enfin en arriver à une complète égalité, ne vaudrait-il pas mieux se laisser niveler par la liberté que par un despote ?" (tome 1, p. 424)

Tocqueville est donc allé chercher aux Etats-Unis non pas un modèle, mais un principe à étudier, et une question à illustrer et à résoudre ; à quelles conditions la démocratie, si elle est un état de la société, devient ce qu'elle doit être aussi, faute de conduire à une dictature : un état de gouvernement. (François Furet, Le système conceptuel de la "Démocratie en Amérique", p. 17,18)

 

 

 

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