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La Nef – D'où vient ce projet ?
Paul Piccarreta – De l’urgence de lutter contre la disparition de l’homme et de la création tout entière. La question que nous devons désormais nous poser est celle-ci : voulons-nous un monde sans hommes ? Le transhumanisme, qui est notre quatrième révolution industrielle (mais on a bien compris qui était la marchandise cette fois-ci…) s’affirme comme la norme enviable et l’horizon unique. Face à ce mouvement d’artificialisation de la vie, nous voulons rappeler l’urgence de réfléchir à un « limes », une limite. La limite est en effet le gage de la véritable maturité des choses, comme l’explique très bien Fabrice Hadjadj dans notre premier numéro. Elle est l’ennemie de la frustration, du ressentiment, et d’une certaine névrose perverse typiquement d’époque. Ce projet s’est donc constitué par la force des choses, pour offrir une réponse argumentée et collective au désastre anthropologique. Journalistes, enseignants, hommes et femmes issus de la société civile, nous nous sommes rassemblés pour mettre à jour une critique radicale du système qui gangrène l’époque, le système technolibéral.

Quel sont votre but et vos moyens ?
La tâche que nous nous fixons est de briser les clivages qui affaiblissent cette critique ; de rompre avec les vieux schémas qui « bloquent la pensée », pour reprendre l’expression d’Eugénie Bastié, notre rédactrice en chef des pages politiques. Quant aux moyens, nous avons échafaudé une revue trimestrielle qui alterne le ludique et l’article au long cours, qui articule l’œuvre militante avec des grands entretiens de fond. Parmi les proches collaborateurs, la revue compte Fabrice Hadjadj, Olivier Rey, Patrice de Plunkett, Falk van Gaver, Jacques de Guillebon, Luc Richard, Gaultier Bès (qui assure la direction adjointe).

Quelle est votre « ligne » et le cœur du message que vous souhaitez transmettre et pourquoi ?
Nous sommes pour une écologie intégrale. C’est-à-dire que nous sommes opposés aussi bien à l’avortement de masse qu’à la construction du Center parc de Roybon. Nous militons contre le TAFTA, cette misère sociale conçue à grande échelle, et nous sommes farouchement opposés à la reproduction du vivant techniquement assistée. Cette dernière nous prépare des cyborgs, quand l’autre est la structure marchande à laquelle ces cyborgs s’ajusteront le mieux. Nous sommes antiproductivistes, et nous pensons en toute cohérence que la grande distribution s’attaque tout autant à la famille que la loi Taubira. De manière générale, nous sommes contre l’extension du marché. Il faut que certains catholiques commencent à l’admettre : les communistes ne s’empareront jamais de leur petite villégiature sur l’île de Quiberon ni de leur chalet en montagne. La véritable expropriation a déjà commencé, elle est technique et libérale, il s’agit de la désappropriation de la chair. Comme disait Bernanos, la modernité revit le mystère de l’incarnation, à l’envers.

Quel public visez-vous et comment peut-on vous lire ?
Est-ce qu’on a fait une étude de marché ? Pas vraiment. Nous nous adressons à qui veut bien entendre. Nous avons rencontré des personnes dont on n’aurait jamais soupçonné qu’ils fassent le lien entre avortement et accumulation des richesses. C’est étonnant, mais après un an de préparation, je considère très sincèrement que l’œuvre rassemble d’elle-même. Cibler un public, c’est souvent risquer de produire un discours formalisé. Pour les détails pratiques, les lecteurs peuvent trouver notre revue dans toutes les bonnes librairies francophones, mais également la commander sur notre site internet (1).

Propos recueillis par Christophe Geffroy

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