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Ellis Peters, La dernière mesure, (The House og Green Turf), traduit de l'anglais par Isabelle Py Balibar, 10/18 Grands Détectives.

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De son vrai nom Edith Pargeter entre au Women' s Royal Navy Service pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ses activités au département des communications lui valent la British Empire Medal, qu'elle reçoit des mains du roi George VI. Elle étudie par ailleurs la langue et la littérature tchèques dont elle traduira plusieurs oeuvres majeures en anglais. Après la guerre, elle publie ses premiers livres, des romans historiques, sous son vrai nom. Sa trilogie La Pierre de vie, Le Rameau vert et La Graine écarlate, située au temps des bâtisseurs de cathédrales, rencontre un grand succès auprès de la critique et du public. Puis, en 1959, son roman policier mettant en scène l'inspecteur George Felse sera le premier d'une série de douze titres, qu'elle signe alors sous son pseudonyme. Mais c'est en 1977, avec Trafic de reliques, première chronique de la série médiévale Frère Cadfael, qu'elle initie un nouveau genre dans lequel elle va passer maître. Cette série compte aujourd'hui vingt et un volumes. Ellis Peters a été élevée au rang de OBE (officier de l'ordre de l'Empire britannique), pour services éminents rendus à la littérature. (Source Evene)

 

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"A la courbe d'un dangereux virage, la voiture de la célèbre cantatrice Maggie Tressider quitte la route. L'accident est par bonheur sans conséquence tragique, pourtant Maggie voit soudain ses rêves habités par un étrange "fantôme" venu lui demander réparation d'une faute passée. est-ce là le fruit d'une imagination féconde quelque peu troublée par les circonstances ou bien celui d'une culpabilité trop longtemps bâillonnée ? La chanteuse décide de faire appel à un détective privé pour fouiller sa mémoire et son passé afin d'identifier ce mystérieux personnage. Malgré sa discrétion, George et Bunty Felse auront vent de l'affaire et mettront tout leur savoir-faire pour venir en aide à la diva magnifique, victime et interprète de ce douloureux chant d'amour et de mort."

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Mon avis sur le roman :

L'intrigue se déroule d'abord en Grande-Bretagne, puis  à Scheideneau,  dans une auberge bavaroise typique, à la frontière avec l'Autriche, près d'un lac au bord duquel ont lieu des événements aussi mystérieux qu'inquiétants : trafics et disparitions déguisées en suicides attribués à une bande organisée.

La police allemande y perd son latin, mais Francis Killian, détective privé anglais et amoureux de la belle et célèbre cantatrice Maggie Tressider va prendre les choses en mains, secrètement surveillé puis ouvertement secondé par le duo de choc bien connu des lecteurs d'Ellis Peters : George et Bunty Felse.

Killian parviendra-t-il à élucider cette sombre affaire qui remonte à plusieurs dizaines d'années en arrière et se ramifie dans le présent ?

La partie n'est pas gagnée d'avance car les adversaires sont nombreux, invisibles, organisés et coriaces... 

Les coups de théâtre se succèdent : l'assassinat déguisé en suicide d'une servante de l'auberge "qui en savait trop", l'enlèvement de Francis Killian, la réapparition d'un contrebassiste tenu pour mort que Maggie Tressider a cotôyé autrefois au cours d'une tournée, suivi de l'enlèvement de la cantatrice elle-même... (Vous suivez ?)

En même temps que la résolution de l'énigme et la déroute des "méchants", on attend impatiemment le moment où le détective et la chanteuse vont enfin tomber dans les bras l'un de l'autre, après des pages et des pages de "Je t'aime, moi non plus."

Une énigme policière doublée d'un thriller psychologique, avec un zest de fantastique, de beaux paysages de montagne, et une histoire d'amour romantique sur fond de bel canto : les lieder de Schubert, Schumann, Brahms et Malher, ainsi qu'en fin de programme, les "dernières mesures" de Fidelio, chaque morceau illustrant la situation où se trouve la cantatrice par rapport aux hommes de sa vie (ou de sa mort).

On se dit en tournant les dernières pages que si Maggie Tressider n'avait pas eu un accident de la route, s'il n'y avait pas eu ce rêve habité par un étrange fantôme surgi du passé, si elle n'avait pas fait appel aux services d'un détective privé, etc. elle serait restée l'une des plus grandes cantatrices du monde, mais n'aurait jamais connu l'amour... car ce roman qui commence comme un lied et se termine en apothéose, comme un opéra aurait pu tout aussi bien s'intituler "La force du destin".

Extrait

"Cela semblait déjà assez embrouillé sans qu'il y ait de nouvelles complications ; mais il était tout à fait clair qu'il s'agissait d'une seule et unique affaire, trop vaste pour qu'on puisse se permettre de prendre le moindre risque. Pour commencer, un détective au service de Miss Tressider tombait dans une embuscade et était enlevé sur la nationale ; et voilà que la jeune femme elle-même avait, semblait-il, disparu de sa chambre d'hôtel sans prévenir et sans explication !

Mais non sans laisser de trace pourtant : un lambeau de la ceinture de son déshabillé accroché à un noeud du bois de la rampe d'escalier, une tache d'humidité insignifiante et qui séchait rapidement à l'entrée de la véranda. En bas de la pente qui conduisait au bord du lac, sous ses fenêtres, les recherches permirent de découvrir un ruban de mousseline argentée, encore noué de façon assez lâche, portant un ou deux cheveux blond foncé emmêlés. Il s'était pris dans les branches de sapin où les jeunes arbres poussaient en rangs serré, juste à la hauteur des épaules d'une femme. Tout laissait à penser qu'elle s'était enfui de sa chambre en courant, laissant la porte ouverte, mue par une résolution frénétique, pour aller se jeter tout droit dans le lac dans un accès de désespoir.

- Oui, dit Bunty, droite comme un i sur le tabouret de piano, c'est ce que nous sommes censés croire..."

 

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