Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Afficher l'image d'origine

Nous assistons à la montée inexorable du Front national qui est en train de faire un carton aux élections régionales de 2015 et peut rêver de conquérir jusqu'à sept régions !

Que s'est-il passé dans ce pays pour qu'un groupuscule ultra minoritaire dans les années soixante soit en train de devenir le premier Parti de France ?

Les calculs politiciens de François Mitterrand pour casser la droite traditionnelle, la rupture définitive de Nicolas Sarkozy avec le gaullisme historique, déjà entamée sous Jacques Chirac, les promesses non tenues du Discours de Maisons-Alfort sur la défense de l'instruction, des professeurs et de l'Ecole républicaine, l'abandon des ouvriers et des classes populaires par le PS, la trahison de la nation - "le seul bien des pauvres", disait Jean Jaurès, l'abdication, avec les traités de Maastricht-Schengen, de la souveraineté nationale au profit d'un Empire européen néo-libéral sous domination germano-américaine, le démantèlement des services publics (Ecole, hôpitaux...), les atteintes à la laïcité, le développement du communautarisme, l'accroissement exponentiel de la dette, le chômage de masse, les délocalisations, la désindustrialisation de la France, l'agonie de l'agriculture (qui va s'accélèrer avec le grand traité transatlantique que Bruxelles nous prépare en catimini), le divorce entre la spéculation financière et l'économie réelle, une fiscalité confiscatoire, l'accroissement des inégalités, la multiplication des "affaires"... ont pour conséquence la montée de l'Extrême-Droite qui a su récupérer à son profit des thématiques parfaitement légitimes abandonnées aussi bien par la Gauche que par la Droite traditionnelles. Oui, il est impardonnable de la part de "l'UMPS" d'avoir laissé le Front National s'emparer de thèmes comme la défense de l'Ecole ou de la laïcité.

La responsabilité des deux derniers présidents de la République est indiscutable, du manque de tenue - l'avant dernier - aux promesses non tenues - l'un et l'autre -, mais aussi de tous ceux qui se sont accommodés de l'effondrement de l'Ecole républicaine ou qui y activement contribué comme la ministre actuelle de l'Education nationale, avec pour résultat l'émergence d'une majorité bruyante d'illettrés, les marchands d'illusions, les amuseurs qui s'amusent de tout et surtout du pire, les cyniques comme ce Cottard que dépeint Albert Camus dans La Peste et que réjouit le malheur, le culte exclusif de l'argent et de ceux qui en ont, le mépris des "forts" sans idéal pour les "faibles" sans espoir...

J'aurais rêvé d'autre chose pour mon pays, mais peut-être est-ce Walter Benjamin qui a raison : "L'Histoire n'est qu'une succession de catastrophes."

Le Front national est un fourre-tout où se côtoient le meilleur et le pire et Marine Le Pen demeure la fille de son père. Le pire, nous le connaissons : la nostalgie de la France coloniale et de l'Algérie française, le nationalisme xénophobe, "l'ordre moral", le machisme, l'intégrisme, le populisme, l'antigaullisme viscéral, les dérapages verbaux qui en disent long - et qui sont peut-être savamment calculés- le "détail", "Durafour crématoire"..., les amitiés douteuses, la fascination pour les régimes totalitaires... Nous connaissons l'histoire mouvementée du Front national, nous savons bien que ce Parti n'a pas plus les mains propres que les autres et personne n'oserait jurer qu'elles n'ont jamais touché la poignée des valises de la France-Afrique - et leur contenu... Nous savons aussi que Marine Le Pen a entrepris de "faire le ménage", mais il est bien difficile de démêler ce qu'elle pense vraiment de ce qu'elle dit et de ce qu'elle peut.

Nous voyons bien aussi les contradictions du Front national, à commencer par le fait que Marine Le Pen se prononce pour le retrait de la France de l'Union européenne, mais continue à siéger au Parlement européen.

On a dit - Michel Rocard, si je me souviens bien - que le Front national apportait de mauvaises réponses à de bonnes questions. Mais quelles "bonnes réponses" les autres Partis apportent-ils aux "bonnes questions" du Front national ?

Comment combattre le terrorisme, réguler les flux migratoires et l'arrivée de "sans papiers" sur le territoire français alors que la France n'a plus le contrôle de ses frontières ? Comment "faire une Europe sociale" au sein d'une Union européenne dominée par l'idéologie libérale de la libre-concurrence ? Comment résorber le déficit commercial avec un euro surévalué qui profite principalement à l'Allemagne ? Comment faire redémarrer l'économie, alors que la France n'a plus le contrôle de sa monnaie et son budget ? Comment restaurer l'Ecole de la République avec les "critères de convergence" : le "socle commun" et la notion de "compétences" substituée aux savoirs, l'adhésion au protocole de Lisbonne et à l'OCDE stipulant l'adaptabilité à court terme au marché de l'emploi et la "flexibilité" substituée à l'instruction ?

Est-ce faire preuve de racisme ou de xénophobie que de se demander s'il est bien raisonnable de laisser entrer sans tenir compte du marché de l'emploi et de la capacité de les intégrer près de 200 000 immigrés chaque année dans un pays qui compte plus de 4 millions de chômeurs - dont 21% de jeunes - et une dette de 1646 milliards d'euros, représentant 84,5% du PIB et qui s'accroît chaque seconde (les chiffres sont de la fin du 1er trimestre 2011) ?

Si les "républicains" de Gauche et de Droite préfèrent s'accommoder de la situation actuelle en pratiquant la politique de l'autruche, si la moitié des Français continue à s'abstenir au lieu d'aller voter, alors qu'on ne se plaigne pas si Marine Le Pen et le Parti qu'elle dirige accèdent au pouvoir en 2017, pour le meilleur ou pour le pire.

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :