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All the world's a stage est le début du monologue de la pièce Comme il vous plaira (As You Like It) de Shakespeare récité par Jacques (acte II scène VII). Ce texte compare la vie à un jeu théâtral et répertorie les sept étapes de la vie. C'est l'un des passages les plus souvent cités de l'œuvre de Shakespeare.

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"Ce texte s'inscrit parfaitement dans la démarche baroque selon laquelle les certitudes ou vérités humaines ne seraient que des illusions. Dans une approche plus contemporaine, ce texte nous invite aussi à une réflexion sur les rapports humains, les normes et les codes sociaux. Que l'on songe par exemple aux romans que Balzac regroupa sous le titre si célèbre de La Comédie humaine... Pour ces auteurs, nul doute que la société est une sorte de théâtre où chacun "joue un rôle". La mission de l'écrivain est précisément de faire tomber les masques et de mettre à jour le simulacre de "l'inhumaine comédie"... Cette problématique est très riche dans la mesure où elle met à jour notre rapport aux autres et à nous-même. Dans une société du spectacle et de l'apparence, tout ne serait-il qu'illusion au détriment de la vérité ? Divertissement au sens pascalien, surmédiatisation et mise en scène de soi au détriment de la morale ?" (Bruno Rigold)

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"All the world's a stage,
And all the men and women merely players ;
They have their exits and their entrances,
And one man in his time plays many parts,
His acts being seven ages. At first the infant,
Mewling and puking in the nurse's arms.
Then, the whining school-boy with his satchel
And shining morning face, creeping like snail
Unwillingly to school. And then the lover,
Sighing like furnace, with a woeful ballad
Made to his mistress' eyebrow. Then, a soldier,
Full of strange oaths, and bearded like the pard,
Jealous in honour, sudden, and quick in quarrel,
Seeking the bubble reputation
Even in the cannon's mouth. And then, the justice,
In fair round belly, with a good capon lined,
With eyes severe, and beard of formal cut,
Full of wise saws, and modern instances,
And so he plays his part. The sixth age shifts
Into the lean and slippered pantaloon,
With spectacles on nose and pouch on side,
His youthful hose, well saved, a world too wide
For his shrunk shank, and his big manly voice,
Turning again toward childish treble, pipes
And whistles in his sound. Last scene of all,
That ends this strange eventful history,
Is second childishness and mere oblivion,
Sans teeth, sans eyes, sans taste, sans everything.

(William Shakespeare, As you like it, acte II, scène 7)

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Le monde entier est un théâtre,

Et tous, hommes et femmes, n'y sont que des acteurs.

Ils ont leurs sorties, leurs entrées,

Et chacun dans sa vie a plusieurs rôles à jouer,

Dans un drame en sept âges. D'abord le nouveau-né,

Vagissant et bavant dans les bras de nourrice.

Puis, l'écolier geignard avec son cartable

Et son visage frais du matin, qui, comme un escargot,

Se traîne à regret à l'école. Et puis l'amoureux,

Soupirs de forge et ballade dolente

Sur les sourcils de sa maîtresse. Puis le soldat,

Plein de jurons étranges, poilu comme la panthère,

Jaloux de son honneur, violent, prompt à la querelle

Recherchant la bulle d'air de la gloire

Dans la gueule même du canon. Puis, le juge de paix,

Beau ventre rond doublé de chapon fin,

Oeil sévère et barbe bien taillée

Plein d'augustes dictons et d'exemples rebattus,

Et c'est ainsi qu'il joue son rôle. Le sixième âge tourne

Au Pantalon décharné, en pantoufles,

Lunettes sur le nez, bourse au côté,

Les hauts-de-chausses de sa jeunesse, bien conservés sont trop larges d'un monde

Pour ses jarrets amaigris, et sa grosse voix d'homme,

Retournant au fausset de l'enfance,

A le son de la flûte et du sifflet. Le tout dernier tableau

Qui clôt cette histoire étrange et mouvementée,

C'est la seconde enfance et la mémoire absente,

Sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien.

(Traduction de Jean-Michel Deprats)

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