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Alexandre Romanès, Un peuple de promeneurs, histoires tziganes, préface de Lydie Dattas,  NRF Gallimard, 2011Afficher l'image d'origine

"Mon père :

"Etre Gitan, c'est n'être dans rien :

ni dans le sport, ni dans la mode,

ni dans le spectacle, ni dans la politique

et la réussite sociale n'a pas de sens pour nous." (p. 82)

"Mon père :

"Un homme,

c'est beaucoup féroce qu'un tigre.

Un tigre, tigre lui donnes quinze kilos de viande et il esr repu,

un homme, tu le couvres d'or et il en veut encore." (p. 96)

Né à Paris en 1951 dans la famille de Firmin Bouglione, Alexandre Romanès devient très tôt acrobate, équilibriste et dompteur de fauves. A vingt ans, Alexandre Romanès s'éloigne du cirque familial. Dans les années 1990, il rencontre sa femme Délia, une Gitane issue de la tribu des Lovaris, de la communauté roumaine du camp de Nanterre. Alexandre et Délia créent ensemble le premier cirque tsigane d'Europe, composé d'un orchestre venu des Balkans et de Gitans. Ils plantent leur petit chapiteau sur un terrain vague place Clichy, à Paris. Depuis janvier 2006, ils sont installés porte de Champerret. Dans cette tribu, ils sont une trentaine à jouer, à chanter et à danser. Trapézistes, équilibristes, jongleurs, les numéros s’enchainent rythmés par la musique tsigane. Un esprit familial tient toute la troupe. Délia chante, Alexandre Romanès ne quitte pas des yeux les artistes de sa grande famille : fier de leur dextérité, attentif et tendre pendant les numéros des plus jeunes. Défenseur passionné de la culture tsigane, il rêve à la création d’un centre culturel tsigane. Ami de Jean Genet, Lydie Dattas, Christian Bobin, Alexandre Romanès a publié plusieurs recueils de poésie chez Gallimard. En octobre 2010, Alexandre Romanès entre en résistance contre le gouvernement qui veut appliquer la loi interdisant le travail des enfants au sein de son cirque et se bat pour conserver ses musiciens roumains menacés d’expulsion. Le cirque Romanès était présent, la même année, à l’exposition universelle de Shangai, dans le pavillon français. Le cirque Romanès est actuellement à Paris,  Porte de Passy.

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"On attend un violoniste.

Je demande à l'accordéoniste comment il joue.

"C'est simple, quand il prend son violon, il fait pleurer les murs."

"Le lion de Dieu

Au XIIIème siècle persan, les grands maîtres soufis passaient pour être capables d'apprivoiser les fauves. "Il porte mon fardeau", disait Rumi en montrant un lion au dos effectivement chargé de bois mort comme un âne. Zarathoustra vécut entre un aigle et un lion. La liste serait longue des mystiques et des sages qui fraternisèrent avec les bêtes sauvages une fois parvenus sur les cimes de l'esprit. Saint Jérôme et son lion, saint François et son loup en sont des exemples fameux.

Alexandre Romanès, lui, commença par les fauves pour finir avec Dieu. Il inverse le processus mais le résultat est le même. Fils d'un dompteur gitan, il entre à dix-neuf ans pour la première fois dans la cage. "J'entendis alors, dira-t-il, un bruit énomre qui emplissait la salle. Je ne compris pas tout de suite d'où il venait. Puis je m'aperçus que c'était le bruit de mon coeur." Le bruit de son coeur, c'est lui que nous allons entendre dans ces pages.." (Lydie Dattas)

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"Un vieux Gitan :

"Dans un pays, rien n'est plus visible qu'une minorité."

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"Un gars dans un restaurant est intrigué par ma présence.

Il engage la conversation.

Il est sympathique et nous parlons très librement.

Il me demande ce que je fais dans la vie.

Je lui dis que je suis avec le petit cirque qui est à côté.

"Le cirque tzigane ? Mais alors vous êtes gitan.

- Oui.

- Dites-moi la vérité, vous les Gitans, vous êtes vraiement terribles comme on dit ?

- Oui, mais vous les gadgé, vous êtes beaucoup plus terribles que nous."

Le gars : "Comment ça ?

- Vous, vous avez inventé la colonisation, la prison, l'inquisition, la bombe atomique, l'ordinateur, les frontières...

- Arrêtez, je suis d'accord, on est plus terribles que vous."

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"En Espagne, les tigres de mon cousin Roland s'étaient échappés. On les retrouve tous, sauf un. Après quinze jours de recherche, on le retrouve dans une ferme à l'écart, tenue par une vieille femme. Quand on lui a demandé si elle n'avait pas eu peur du tigre, elle n'a rien compris. Elle trouvait qu'il mangeait beaucoup de poules et qu'il était bien gros, mais elle voulait le garder. Jamais, disait-elle, elle n'avait vu un chat aussi beau."

 

 

 

 

 

 

 

 

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