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François Mauriac, Le noeud de vipères (1932), Le Livre de Poche

Vieil avare qui veut se venger des siens en les déshéritant, Louis se justifie dans une sorte de confession qu’il destine à sa femme : elle le précède dans la mort. Dépossédé de sa haine et détaché de ses biens, cet anticlérical sera touché par la lumière in articulo mortis. Chronique d’une famille bordelaise entre l’affaire Dreyfus et le krach de Wall Street, Le Nœud de vipères offre les coups de théâtre, les surprises d’un vrai roman. La satire et la poésie y coexistent miraculeusement. C’est le chef-d’œuvre de Mauriac, et l’un des grands romans du xxe siècle. De la haine, de la colère, de l'aigreur : voilà tout le fiel dont dégouline le coeur du vieil homme qui meurt, et qui décrit celui-ci comme un "noeud de vipères [...] saturé de leur venin". Vingt-trois ans de haine silencieuse qui éclate dans la lettre qu'il laisse à sa famille : l'heure est venue de régler les comptes. D'accuser et de punir : vingt-trois ans plus tôt donc, il avait cru faire un mariage d'amour avec Isa, demoiselle Fondaudège, en même temps qu'il accédait enfin à la reconnaissance sociale. Mais très vite, Isa l'avait détrompé : elle avait épousé l'argent, et non l'homme. De là était née une haine permanente et indélébile : toute sa vie, il avait abominé chacun des membres de cette famille, jusqu'à ses propres enfants, qui le lui avaient bien rendu. Et à présent, il allait leur faire payer toutes ces années, en les privant de l'héritage sans lequel ils ne pourraient pas vivre. Récit d'une vengeance, récit d'une âme noire : Mauriac nous livre une fascinante autopsie du coeur humain. (source : Karla Manuele, Babelio)

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François Mauriac, né le 11 octobre1885 à Bordeaux et mort 1er septembre1970 à Paris, est un écrivain français. Lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française en 1926, il est élu membre de l'Académie française au fauteuil22 en 1933. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1952.

Texte c : François Mauriac, Le Noeud de vipères, partie I, chapitre 6, 1932

Dans ce roman, l’auteur brosse le portrait d’une bourgeoisie de province cupide et intéressée. Ce passage est extrait de la longue lettre que Louis, le personnage principal, adresse à son épouse.

"Voilà ce qui me reste : ce que j’ai gagné, au long de ces années affreuses, cet argent dont vous avez la folie de vouloir que je me dépouille. Ah ! l’idée même m’est insupportable que vous en jouissiez après ma mort. Je t’ai dit en commençant que mes dispositions avaient d’abord été prises pour qu’il ne vous en restât rien. Je t’ai laissé entendre que j’avais renoncé à cette vengeance… Mais c’était méconnaître ce mouvement de marée qui est celui de la haine dans mon cœur. Et tantôt elle s’éloigne, et je m’attendris… Puis elle revient, et ce flot bourbeux me recouvre.

Depuis aujourd’hui, depuis cette journée de Pâques, après cette offensive pour me dépouiller, au profit de votre Phili1, et lorsque j’ai revu, au complet, cette meute familiale assise en rond devant la porte et m’épiant, je suis obsédé par la vision des partages, — de ces partages qui vous jetteront les uns contre les autres : car vous vous battrez comme des chiens autour de mes terres, autour de mes titres. Les terres seront à vous, mais les titres n’existent plus. Ceux dont je te parlais, à la première page de cette lettre, je les ai vendus, la semaine dernière, au plus haut : depuis, ils baissent chaque jour. Tous les bateaux sombrent, dès que je les abandonne ; je ne me trompe jamais. Les millions liquides, vous les aurez aussi, vous les aurez si j’y consens. Il y a des jours où je décide que vous n’en retrouverez pas un centime…

J’entends votre troupeau chuchotant qui monte l’escalier. Vous vous arrêtez ; vous parlez sans crainte que je m’éveille (il est entendu que je suis sourd) ; je vois sous la porte la lueur de vos bougies. Je reconnais le fausset2 de Phili (on dirait qu’il mue encore) et soudain des rires étouffés, les gloussements des jeunes femmes. Tu les grondes ; tu vas leur dire : « Je vous assure qu’il ne dort pas… ». Tu t’approches de ma porte ; tu écoutes ; tu regardes par la serrure : ma lampe me dénonce. Tu reviens vers la meute ; tu dois leur souffler : « Il veille encore, il vous écoute… ».

Ils s’éloignent sur leurs pointes. Les marches de l’escalier craquent ; une à une, les portes se ferment. Dans la nuit de Pâques, la maison est chargée de couples. Et moi, je pourrais être le tronc vivant de ces jeunes rameaux. La plupart des pères sont aimés. Tu étais mon ennemie et mes enfants sont passés à l’ennemi. (François Mauriac, Le Nœud de vipères, partie I, chap. 6, 1932)

1 Époux de la petite-fille de Louis qui a besoin d’argent pour ses affaires.

2 Voix de fausset, voix aiguë.

Travail préparatoire au commentaire :

L' oeuvre et l'auteur :

Le Nœud de vipères est un roman de François Mauriac paru en 1932.

Le genre du texte :

Il s'agit d'un extrait de roman réaliste sous forme de lettre (confession épistolaire)

De quoi est-il question dans ce passage ?

Louis, le héros principal du roman, exprime dans cette lettre à sa femme, écrite à l'article de la mort, son ressentiment envers elle et envers ses enfants.

Les registres :

argumentatif : Louis cherche à se venger à travers cette lettre des motifs de ressentiment qu'il a accumulés envers sa famille : sa femme qui ne l'a épousé que pour son argent, ses enfants qui ne l'aiment pas et ne pensent qu'à son héritage.

pathétique : cet extrait témoigne de la solitude du personnage, seul contre tous et de son besoin d'amour frustré.

Le point de vue narratif :

1ère personne du singulier, point de vue interne. L'énoncé est ancré dans la situation d'énonciation

Le schéma actanciel :

Axe du savoir : Louis a pris conscience que sa femme ne l'a épousé que pour son argent et que ses enfants ne l'aiment pas et attendent qu'il meure pour hériter.

Axe du désir : Il est partagé entre deux désirs contradictoires, exprimés par la métaphore de la marée : le désir de pardonner et le désir de vengeance.

Axe du pouvoir : il a la possibilité de se venger en déshéritant ses proches. Il apparaît comme un père omniscient et omnipotent.

Le Plan du texte :

I. L'alternance de l'amour et de la haine

II. Le désir de vengeance

III. L'évocation de la "meute"

IV. La nostalgie de l'amour

Les types de textes :

Le texte comporte trois formes de texte : Louis s'adresse à sa femme au discours direct, il décrit sa famille, raconte la manière dont elle se comporte à son égard et la manière dont il a décidé de se venger.

Les champs lexicaux :

L'argent, les possessions, les biens : "gagné"," argent", "se dépouiller", "jouissiez", "dépouiller", "partages", "terres" (2 fois), "titres" (3 fois), "vendus", "au plus haut", "baissent", "millions liquides", "un centime"

La souffrance : "années affreuses", "ah !", "insupportable", "obsédé", "je pourrais", "aimés".

Le conflit : "vengeance", "haine", "offensive", "dépouiller", jetteront les uns contre les autres", "battrez", "comme des chiens", "ennemie", "ennemi"

La vengeance : "vengeance", "haine", "flot bourbeux", "pas un centime",

Les figures de style :

Métaphore filée : "Mais c'était méconnaître le mouvement de marée qui est celui de la haine dans mon coeur. Et tantôt elle s'éloigne, et je m'attendris... Puis elle revient, et ce flot bourbeux me recouvre."

Métaphore : "troupeau" : Louis compare sa famille à des animaux. Dépersonnalisation, totalité indistincte.

Comparaison : "vous vous battrez comme des chiens"

Ironie : "il est entendu que je suis sourd", "Je reconnais la voix de fausset de Phili (on dirait qu'il mue encore)" ; Louis suggère que Phii est un être immature, "et soudain les rires étouffés, les gloussements des jeunes femmes" : Louis compare les jeunes filles à des poules, animalisation, mysogynie, cynisme. Vision caricaturale. L'image que Louis se fait des membres de sa famille est déformée par le ressentiment.

Parabole : "Dans la nuit de Pâques, la maison est chargée de couples. Et moi je pourrais être le tronc vivant de ces jeunes rameaux." Allusion à la parabole évangélique du cep et des sarments.

Une parabole est un court récit allégorique, symbolique, de caractère familier, sous lequel se cache un enseignement moral ou religieux, que l'on trouve en particulier dans les livres saints et qui fut utilisé par le Christ dans sa prédication.

Référence : Jean chapitre 15 verset 5 : "Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.…" Cf. également Jean 13:21, Matthieu 15:16 et Paul, Epître aux Romains.

Les mots-clés :

"argent", "vengeance", "Pâques", "partages", "aimés", "ennemi(e)"

Les niveaux de langue :

Niveau courant/soutenu

Les temps et les modes et leurs valeurs d'aspect :

Présent de l'indicatif : présents de caractérisation (description) "ce qui me reste", "cet argent dont vous avez la folie...",  "l'idée même m'est insupportable", "ce mouvement de marée qui est celui de la haine dans mon coeur", "et tantôt elle s'éloigne, et je m'attendris... Puis elle revient et ce flot bourbeux me recouvre", "je suis obsédé par la vision des partages", "les titres n'existent plus", "depuis ils baissent chaque jour", "tous les bateaux sombrent, dès que je les abandonne", "je ne me trompe jamais", "il y a des jours où je décide", "J'entends votre troupeau, "qui monte l'escalier", "vous vous arrêtez", "vous parlez sans crainte", "il est entendu que je suis sourd", "je vois sous la porte la lueur de vos bougies", "Je reconnais le fausset de Phili", "tu les grondes", "tu vas leur dire" (futur proche), "Je vous assure qu'il ne dort pas" (présent d'énonciation), "tu t'approches de ma porte", "tu écoutes", tu regardes" par la serrure", "ma lampe me dénonce", "tu reviens vers la meute", "tu dois leur souffler", "il veille, il vous écoute", "ils s'éloignent sur leurs pointes", "les marches de l'escalier craquent", "les portes se ferment", "la maison est chargée de couples", "la plupart des pères sont aimés." (présent gnomique), 

Dans le troisième et le quatrième paragraphe ("j'entends votre troupeau..."), les présents ne sont pas des présents de narration, mais des présents de caractérisation : Louis évoque des événements qui se produisent au moment-même où il écrit.

Imparfait de l'indicatif : "ceux dont je te parlais", "tu étais mon ennemi", "c'était méconnaître"

Passé composé de l'indicatif :  "ce que j'ai gagné", "Je t'ai dit", "je t'ai laissé entendre", "j'ai revu", "je les ai vendus", "mes enfants sont passés à l'ennemi"

Plus-que-parfait de l'indicatif : "mes dispositions avaient été prises", "que j'avais renoncé à cette vengeance"

Futur de l'indicatif : "qui vous jetteront", "vous vous battrez", "les terres seront à vous", "Les millions liquides, vous les aurez aussi, vous les aurez si j'y consens", "vous n'en retrouverez pas un centime"

Présent du subjonctif : "que je me dépouille", "que vous en jouissiez après ma mort", "que je m'éveille",

Imparfait du subjonctif : "pour qu'il ne vous restât rien"

Présent du conditionnel : "on dirait qu'il mue encore", "je pourrais être le tronc vivant de ces jeunes rameaux"

Les connecteurs temporels, spatiaux et argumentatifs :

"au long de ces années affreuses", "en commençant", "d'abord", "Mais", "tantôt", "Puis", "et", "Depuis aujourd'hui", "depuis cette journée de Pâques", "après cette offensive", "lorsque j'ai revu", "car vous vous battrez", "mais les titres n'existent plus", "la semaine dernière", "depuis", "chaque jour", "dès que je les abandonne", "Il y a des jours", "et soudain", "Dans la nuit de Pâques", "Et moi", "et mes enfants sont passés à l'ennemi"

Les types de phrases :

Phrases déclaratives

Ponctuation expressive (interjection) : "Ah ! l'idée même m'est insupportable que vous en jouissiez après ma mort.

La structure des phrases :

Une proposition principale suivie de trois proposition relatives et d'une proposition subordonnée conjonctive

Une proposition principale suivie d'une proposition relative

Une proposition principale, suivie de deux propositions subordonnées conjontives

Une proposition principale suivie d'une proposition subordonnée conjonctive

Une proposition principale suivie d'une proposition subordonnée relative

Quatre propositions indépendantes coordonnées

Une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps suivie d'une propostion principale

Une proposition subordonnée relative

Trois  propositions indépendantes coordonnée

Une proposition subordonnée relative suivie d'une proposition principale

Une proposition indépendante

Une proposition principale suivie d'une proposition subordonnée conjonctive complément circonstancielle de temps.

Deux propositions indépendantes

Une proposition principale suivie d'une proposition subordonnée conjonctive complément circonstanciel de condition

Une proposition principale suivie d'une proposition subordonnée relative suivie d'une proposition subordonnée conjonctive

Une proposition principale suivie d'une proposition subordonnée relative

Une proposition indépendante

Une proposition principale suivie d'une proposition conjonctive

Une série six propositions indépendantes

Une proposition principale suivie d'une proposition subordonnée conjonctive

Une nouvelle série de 12 propositions indépendantes dont les deux dernières sont coordonnées

La syntaxe est relativement simple, généralement fondée sur la structure principale + subordonnée. On remarque également la présence d'un très grand nombre de phrases simples (propositions indépendantes) sans mots de liaison (asyndète)

L’asyndète, du grec α, a, privatif, σύν, sun (« ensemble ») et δειν, dein (« lier »), soit : « absence de liaison », est une figure de style fondée sur la suppression des liens logiques et des conjonctions dans une phrase, comme dans cette parole de Jules César : « Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu » Elle permet d'ajouter du rythme à une phrase, de créer une accumulation, ou encore de rapprocher des mots ou des sons de façon à en renforcer le contraste. L'asyndète est un type de parataxe qui peut s'apparenter également à une ellipse. En prose latine classique elle marque souvent une forte opposition. Très utilisée en poésie, notablement par Arthur Rimbaud, l'asyndète est également une figure de la narration et de l'essai.

Les modalisateurs (présence de l'auteur/narrateur dans le texte) :

"affreuses", "cet argent dont vous avez la folie de vouloir que je me dépouille", "Ah ! l'idée même m'est insupportable", "celui de la haine dans mon coeur", "je m'attendris", "flot bourbeux", "offensive", "me dépouiller", "meute familiale", "m'épiant", "comme des chiens", "je ne trompe jamais", "votre troupeau", "fausset de Phili", "gloussements", "ennemie", "ennemi"

Problématique : Comment s'exprime le conflit entre Louis et sa famille ?

Axes d'analyse :

I. Les sentiments de Louis vis-à-vis de sa famille

II. La solitude du personnage

III. La nostalgie de l'amour

Synthèse :

Le Noeud de vipère de François Mauriac (1932) se présente sous la forme d'une confession épistolaire.

Dans ce passage, Louis, le héros principal du roman, exprime son ressentiment  envers sa famille : sa femme qui ne l'a épousé que pour son argent, ses enfants qui ne l'aiment pas et ne pensent qu'à son héritage.

Cet extrait témoigne de la solitude du personnage, seul contre tous et de son besoin d'amour frustré.

Le texte est écrit à la 1ère personne du singulier, d'un point de vue interne. L'énoncé est ancré dans la situation d'énonciation

Louis est partagé entre deux désirs contradictoires, exprimés par la métaphore de la marée : le désir de pardonner et le désir de se venger en déshéritant ses proches.

Le texte comporte quatre parties :

I. L'alternance de l'amour et de la haine

II. Le désir de vengeance

III. L'évocation de la "meute"

IV. La nostalgie de l'amour

Louis s'adresse à sa femme au discours direct, il décrit sa famille, raconte la manière dont elle se comporte à son égard et la manière dont il a décidé de se venger.

Le personnage est d'abord en conflit avec lui-même. Pour exprimer ce conflit, le personnage a recours à la métaphore de la marée : "Mais c'était méconnaître ce mouvement de marée qui est celui de la haine dans mon coeur. Et tantôt elle s'éloigne et je m'attendris... Puis elle revient, et ce flot bourbeux me recouvre."

Cette alternance d'attendrissement et de haine dans laquelle la haine et le désir de vengance ont tendance à l'emporter, recouvre un conflit larvé avec sa femme, ses enfants et l'ensemble de sa famille.

Ces derniers sont également en conflit les uns avec les autres : "je suis obsédé par la vision des partages, de ces partages qui vous jetteront les uns contre les autres : car vous vous battrez comme des chiens autour de mes terres...". Ce conflit de tous contre tous est exprimé dans le titre du roman sous la forme d'une métaphore expressive : "Le noeud de vipère".

Louis apparaît comme un père malveillant, omniscient et tout-puissant qui a résolu de suspendre au-dessus de la tête de ses proches, telle une épée de Damoclès,  la menace de les déshériter.

La famille de Louis est à sa merci.  Elle dépend entièrement du "mouvement de marée" qui couvre et découvre alternativement son coeur.

A la fin de sa lettre, Louis exprime le regret que ses relations avec ses proches se soient à ce point dégradées : "Tu étais mon ennemie et mes enfants sont passés à l'ennemi.", ainsi que la nostalgie de relations familiales fondées sur l'amour et non sur la haine : "Et moi je pourrais être le tronc vivant de ces jeunes rameaux. La plupart des pères sont aimés."

Le conflit entre Louis et ses proches semble inexpiable et insoluble, mais Louis indique, à travers la référence finale à Pâques et à la parabole évangélique du cep et des sarments, qu'il  relève moins du destin ou du caractère que du péché et du refus de pardonner et de s'ouvrir à la grâce.

 

 

 

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