Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Afficher l'image d'origine

Don DeLillo (Cosmopolis) : "Ces révoltés, ces manifestants, ce ne sont pas les fossoyeurs du capitalisme, c'est le libre marché lui-même. Ces gens sont un fantasme créé par le marché. Ils n'existent pas en dehors du marché. Il n'y a nulle part où ils puissent aller pour être en dehors --il n'y a pas de dehors". "La culture de marché est totale, elle produit ses hommes et ses femmes. Ils sont nécessaires au système qu'ils méprisent. Ils lui procurent énergie et définition. Ils s'échangent sur les marchés mondiaux. C'est pour cela qu'ils existent, pour vivifier et perpétuer le système. (cité par René Gendre)

Pour paraphraser Sartre, le libéralisme est l’horizon indépassable de notre temps. le marché est partout et le spectacle qui en fait partie. Vous faites partie de la société de consommation et du spectacle, je fais partie de la société de consommation et du spectacle, "Nuit debout" fait le buzz dans les médias en expulsant Alain Finkielkraut  qui fait lui aussi partie de la société de consommation et du spectacle...

Les casseurs aussi font partie de la société de consommation et du spectacle... mais ils font voter les gens pour le FN, le deuxième Parti de France après celui des abtentionnistes, un Parti qui fait lui aussi partie de la société de consommation et du spectacle... un spectacle que l’on contemple (mais pour combien de temps encore ?) à travers un « plafond de verre ».

Mais faudrait quand même faire gaffe, parce qu’entre nous soit dit, si le plafond se brise, fini de rigoler ! Qui a  lu la fable de La Fontaine : « Les grenouilles qui demandent un roi » ? On ne lit plus La Fontaine de nos jours, on ne lit plus rien d’ailleurs... C'est dommage.

Vous verrez qu'on finira par regretter Flamby.

En attendant, on ne refera pas mai 68 : les accords de Grenelle et les "avancées sociétales"  pour une raison évidente, c’est qu’il n’y a plus de classe ouvrière - les ouvriers se sentent tellement trahis qu'ils votent à présent massivement pour le FN - et que la Révolution sexuelle a été faite pour le meilleur et pour le pire avec la légalisation de la pilule et de l’avortement sous Giscard d’Estaing, mais une immense classe moyenne, de plus en plus abêtie et puérile qui vient manger dans la main de l’Etat Providence.

Que veulent les gens ? Consommer, avoir de l'argent et ne pas trop se fatiguer. Et que disent les lycéens ? Qu'ils veulent de l'argent pour consommer et que dit la CGT et que disent les gens de "Nuit debout" ?...  qu’il n’y a pas assez d’Etat Providence et que Papa président ne s’occupe pas assez bien de ses nenfants (Papaouté ?)

Mais le problème c’est que l'Etat Providence est au bout du rouleau. Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre : le libéralisme et l’Etat Providence, parce que ce n’est pas l’Etat qui crée les richesses, mais les Entreprises. L’Etat ne sait faire que deux choses : augmenter les impôts et recruter des fonctionnaires, en résumé, créer des freins, mais pas créer des richesses.

Le problème aussi, c'est que la capitalisme crée aussi du chômage structurel. La solution, pour certains, serait de donner de l'argent à tout le monde, du début à la fin de la vie (le revenu à vie) et de laisser le travail et le salariat en option. Tout le monde aurait de quoi vivre et ceux qui auraient envie de travailler un peu plus d'argent. Après tout pourquoi pas ?

Mais si vous nationalisez les Entreprises, vous aboutissez au collectivisme, c’est-à-dire au partage de la misère (au moins, il n'y a pas d'envieux) et à la prise de pouvoir par une oligarchie - en URSS, on disait "Nomenklatura" -  qui s'arrange par faire taire les envieux en les envoyant dans des camps et au flicage généralisé. Il n’y aucune exception à ça.

C'est vrai qu'il y avait très peu de chômage dans les pays communistes, mais les gens étaient obligés d'accepter n'importe quel travail. Marx a des mots très durs vis-à-vis du  "Lumpenproletariat" (les "marginaux", les "punks à chiens", les toxicomanes, les SDF... de son époque) qu'il proposait ni plus ni moins de faire exterminer par "la partie saine du prolétariat".

Je reconnais que le libéralisme a beaucoup d'aspects désagréables (la publicité omniprésente, les gadgets, la stupidité ambiante, la confusion entre le désir et le besoin, le règne de l'argent...), mais les "marginaux" (dont je fais partie, d'une certaine manière) ou des gens (talentueux) comme Michel Houellebecq ou Frédéric Beigbeider qui vivent de la critique de la "société de consommation" ont une meilleure chance de survivre (je dis bien "survivre") que dans le "meilleur des mondes" alternatif.

"Comme la société du Moyen-Âge s'équilibrait sur Dieu ET sur le diable, ainsi la nôtre s'équilibre sur la consommation ET sur sa dénonciation. Encore autour du Diable pouvaient s'organiser des hérésies et des sectes de magie noire. Notre magie à nous est blanche, plus d'hérésie possible dans l'abondance. C'est la blancheur prophylactique d'une société saturée, d'une société sans vertige et sans Histoire, sans autre mythe qu'elle-même." (Jean Baudrillard, La société de consommation)

Seriza en Grèce : avouons qu’ils étaient plus nombreux sur l’Agora que "Nuit debout" sur la place de la République... Mais la comédie était écrite d’avance... Much ado about nothing... Oui, s’ils étaient sortis de l’Union européenne, ça aurait eu de la gueule, mais non. Tout ça pour ça... Finir par aller manger dans la main de la commission de Bruxelles. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre : les fonds structurels et l'indépendance.

... Comme Cohn-Bendit, comme Baroso (un ancien Mao recruté par l’ambassadeur des Etats-Unis de l'époque). Comme Lula au Brésil et comme Dilma Rouseff. Les gens feraient n'importe quoi pour de l'argent, sauf les saints, mais c'est une espèce en voie de disparition. L'argent est le nerf de la guerre. Comme dit Pascal Bruckner : "l'argent est une promesse qui cherche une sagesse."

Ceci dit, il y a encore des tas de choses intéressantes et vraiment utiles à faire : accueillir un réfugié chez soi (au lieu de se contenter de s’indigner), faire partie d’une association, apprendre à jouer du piano, lire Proust... A condition d'avoir quand même un peu d'argent, mais avec les impôts confiscatoires et le socialisme...

Mais franchement, aller chercher des solutions du côté du communisme, après tout ce que l'on devrait savoir sur l'Histoire du XXème siècle...

Partager cet article

Repost 0