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Et la lumière fut - Jacques Lusseyran - Folio

Jacques Lusseyran, Et la lumière fut, préface de Jacqueline Pardon, Gallimard, 2005

 

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Né en 1924 à Paris, Jacques Lusseyran devient aveugle à l'âge de huit ans. Au cours de la seconde Guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance et collabore au journal clandestin Défense de la France. Déporté en janvier 1944 à Buchenwald, il est libéré le 11 avril 1945. Il relate le récit de cette captivité dans Et la lumière fut et Le monde commence aujourd'hui. En 1955, il accepte un poste à l'université privée de Hollins College aux Etats-Unis, où il enseigne le français, avant de devenir titulaire de la chaire de littérature française à l'université de Hawaï. Médaillé de la Résistance et nommé chevalier de la Légion d'honneur, Jacques Lusseyran est mort dans un accident de voiture à l'âge de quarante-six ans.

Quatrième de couverture

"En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu’il est aveugle et n’a pas dix-huit ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald. Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d’un groupe de Russes et à sa connaissance de l’allemand qui lui permettra d’informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d’horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d’amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l’adversité."

Citations :

"Quant au courage, dont les adultes font un si grand mérite, il ne se présente pas à un enfant comme à nous. Pour un enfant, le courage est la chose la plus naturelle du monde, la chose à faire. Et à faire à chaque instant de la vie. Un enfant ne pense pas à l'avenir, ce qui le protège contre mille sottises et presque toutes les peurs. Il se fie au courant même des choses, et ce courant lui apporte à chaque instant le bonheur." (p.30)

"Je cherchais dans le sens où, avant l'accident, j'avais l'habitude de voir. Et cela faisait une peine, un manque, quelque chose comme un vide. Cela me donnait ce que les grandes personnes appellent le désespoir, je suppose." (p.32)

"Enfin un jour (et ce jour vint très vite), je m'aperçus que je regardais mal, tout simplement. Je faisais à peu près l'erreur qu'une personne qui changeait de lunettes ferait si elle ne s'habituait pas à accomoder d'une façon nouvelle. Au fond, je regardais trop loin, et je regardais trop vers l'extérieur. Ce fut beauccoup plus qu'une découverte : ce fut une révélation..." (p.32-33)

"Je découvrais dans le même instant la lumière et la joie. Et je puis dire sans hésiter que lumière et joie ne se sont jamais plus séparées dans mon expérience depuis lors. Je les ai eues ensemble, ou je les ai perdues ensemble." (p.34)

"Les voyants parlent toujours de la nuit de la cécité. de leur part, cela est bien naturel. Mais cette nui-là n'existe pas. A toutes les heures de ma vie consciente - et jusque dans mes rêves - je vivais dans une continuité lumineuse. (p.35)

"Je renaissais à la vie. Puisque ce n'était pas moi qui faisais la lumière, puisqu'elle me venait d'ailleurs, elle ne me quitterait plus jamais. Cela éclairait en moi. Et moi, je n'étais qu'un lieu de passage, un vestibule pour cette claté. Cela voyait en moi." (p.39)

""Si au lieu de me laisser porter par la confiance et de me jeter à travers les choses, j'hésitais, je calculais, si je pensais au mur, à la porte entrebâillée, à la clé dans la serrure, si je me disais que toutes ces choses étaient hostiles, allaient me cogner, me griffer, alors infailliblement je me cognais, je me blessais. La seule manière commode de me déplacer à travers la maison, le jardin ou la plage, était de n'y pas penser du tout ou d'y penser le moins possible. J'étais alors guidé, je circulais entre les obstacles comme on dit que les chauves-souris font. Ce que la perte de mes yeux n'avait pas su faire, la peur le faisait : elle me rendait aveugle." (p.39)

"(...) quand j'étais heureux et tranquille, quand j'allais vers les gens avec confiance, quand je pensais du bien d'eux, j'étais payé en lumière. Rien d'étonnant si j'ai aimé si tôt l'amitié et l'harmonie. Muni d'un tel instrument, qu'avais-je besoin de la morale ?" (p. 40)

En construction !

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