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Philippe Barthelet, Entretiens avec Gustave Thibon, Desclée de Brouwer Poche, 2016

(Réédition des Entretiens avec Gustave Thibon publiés à la Place Royale en 1988)

Table des matières :

I. Histoire, moeurs et politique - II. Prosateurs contemporains - III. Figures et rencontres - IV. Un monde découronné - V. Les poètes - VI. Poésie et métaphysique - VII. Nature et poésie - VIII. Poésie et traduction - IX. L'Allemagne - X. L'Espagne - XI. Croire - XII. La mémoire amnésique - Epilogue : l'art de l'harmonie - Oeuvres de Gustave Thibon

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Gustave Thibon (2 septembre 1903 à Saint-Marcel-d'Ardèche, France - 19 janvier 2001) est un philosophe français. En tant que philosophe-paysan, il a passé une grande partie de sa vie à Saint-Marcel-d'Ardèche. Très tôt féru de littérature malgré sa sortie de l'école à l'âge de treize ans, il fut marqué par les horreurs de la Première Guerre mondiale, d'où lui vint son rejet du patriotisme revanchard et de la démocratie. Sa jeunesse aventurière le mena à Londres, puis en Italie. Il effectua son service militaire en Afrique du Nord, mais revint définitivement dans son village à 23 ans. « Philosophe-paysan », catholique, monarchiste et autodidacte, il fut l'ami de la philosophe d'origine juive Simone Weil, qu'il recueillit dans sa ferme pendant la Seconde Guerre mondiale et dont il publia en 1947 La Pesanteur et la grâce. Il reçut en 2000 le Grand prix de philosophie de l'Académie française. (source : babelio)

Quatrième de couverture :

"L'oeuvre de Gustave Thibon (1903-2001) est immense. Il est temps de redécouvrir le sage, le métaphysicien et le poète. Ces entretiens, fruit d'un long compagnonnage, sont un "classique" qui nous introduisent dans l'intimité de sa pensée. Ils nous restituent surtout la voix d'un Thibon familier des vérités éternelles, citant inépuisablement des vers (de Victor Hugo, de Mistral, de Heine, ou de Lorca) ou évoquant les grandes figures qu'il a connues, de Lanza del Vasto à Jean Hugo et de Gabriel Marcel à Simone Weil qui fut, de son propre aveu, la rencontre de sa vie."

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Simone Weil (Simone Adolphine Weil est une philosophe, écrivain et militante politique française, sœur cadette du savant André Weil, née à Paris le 3 février 1909 et morte à Ashford (Angleterre) le 24 août 1943. Bien qu'elle n'ait jamais adhéré explicitement au christianisme (à cause de son rejet de l'orthodoxie), elle est reconnue et se considérait comme mystique chrétienne.

"Vous êtes français, s'émerveillait Simone Weil, comme on ne l'est plus depuis trois siècles." Telle est bien la merveille Thibon : qu'en des temps si contraires, un homme seul ait fait refleurir, et fructifier, tant de liberté et de génie. Liberté, car nul moins que lui ne fut l'homme des chapelles, des factions, des mots d'ordre ou des accointances ; aucune prudence de carrière ni même aucun souci de son oeuvre ne le retint jamais. Et génie, un mot bien turgescent que l'on emploiera par défaut, pour éviter authentique, par exemple, mot pire qui appartient aux notaires et aux faussaires, et parce qu'il signifie, avant et au-delà de toutes les comédies romantiques, le sens et la présence de l'originel. Après Maritain, qui l'avait dès 1932 envoyé en éclaireur sur les terres, inconnues des Français, de la philosophie et de la psychologie allemandes post-nietzschéennes, après Klages qu'il discuta magistralement, ce fut Gabriel Marcel qui reconnut son génie moraliste et le météore, dont l'apparition coïncida avec les pires heures de 1940 - son livre Diagnostics, qui regroupait des essais écrits durant les cinq années précédentes. Le livre fut reçu avec autant de surprise que d'admiration : Daniel Halévy, le compagnon de Péguy, retrouve en lui à sa stupeur des accents qu'il n'avait plus entendus depuis sa jeunesse ; Maurras, le vieux poète maudit, salue la postérité de Mistral en ce "plus attendu de nos jeunes soleils" ; Cingria salue de Suisse ce "tout grand bonhomme" ; T.S. Eliot voit pour ce qu'il est, merveille, "cet esprit de justesse et d'harmonie". On connaît bien l'"amitié stellaire" qui l'unira à Simone Weil, même si, à cause de ce qu'il en a dit lui-même, on oublie trop que la dette fut réciproque : on sait, parce qu'il n'a cessé de le dire, tout ce que Thibon doit à Simone Weil, mais on fait trop bon marché de tout ce que Simone Weil doit à Gustave Thibon.

Ces pages - trop rapides - survolent beaucoup de questions, de ces noms et de ces oeuvres envisagés à hauteur d'aigle. Sur douze chapitres (plus un épilogue) d'inégale étendue, quatre sont entièrement consacrés à la poésie - qui n'est guère absente des huit autres. Elle est le vrai fil d'or de ces Entretiens, comme elle l'était de la conversation de Gustave Thibon : "Je ne peux passer une journée sans me dire et redire des vers." Savoir par coeur c'est savoir ainsi, savoir par le coeur en laissant la voix du corps retrouver cette vox cordis des médiévaux, qui est le dialogue ininterrompu de l'âme avec elle-même. Gageure que de prétendre restituer par écrit ce qui est l'oralité même. Nous l'avons tentée cependant, en n'ayant d'autre ambition que d'inciter le lecteur à se reporter aux oeuvres d'un philosophe - ou plutôt d'un métaphysicien poète." (Philippe Barthelet)

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