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Sebastian Haffner, Considérations sur Hitler (Anmerkungen zu Hitler), traduit de l'allemand par Ole Hansen-Love avec la collaboration de Sylvie Taussig, préface de Jean Lopez, éditions PERRIN, collectio tempus, 2014 et 2016

Table des matières : Préface de Jean Lopez - 1. Vie - 2. Réalisations - 3. Succès - 4. Erreurs - 5. Fautes - 6. Crimes - 7. Trahison

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Sebastian Haffner est né à Berlin en 1907. Horrifié par le nazisme et réfugié à Londres, il collabore pendant vingt ans avec The Observer, avant de revenir en Allemagne (de l’Ouest) pour tenter de décrypter l’histoire contemporaine de son pays. Il est l’auteur d’une dizaine de livres, dont Souvenirs d’un Allemand (1914-1939), De Bismarck à Hitler et Allemagne, 1918.

Quatrième de couverture :

"A travers ce qui est sans doute l'étude la plus originale et la plus stimulante sur Hitler, Sebastian Haffner donne à comprendre l'action d'un homme qui a su séduire et entraîner dans le meurtre de masse une des sociétés les plus modernes de son temps. Le plan de l'ouvrage est inhabituel : Vie. réalisations. Succès. Erreurs. Fautes. Crimes. Trahison. Sept essais incisifs, surprenants, stimulants. Sept angles différents pour éclairer le phénomène Hitler. Un livre rare qui allie l'histoire populaire à la plus haute exigence intellectuelle.

Extrait de la préface de Jean Lopez :

Les Considérations sur Hitler paraissent (...) en 1978. C'est le meilleur livre de Sebastian Haffner, et son préféré. A soixante et onze ans, il rencontre son premier vrai succès d'édition, énorme, en Allemagne et à l'étranger. Quels sont les ingrédients de ce succès ?

L'écriture d'abord : concise, ramassée, truffée de formules-chocs, de rapprochements nouveaux. Haffner maîtrise toute la panoplie de la vulgarisation, ce vilain mot qui désigne, chez lui, la forme la plus haute de la transmission. La brièveté du propos, l'absence de notes reposent sur un parti pris pédagogique. A quoi bon ces énormes livres dont on se demande, une fois refermés, ce qu'ils vous ont laissé ? Aucune des trois grandes biographies en circulation (Fest, Toland, Kershaw) ne fait moins de mille pages, cinq fois le volume que voici. Haffner sacrifie l'érudition au questionnement. De ce fait, son livre tombe dans la catégorie des essais historiques.

La froideur du regard - la lumière froide évoquée plus haut - est un autre trait étonnant, d'autant plus qu'il n'existe pas, pour un Allemand en tout cas, de sujet plus chargé d'émotion que celui de Hitler. Parler de lui avec sobriété et distance quand vingt-cinq ans plus tôt les camps d'extermination fonctionnaient à capacité maximale, dans une société ouest-allemande où les anciens nazis étaient encore nombreux aux manettes, cela n'allait pas de soi. Haffner le résistant, l'Allemand en uniforme britannique, pouvait se le permettre, il était au-dessus de tout soupçon.

Inutile de chercher dans les pages qui suivent un portrait psychologique du Führer ; l'auteur range ce chapitre dans la catégorie des obligations d'historien dont il se dispense volontiers. Il le fait avec d'autant plus d'aise qu'il n'y pas, à ses yeux, d'Hitler privé. Cet homme-là n'a eu ni femme (si ce n'est quelques heures avant sa mort et pour la contraindre au suicide), ni enfant, ni ami, ni métier, seulement une vie hésitant entre politique et prophétisme. Et il importe peu de savoir ce qu'un prophète fait de ses soirées. Pas de psychologie, donc : ces Considérations ne sont pas un biographie.

Le plan de l'ouvrage est inhabituel. Vie. Réalisations. Succès. Erreurs. Fautes. Crimes. Trahison. Sept essais incisifs, surprenants, stimulants. sept angles différents pour éclairer le phénomène Hitler. Il n'y a pas ici de récit chronologique, mais un inventaire orienté par des catégories qui sont en réalité des questions, lesquelles appellent des réponses aussi claires qu'une ligne en bas d'un bilan comptable..."

(...) Voici cinq "axiomes haffnériens" qui nous semblent de première importance :

1. Hitler est un doctrinaire, un homme à idées fixes. ce qu'il a décidé l'est une fois pour toutes.

2. Hitler occupe la place centrale dans le Troisième Reich. Il en est la volonté agissante. Il n'a pas été une marionnette au service de tel ou tel groupe d'intérêts, théorie soutenue par les marxistes et par diverses sociologies. sans lui, pas de parti nazi, pas de guerre, pas d'extermination des juifs.

3. Hitler doit ses succès à la faiblesse de ses adversaires et à son étonnante capacité à la détecter.

4. Hitler a deux buts de guerre : conquérir la Russie et exterminer les juifs. Impossible de les séparer.

5. Si Hitler a pesé très lourd sur l'histoire, il n'est pas pour autant un "grand homme", comme Napoléon a pu l'être. Non seulement à cause de l'ampleur de ses crimes, mais du fait qu'il n'est pas un homme d'Etat.

 

 

 

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