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Matthew B. Crawford - Natacha Polony - Noël Mamère - Eugénie Bastié - Pierre-Yves Gomez - Jacques Julliard - Philippe Bihouix - Fabrice Hadjadj - Hélène Bonhomme

Articles :

Natacha Polony et Eugénie Bastié : "L'esprit de l'escargot" - Jacques Julliard : "La gauche est redevenu individualiste" - Philippe Bihouix : "Zéro pointé pour l'école 2.0" - Yann Raison : "Mais où sont rangés les catholiques ?" - Patrice de Plunkett : "Des encycliques et des claques" - Frédéric Taddéï : "L'interrogatoire vraiment Limite" - David Graeber : "Les travailleurs de l'amer" - Jean Vioulac : "Robots, la grande machine à fric" - Vincent Aubin : "Tous prêtres ouvriers ?" - Ludivine Bénard : "Simone Weil : produire des objets sans détruire des hommes" - Pierre-Yves Gomez : "Il faut une alternative au récit néolibéral" - Matthew B. Crawford : "Seules les traditions peuvent résister à la puissance du marché" - Joseph Thouvenel : "Le fruit de la ruine et du travail des autres"

"Limite", c'est quoi ?

"Limite est la première revue d'écologie intégrale. Dirigée par une jeune équipe d'auteurs de sensibilités variées, elle veut contribuer à faire bouger les lignes pour briser les clivages artificiels. Revue trimestrielle, Limite aborde tous les sujets qui interpellent, notamment à travers de longs dossiers. Après la démographie, la mondialisation, l'urgence de la conversion écologique, le numéro 4 abordera la question du travail. Parmi les sujets à venir : l'école, sexe et capital, démocratie directe...

Préférant les sujets de fond aux querelles de personnes et aux échanges de slogans, Limite continuera à faire de la politique autrement, même et surtout en année électorale. Après un an d'existence, Limite semble combler un vide dans le paysage médiatique contemporain : une revue écologiste, qui ne dédaigne rien de ce qui concerne l'humain et propose une approche intégrale des défis de l'avenir comme du présent. Beaucoup de questions quant à la mise en pratique de l'écologie intégrale restent en suspens. C'est pourquoi la revue veut continuer, s'enraciner dans le temps, pour pouvoir éveiller les consciences à l'urgence écologique."

L'Edito de la rédaction

A la limite - Ce qui nous travaille

"Etendre les limites de l'empire des hommes sur la nature entière pour exécuter tout ce qui est possible" : tel est le but avoué dans la Nouvelle Atlantide, utopie imaginée par Francis Bacon en 1624. Quatre cents ans plus tard, on en est toujours là : des OGM aux PMA, du cyborg au nucléaire, nous n'avons de cesse de soumettre la nature à nos fantasmes, quelles qu'en soient les conséquences sociales ou environnementales. Notre idée du progrès n'est qu'affaire de puissance, et de puissance technique, indéfiniment accrue. Comme si le monde n'était qu'une masse informe à exploiter. Comme si, au fond, le bonheur n'était pas là, à portée de main, mais ailleurs - toujours plus loin - accessible à ceux seuls qui s'adaptent et se battent. Aux winners, flexibles, malléables compétitifs. Malheurs aux lents, mort aux retardataires ! Honte aux demeurés qui préfèrent leurs enclos à l'univers, les repères du familier aux vestiges de l'inconnu !

Obsolescence, destruction "créatrice" et panique identitaire : le changement est à ce prix. "Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne", entendait-on en 1830. "Adaptez-vous aux évolutions du marché globalisé", nous répète-t-on depuis. Que voulez-vous, rien n'est gratuit : il faut bien rentabiliser la production pour récompenser les actionnaires, quitte à ruiner les concurrents. Car aux jeux olympiques du PIB, il ne suffit pas de participer. Tous les coups sont permis : il faut vaincre pour vivre, vivre pour vaincre. Le spectateur, quant à lui, a le choix : payer ou disparaître, consommer ou crever.

Depuis maintenant plus d'un an, Limite combat pied à pied cette frénésie destructrice. Non par amour du passé, non par peur de l'avenir, mais parce que cette fuite en avant n'est qu'une course au néant. Car en exaltant la toute-puissance technologique, ce sont nos propres conditions d'existence que nous menaçons. On peut faire taire les réfractaires, culpabiliser les peuples de vivre à leur façon, on se heurtera toujours au mur des faits : tout ce qui est imaginable n'est pas possible et tout ce qui est possible n'est pas souhaitable. La GPA ne sera jamais éthique, le capitalisme durable ou la réalité virtuelle. Répandre ces fables, c'est contribuer à transformer l'incroyable créativité humaine en grossière machine à fric. Comment s'étonner dès lors que le travail perdu du sens, individuellement et collectivement ? Et qu'à la fierté de l'oeuvre accomplie se substitue si souvent l'absurdité d'emplois pour ainsi dire fictifs ? Métro, boulot, conso : jusqu'ici tout va bien - combien de temps encore ? Car ce ne sont plus seulement les travailleurs qui risquent le burn out, mais nos sociétés, et la planète elle-même.

Face à ces défis, Limite engage sa jeunesse. Votre revue s'étoffe pour mieux faire entendre la voix de l'écologie intégrale dans le débat public. Avec des recrues de choix, une maquette remaniée et des pages en plus, nous continuerons à tracer la piste de la décroissance active et des pages en plus, nous continuerons à tracer la piste d'une décroissance active et conviviale dans la jungle médiatique. Mais pour que notre travail puisse porter du fruit, nous avons besoin de votre soutien. Nos moyens sont modestes : vous êtes nos meilleurs relais et nos seuls investisseurs ! Abonne-toi et le ciel t'aidera."

 

 


 

 

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