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Eliette Abécassis, Un secret du docteur Freud, roman, Flammarion, 2014 et en livre de Poche dans la collection "J'ai Lu"

Eliette Abecassis est l'auteur de plusieurs romans à succès dont Qumram, Un heureux événement, Sépharade (prix Benveniste 2010), La répudiée, Le trésor du temple et Le palimpseste d'Archimède

"Vienne, mars 1938. Sigmund Freud a convoqué la Société psychanalytique pour une session extraordinaire. Élèves et disciples sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois. Il n'y a plus d'autre choix : il faut fuir l'Autriche. Mais lui, pourquoi reste-t-il, malgré l'invasion des nazis ? Quel secret renferme la lettre retrouvée par son fils ? Comment Marie Bonaparte parviendra-t-elle à le convaincre de partir ? Qui est le mystérieux Anton Sauerwald ? Aux heures les plus sombres de l'Histoire, ce roman passionnant offre une nouvelle vision du père de la psychanalyse."  (source : babelio)

Citation :

"Il grattait sur le papier ce qu'il voulait graver dans son coeur, et de son corps, ses mains refermées autour de sa plume, il transcrivait des pensées qui lui étaient révélées alors même qu'il les écrivait ; car ainsi naît l'idée. Ecrire lui permettait d'aimer, de réfléchir et de vivre. C'était une forme de travail intellectuel et une forme de plaisir aussi, qui n'avait pas le caractère éphémère des joies corporelles, mais qui était transcendé par la satisfaction d'avoir réalisé une oeuvre : une béatitude." (p.119)

Mon avis sur le roman :

Mêlant le vrai et le vraisemblable, Eliette Abécassis reconstitue l'atmosphère oppressante de la capitale autrichienne après l'annexion du pays par les nazis.

On admire le courage et la dignité d'Anna, la fille de Freud, face à la Gestapo et les trésors d'énergie et d'inventivité déployés par la princesse Marie Bonaparte, patiente et disciple de Freud et fidèle entre les fidèles, pour sauver le fondateur de la psychanalyse qui refuse obstinément de quitter Vienne et pour mettre à l'abri ses papiers et ses objets d'art.

On suit les états d'âme d'un personnage méconnu, qui a réellement existé et qui a fait l'objet d'un livre de David Cohen : The escape of Sigmund Freud. Il s'agit d'Anton Sauerwald, nazi et antisémite convaincu, ancien étudiant en médecine, en chimie et en droit, élève du professeur Josef Herzig, qui fut un proche de Freud. Il fut chargé par les nazis d'anéantir Freud et ses proches et de discréditer la "science juive" en prouvant l'existence de virements bancaires à l'étranger, ce qui était passible de la peine de mort pour les Juifs. Séduit par la lecture de Freud et libéré par le "Sherlock Holmes de l'inconscient" - aux dires d' Eliette Abecassis - d'un traumatisme d'enfance refoulé, Sauerwald finira par retourner sa veste et  par unir ses efforts à ceux de Marie Bonaparte pour aider Freud et sa fille Anna, à s'évader par l'Orient-Express vers la France où il se repose pendant quelques jours dans la propriété de la princesse, à Saint-Cloud, puis en avion vers l'Angleterre où il passe la dernière année de sa vie dans sa maison de Londres à Hampstead, où il meurt le 23 septembre 1939, à 3 heures du matin, à l'âge de 83 ans.

On attend impatiemment la révélation du fameux "secret", un secret caché dans la correspondance entre Sigmund Freud et Wilhelm Fliess qui a trait à l'un des points les plus controversés de la théorie freudienne et que connaissent les lecteurs du Sacrifice interdit de Marie Balmary... Je n'en dis pas plus !

Un très beau roman sur l'écriture, l'amitié et les mystères de l'âme humaine.

 

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