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Objet d'étude : Le texte théâtral et sa représentation du XVIIème siècle à nos jours

Texte A - Molière, Le Bourgeois gentilhomme, V, 5, 1670

texte B - Marcel Pagnol, Marius, 1929

Texte C - Henry de Montherlant, La reine morte, Acte I, tableau I, scène 3, 1942

Texte D - Marie N'Diaye, Papa doit manger, 2003

Ces quatre extraits de pièces de théâtre mettent en scène les relations entre les parents et les enfants. Le premier, extrait du Bourgeois Gentilhomme de Molière (1670), campe trois personnages : Monsieur Jourdain, sa fille Lucile et le fiancé qu'il lui destine. ; le second est un extrait d'une pièce de Marcel Pagnol (1929), Marius, avec un père, César, patron de café sur le port de Marseille et son fils Marius. Le troisième texte est un extrait de La Reine Morte d'Henry de Montherlant (1942), mettant en scène un père, Ferrante, roi du Portugal et son fils dom Pedro et le dernier est un extrait d'une pièce de Marie N'Diaye, Papa doit manger (2003), montrant un père (Papa) et sa fille (Mina).

L'extrait du Bourgeois Gentilhomme évoque les relations d'un père (Monsieur Jourdain) et de sa fille (Lucile), au XVIIème siècle, dans le contexte de la toute puissance paternelle. Monsieur Jourdain a choisi un mari pour sa fille Lucile et entend qu'elle lui obéisse, mais Lucile n'en veut pas. On assiste d'abord à une opposition frontale entre les deux personnages. Le sujet de la mésentente entre César et Marius semble beaucoup moins grave, presque risible : César voudrait que son fils s'intéresse davantage à son café, alors que Marius a d'autres idées en tête.

Marius n'est pas content de son fils et lui adresse des reproches au sujet de son manque d'implication et de sa maladresse. Il le traite de "mou", de "paresseux" et de "rêvasseur". Le roi Ferrante adresse, lui aussi, des reproches à son fils : Pedro a, selon lui, perdu depuis l'âge de treize ans le "génie de l'enfance" ; il lui exprime sa déception avec des mots très durs, voire insultants : "Vous étiez devenu médiocre et grossier". Il lui reproche de manquer de caractère et exprime sa satisfaction que son précepteur l'en ait "débarrassé" à partir de ses treize ans.

Dans l'extrait de Papa doit manger, Papa ne fait pas à proprement parler de reproches à sa fille ; il lui demande simplement d'ouvrir la porte.

Dans l'extrait du Bourgeois Gentilhomme, Lucile se montre rebelle et refuse l'autorité paternelle, mais elle se soumet à partir du moment où elle reconnaît, sous son déguisement, Cléonte, l'homme qu'elle aime, à la grande satisfaction de Monsieur Jourdain, qui ignore tout du stratagème destiné à le duper, Molière suggérant que les enfants ont le droit d'employer la ruse quand les parents abusent de leur autorité.

Marius n'accepte pas les reproches que lui fait son père et se moque gentiment de la leçon qu'il lui donne sur l'art d'être un parfait serveur ("Dans un verre, il n'y a que trois tiers... C'est de l'arithmétique"). Contrairement à Marius qui éclate de rire, Dom Pedro semble profondément blessé et manifeste sa tristesse.

Dans l'extrait de Papa doit manger, les deux personnages se réfèrent  à un troisième qui est absent : "Maman" : Mina explique à son père qu'elle risque d'être punie par sa mère si elle lui ouvre la porte. Alors que dans les autres textes, ce sont les parents qui font des reproches à leurs enfants : de ne pas obéir, de les avoir déçus d'une façon ou d'une autre, dans l'extrait de Papa doit manger, la situation est inversée : c'est la fille qui fait des reproches à son père : "Est-il juste qu'elle ne soit qu'une shampouineuse parmi les autres ?"

Des quatre extraits, c'est celui de La Reine morte qui semble le plus tragique : le père fait au fils des reproches qui portent sur des points fondamentaux : la faiblesse de caractère, l'absence d'ambition... Le fils demande à son père de lui pardonner, mais le lecteur a le sentiment que leur mésentente est irrémédiable.

Même si la situation dans l'extrait du Bourgeois Gentilhomme peut sembler tragique : un père qui veut obliger sa fille à se marier contre son gré, le lecteur ou le spectateur sait bien que la situation va évoluer favorablement car ce n'est qu'une farce.

Il en est de même des relations entre César et Marius qui tient davantage de la "galéjade" que d'un vrai conflit. Le lecteur ou le spectateur a le sentiment que les deux personnages éprouvent l'un pour l'autre de l'affection. En ce qui concerne l'extrait de Papa doit manger, ce n'est pas la fille qui est en conflit avec le père, mais la mère ; la fille se trouve prise en otage entre les deux. La cause de cette mésentente semble en passe d'être résolue, pour autant qu'il s'agisse d'une simple question d'argent : "Tu seras heureuse, enfant, car je suis ton père, je suis riche et je veux que Maman me reprenne. "Papa" invoque cependant, comme Monsieur Jourdain, l'autorité paternelle pour obliger sa fille à lui ouvrir, ce qui produit un certain malaise dans la mesure où il a cessé depuis un certain temps de jouer son rôle de père.

 

 

 

 

 

 

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