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Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, La Parole perdue
Frédéric Lenoir et Violette Cabessos, La Parole perdue, roman, Albin Michel, 2011
 
Violette Cabesos, passionnée d'histoire, est romancière, auteur d'un premier roman remarqué, Sang comme neige, et, précédemment, déjà co-auteur avec Frédéric Lenoir de La Promesse de l'ange.
 
Directeur du magazine Le Monde des religions, producteur et animateur sur France-Culture, Frédéric Lenoir est philosophe et chercheur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a écrit une trentaine d'ouvrages traduits en vingt-cinq langues et est l'auteur de plusieurs romans, publiés en Livre de Poche, qui ont été des best-sellers en France et à l'étranger.
 
Quatrième de couverture :

La basilique de Vézelay : une des plus anciennes églises dédiées à Marie-Madeleine, la pécheresse des Evangiles.
 
Dans ce haut lieu de la chrétienté, Johanna, archéologue médiéviste, tente d’établir la vérité sur les origines controversées du culte de la sainte. Mais la sérénité de la jeune femme est rapidement troublée par une série de meurtres sur le chantier d’un de ses collègues à Pompéi et l’étrange maladie de sa petite fille, qui semble inexplicablement liée à ces crimes.
 
Prête à tout pour la sauver, Johanna se lance alors dans une enquête périlleuse, dont la clé pourrait bien être l’un des plus grands secrets de l’humanité : la mystérieuse phrase tracée par Jésus sur le sable aux pieds de la femme adultère, la seule qu’il ait jamais écrite.

Dans la lignée de leur précédent succès, La Promesse de l’ange, Violette Cabesos et Frédéric Lenoir nous entrainent dans un formidable thriller historique et métaphysique, éblouissant d’érudition, un jeu de piste archéologique où premiers temps de la chrétienté, Moyen-âge et temps présents se retrouvent confrontés à l’énigme de la parole divine.
 
Résumé :

Selon les évangiles apocryphes, Marie de Béthanie (Marie-Madeleine) aurait eu en sa possession les seuls mots jamais écrits par le Christ, tracés sur le sable devant la femme adultère, qui les aurait retranscrits avant de mourir.
Cette « parole perdue » sert de fil conducteur à ce gros roman, qui se déroule, en alternance, sur 3 périodes : La Rome de Néron, où une petite orpheline chrétienne recueille les précieuse paroles qu’elle mémorise sans les comprendre (c’est de l’araméen). Le Vézelay du XIe siècle, où un moine (autrefois bâtisseur de cathédrales) retrouve caché dans une statuette le testament de Marie de Béthanie. De nos jours à Vézelay et Pompéi, sur des chantiers d’archéologie.
Alors que Johanna (l’héroïne de La Promesse de l'ange) recherche dans les fondations de Vézelay les traces de la Madeleine, une série de meurtres éclate sur le chantier de son ami Tom à Pompéi. Au cours d’un week-end en Bourgogne, Tom offre à la fille de Johanna un denier d’argent qui semble être le déclencheur de terribles cauchemars, où l’enfant se retrouve dans la peau de la jeune chrétienne durant l’éruption du Vésuve…
Un formidable roman construit comme un puzzle dont les pièces s’imbriquent à la perfection, qui séduira autant les amateurs d’Histoire (documentation parfaite), que les passionnés d’histoire des religions et de thrillers métaphysiques. (source : babelio)
Citations :
"Et ils s'en allèrent chacun chez soi.
Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers.
Mais dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait. Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu d'eux, il disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?" Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre !" Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol. Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu. Alors, se redressant, Jésus lui dit:"Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ? Elle dit : "Personne, Seigneur." AlorsJésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus." (Evangile selon saint Jean, chapitre 8, versets 1 à 11)
" (...) Quoi qu'il en soit, Marie-Madeleine est un personnage attachant. Laquelle des trois est représentée dans cette sculpture, à ton avis ?
- Toutes, je pense, dit la médiéviste, puisque dès Grégoire le Grand, fin VIème, l'Eglise catholique romaine opère une fusion entre les trois personnages. Elle évoque à la fois Marie de Magdala, la femme que Jésus a libéré de sept démons et qui a témoigné, la première, du Christ ressuscité ; Marie de Béthanie, la soeur de Lazare et de Marthe, qui a oint Jésus avec un nard précieux, suscitant l'indignation des disciples ; et enfin une pécheresse anonyme mentionnée par Luc, peut-être une prostituée, qui verse également un vase de parfums sur les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux... D'où l'abondante chevelure qu'on prête toujours à Marie-Madeleine et les nombreuses représentations de la Madeleine "myrophore", c'est-à-dire portant un vase de parfum..."
Mon avis sur le roman :
On peut dire que ça commence fort, avec cette découverte d'un cadavre la nuit, dans un lupanar, parmi les ruines de Pompéi, par un archéologue suisse et une prostituée napolitaine...
On se retrouve ensuite alternativement à Vézelay, au XXIème siècle, en compagnie de Johanna, l'héroïne de La promesse de l'ange,  qui dirige désormais un chantier archéologique aux abords de la basilique et de sa fille Romane, atteinte d'une mystérieuse maladie... à Vézelay toujours, mais au début du Moyen-Âge, en compagnie d'un moine bâtisseur et sculpteur... à Rome, avant et après la mort de l'empereur Néron, puis à Pompéi, avant et pendant l'éruption du Vésuve avec Livia, une jeune chrétienne, détentrice d'un secret qui pourrait changer le destin du christianisme.
On se demande ce que ces personnages et ces histoires ont en commun et l'on se rend compte peu à peu qu'elles constituent les pièces d'un puzzle qui finissent par s'emboîter parfaitement.
Le lecteur finit par apprendre les causes de la maladie de Romane (c'est la dimension fantastique du roman), l'identité de l'assassin des archéologues du site de Pompéi et son mobile, celui de l'homme au chapeau noir qui sauve la vie de Romane, après un suspense haletant dans la basilique de Vézelay...
Le sommet du livre est la découverte, grâce aux dons extrasensoriels de Romane, d'une salle cachée sous la "villa du philosophe" à Pompéi, remplie de trésors inestimables...
Mais j'ai personnellement préféré le dialogue entre Livia et son maître, le philosophe stoïcien Javolenus sur les mérites comparés du stoïcisme et du christianisme.
Quant à la parole cachée, retrouvée grâce à Hildebert, le chat "psychopompe" (passeur des âmes) de Romane, elle sera traduite de l'araméen par le frère Pacifique, un vieux moine franciscain plein de sagesse qui estime que les temps ne sont pas encore venus et qui la gardera pour lui.
Il y a des passages bien mystérieux dans l'Evangile dont nous ne pourrons jamais épuiser le sens et je ne pense pas qu'il faille chercher à tout prix les mots (était-ce des mots ?) que le Christ a bien pu tracer avec son doigt sur le sol.
Les chrétiens n'adhèrent pas à un message oral ou écrit, mais à une personne.
Le sens ne réside pas dans l'inscription proprement dite, mais dans le geste lui-même qui invite les accusateurs de la femme adultère à descendre en eux-mêmes et à ne pas condamner.
De toutes façons, on ne voit pas bien quelles autres paroles que "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" qui résume, comme le dit le Christ toute la Torah et tous les prophètes pourrait bien changer le destin du christianisme (et du monde), si elle était vraiment mise en pratique... Et on sait à quel point elle ne l'est pas.
On a beau se creuser la cervelle, on ne voit pas autre chose. Si, peut-être : "Les églises sont des prisons". Mais alors, pourquoi en avoir fondé une ? - C'est évidemment la dimension "gnostique" (le salut par la connaissance) du roman, si fascinante dans cette époque avide de "sensationnel" et toujours déçue par les révélations (c'est sans doute pourquoi il n'y en a pas)...
Sachons faire la part des choses, sans bouder pour autant notre plaisir.
 
 
 
 
 


 

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