Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

John Grisham, L'ombre de Gray mountain
John Grisham, L'ombre de Gray mountain

John Grisham, L'ombre de Gray mountain (Gray Mountain), roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert, JC Lattès, 2015

John Grisham, né 8 février1955 à Jonesboro, dans l'Arkansas, est un écrivain américain, auteur de plusieurs romans policiers qui appartiennent au sous-genre du roman judiciaire, de récits qui décrivent le Sud rural des États-Unis et d'ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse. Il est surtout connu pour ses romans qui ont été portés à l'écran, notamment La Firme (avec Tom Cruise et Gene Hackman), L'Affaire Pélican (avec Julia Roberts), L'Idéaliste (de Francis Ford Coppola, avec Claire Danes et Matt Damon), Le Client (avec Susan Sarandon et Tommy Lee Jones), Le Droit de tuer ? (A Time to Kill avec Matthew McConaughey et Samuel L. Jackson), Le Maître du jeu (avec Dustin Hoffman et Gene Hackman).

Résumé de l'intrigue :

"New York, 2008. La récession frappe. Samantha Kofer est congédiée du jour au lendemain du grand cabinet d'avocats de Wall Street où elle exerce. Si elle accepte de travailler gratuitement pendant un an dans un centre d'aide juridique, elle pourra peut-être réintégrer sa place. Samantha s'installe alors à Brady, une petite cité minière au coeur des Appalaches. Mattie Wyatt, la directrice du centre, lui montre comment aider les "vrais gens avec de vrais problèmes". Pour la première fois, Samantha prépare un procès, rencontre la violence des salles d'audience, reçoit des menaces. Et elle découvre que Brady, sous la coupe des compagnie minières, cache de lourds secrets. Le danger est partout.

"Le premier thriller écolo du maître du genre. Déforestation, attaque de la montagne à l'explosif, glissements de terrain, pollution des rivières, cancers des habitants forment la trame d'une intrigue meurtrière." (Macha Séry, Le Monde)

Citation :

" - Vous aimez les procès ?

- Ca peut paraître bizarre, je sais, mais je ne connais pas grand chose aux tribunaux. Je les ai toujours évités comme la peste.

- Moi, je les adore. C'est le seul endroit où les petits peuvent faire jeu égal avec les gros. Une personne n'ayant rien, ni argent, ni pouvoir, rien d'autre que des faits et de la détermination peut intenter un procès et contraindre une compagnie pesant un milliard de dollars à se présenter devant lui et à répondre de ses actes..."

Mon avis sur le livre :

Les visiteurs de ce blog sont peut-être étonnés par l'éclectisme des sujets abordés : philosophie, littérature, poésie, cinéma, thrillers, romans policiers... Il y a en a pour tous les goûts...

Au risque de choquer, j'affirme que les "petites cellules grises" peuvent tirer un aussi grand profit d'un bon roman policier (La croix bleue de Chesterton, Le Vallon d'Agatha Christie, Trois cercueils se refermeront de John Dickson Carr...) que d'un dialogue de Platon...

Cette idée ne plaira pas à tout le monde, notamment aux "spécialistes", comme ce collègue qui me reprochait d'avoir évoqué en classe le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley (l'un des premiers à avoir posé la question du "transhumanisme") au lieu de me borner à des "considérations inactuelles" sur Descartes ou sur Kant...

Surtout ne pas parler de problèmes qui pourraient nous concerner ou même de montrer que Kant ou Descartes ont encore quelque chose à dire aux hommes d'aujourd'hui ! Comme du temps de Nietzsche, on continue à confondre philosophie et philologie.

Les cours de philosophie seraient peut-être plus intéressants s'ils ne se réduisaient pas à des cours d'histoire de la philosophie (dont je ne nie pas l'importance) et pourraient aider les générations futures à comprendre que les crises financières, les catastrophes écologiques, le racisme, les injustices sociales, la loi du profit, l'écrasement des faibles ou la victoire du populisme ne sont pas inéluctables...

On peut toujours rêver, n'est-ce pas ?

L'une des caractéristiques de la philologie est le cloisonnement. Les artistes, les poètes, les auteurs de romans policiers et d'ouvrages de science-fiction, sans parler des musiciens qui ignorent, comme chacun sait, la noblesse des "concepts", n'ont rien à apprendre aux philosophes. C'est du moins ce que pensent un certain nombre de philosophes.

Mais ces penseurs en chambre feraient bien de redescendre de temps en temps sur terre et de lire John Grisham, histoire de se faire une idée de la vraie vie.

Grisham montre que dans la vraie vie, les choses ne sont pas aussi simples que dans le monde des idées pures. Il n'y a pas d'un côté les gentils avocats écologistes et de l'autre les méchantes sociétés minières, mais des intérêts contradictoires et légitimes, comme la hantise du chômage et une évaluation à faire, non pas entre le bien et le mal, mais entre deux biens : un bien inférieur et un bien supérieur et la nécessité (politique) de résoudre un dilemme en limitant des maux extrêmes, ce qu'a d'ailleurs fait l'administration Obama, au grand dam de certains qui préfèrent Trump.
 

 

Partager cet article

Repost 0