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J.M. Erre, Le mystère Sherlock
J.M. Erre, Le mystère Sherlock

J.M. Erre, Le mystère Sherlock, Buchet Castel, 2012

Né en 1971 à Perpignan, J.M. Erre est professeur de français à Sète et vit à Montpellier. Il a publié cinq romans aux éditions Buchet/Chastel : Prenez soin du chien (2006), Made in China (2008), Série Z (2010), Le mystère de Sherlock (2012) et La fin du monde a du retard (2014). Son humour frisant l'absurde, où le comique de langage côtoie le comique de situation, fait de ses ouvrages une curiosité dans le paysage littéraire français.

"Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l’accès à l’hôtel Baker Street. Cet hôtel, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d’une avalanche. Personne n’imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans les frigidaires, reposent les cadavres de dix universitaires.

Tous sont venus là, invités par l’éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d’holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer…

Pour lutter contre la déprime ambiante, Le Mystère Sherlock est idéal. Les dix amateurs de Holmes, comme beaucoup de passionnés, sont de gentils farfelus. Ajoutez à cela qu’ils sont universitaires, et que l’auteur, qui connaît bien son monde, fait de ce microcosme un portrait fidèle et décapant.

Hommage décalé à Sherlock Holmes et à Agatha Christie, cette histoire de "chambre close" amènera aussi le lecteur, dans une perspective ludique, à s’intéresser au pouvoir de la fiction sur le réel." (source : babelio)

"Je propose d'appeler "complexe de Holmes" la relation passionnelle conduisant certains créateurs ou certains lecteurs à donner vie à des personnages de fiction et à nouer avec eux des liens d'amour ou de destruction." (Pierre Bayard, L'Affaire du chien des Baskerville)

"Un trait de ceractère semble trop souvent oublié par les commentateurs holmésiens : Holmes est un homme d'humour. Au cours des affaires rapportées par le canon, Holmes sourit à cent trois reprises, rit soixante-cinq fois, glousse trente et une fois, émet cinquante-huit plaisanteries et cinquante-neuf mots d'esprit." (A.F. Ruaud et X. Mauméjean, Sherlock Holmes, une vie)

Canon : On désigne habituellement par « Canon de Sherlock Holmes » ou « Canon holmésien » l'ensemble des quatre romans et des cinquante-six nouvelles écrites par Arthur Conan Doyle, mettant en scène le détective Sherlock Holmes. L'utilisation du terme « canon » permet ainsi de distinguer l'œuvre originale de Conan Doyle par rapport aux nombreux travaux d'autres auteurs ayant réutilisé le même personnage (« œuvres apocryphes », notamment constituées de pastiches).

Sherlock Holmes pour les Nuls (extrait)

"H comme Holmésien : mammifère bibliophile vouant une passion à Sherlock Holmes. Les spécialistes - à l'université et à l'hôpital - distinguent plusieurs catégories d'holmésiens. Les niveaux 1 à 3 désignent les amateurs du détective anglais crée par Arthur Conan Doyle en 1887. Ils aiment à lire et à relire les quatre romans et cinquante-six nouvelles qui forment le "Canon" holmésien, scrutent la sortie en librairie des innombrables pastiches consacrés à Holmes, et ne rechignant pas à s'aventurer dans les enquêtes des concurrents, Hercule Poirot ou Harry Dickson. Pour résumer, mis à part une tendance un peu pénible à s'exclamer à tout propos "Elémentaire, mon cher Watson !", ils sont inoffensifs.

Les niveaux 4 à 6 correspondent à des holmésiens initiés. Pour ces adulateurs du Canon, la frontière entre la fiction et la réalité se trouble par moments. On se met à privilégier le texte original en anglais, on se lance dans des analyses textuels, on adhère à une "société holmésienne", on suit des colloques. Bref, on commence à fatiguer ses proches.

Enfin, les holmésiens de niveaux 7 à 10 forment une caste à part. Pour eux les choses sont claires : Sherlock Holmes a bel et bien existé et Conan Doyle n'était que l'agent littéraire du docteur Watson, biographe du détective londonien. A ce stade, la fiction n'existe plus, les écrits de Watson sont paroles d'Evangile, l'étude des textes sacrés devient le centre de toutes les préoccupations, on s'attaque à des énigmes métaphysiques fondamentales comme la date de naissance de Holmes ou le nombre de mariages de Watson.

Et, dans le meilleur des cas, on essaye de prendre ses pilules tous les matins.

Extrait de l'incipit :

"Mardi, Hôtel Baker Street, Suisse

En ce joli mois de mai, la neige était tombée dru, juste pour énerver le réchauffement climatique. dans la vallée suisse de Meiringen, dame Nature avait revêtu son blanc manteau. Sur le voile immaculé, saupoudré çà et là de fleurettes hardies, des marmottons pelucheux batifolaient gaiement. Des mésanges nonnettes enrobaient la scène de pépiements sucrés, de violons et de hautbois. Le temps était suspendu, bien sûr. Il ne manquait plus que le Père Noêl accompagné de sa tribu de lutins, et c'était l'extase cosmique. Tous les clichés étaient convoqués pour faire de cette scène un moment inoubliable de beauté, de pureté et de Walt Disney. Mais heureusement pour l'amateur de polar, friand de sang chaud et de frissons d'échine, tout ça ne dura pas..."

 

 

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