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Le piège

Comme prévu, ils nous refont le coup de 2002 : chacun est sommé de choisir au deuxième tour entre l'accroissement des inégalités, l'austérité, le matraquage fiscal des classes moyennes, la mondialisation sans frontières, la disparition de la France au sein d'un Empire supra-national dirigé par l'Allemagne, la fin des acquis sociaux, la dictature des technocrates de Bruxelles... Bref la même politique qui a été menée par François Hollande depuis 5 ans  et les "heures les plus sombres de notre histoire".

J'écoutais Europe I, hier soir, en rentrant de Paris et tous, absolument tous (sauf Jean-Luc Mélanchon) de Daniel Cohn-Bendit à François Fillon, appelaient à voter pour Emmanuel Macron, officiellement pour "faire barrage à Marine Le Pen" et officieusement pour pouvoir continuer d'aller à la soupe au "troisième tour".

Donc le "piège à cons" de 2002 : le duel Chirac - Le Pen au 2ème tour va refonctionner comme prévu : ce sera  Emmanuel Macron, la marionnette du système, avec un score de république bananière.

Le libéralisme est désormais, comme le disait Sartre à propos du communisme "l'horizon indépassable de notre temps", mais ne vous inquiétez pas, les riches vont peut-être se pencher, à leurs moments perdus, quoi qu'on ne voit pas très bien, politiquement parlant dans ce monde du "chacun pour soi" ce qui pourrait les y obliger, sur le sort des petits retraités, des chômeurs et des  "sans dents".

Comme disait le prince Salina dans Le Guépard : "Pour que rien ne change, il faut que tout ait l'air de changer." Tout est joué d'avance et on se demande bien pourquoi on se fatigue à aller voter et il  y en a de plus en plus qui se l'épargnent, la fatigue.

Je n'ai voté ni pour Emmanuel Macron, ni pour Marine Le Pen, mais me voilà sommé par les "grandes âmes" de me jeter dans les bras de Macron, sauf à renier mon grand-père juif et mon père résistant... Ah ! Si le Front national n'existait pas, il faudrait l'inventer !

Je pense qu'on a compris à présent (sauf les idiots utiles) à quoi servait le Front national et pourquoi on l'a favorisé (François Mitterrand durant son deuxième septennat).

Comme je n'ai à répondre que de moi-même, qu'il me reste une parcelle de dignité et d'esprit démocratique et que je n'ai envie de vivre ni en "macronie", ni de mariner dans l'inconnu, je crois que je vais aller à la pêche...

A moins que je ne vote Macron, non pas pour "faire barrage au fascisme" (je pense savoir ce que c'est que le vrai fascisme... mais aussi  que les chambres à gaz ont vraiment existé et ne sont pas un "détail" de l'histoire), mais pour ne pas contrarier la gentillesse un peu bêbête, la peur de blesser les autres, un obscur sentiment de culpabilité  et une incroyable faculté de subir qui fait le fond de mon caractère, comme celui de beaucoup de gens et qui fait qu'il est finalement et heureusement assez rare qu'on s'entretue dans les réunions de famille, bien que les trois-quarts des gens en aient envie et j'ai bien peur que ça n'ait pas grand chose à voir avec le vrai christianisme, mais davantage avec l'éducation bourgeoise, la tiédeur, voire une certaine lâcheté. Et puis quand on a pris l'habitude de se faire rouler dans la farine, on garde le pli...

Hélas, on achève bien les chevaux, mais pas les hommes, encore que... Emmanuel Macron : voilà un jeune homme plein de vie et de certitudes que ni l'aile de la mort, ni celle de la folie, tant mieux ou tant pis pour lui,  n'ont effleuré. Et c'est bien la véritable raison pour laquelle les gens votent pour lui... et pourquoi ils votent, et pourquoi "ils s'abstiennent" et pourquoi ils vont à la messe, et pourquoi ils n'y vont pas... et pourquoi ils achètent des smartphones et pourquoi ils parlent de politique comme de la pluie et du beau temps et pourquoi ils finissent par faire passer Macron... en tout cas pas pour son programme, mais pour sa "forme".

Mais j'emm... Daniel Cohn-Bendit, l'histrion opportuniste, l'idiot utile de la spéculation financière et de l'oligarchie européiste, pour qui j'ai crié comme un crétin, avec les autres crétins (le gauchiste, idiot utile du mondialisme décomplexé) : "Nous sommes tous des juifs allemands" (Ben non !) en mai 68.

Comme disait Charles Baudelaire, il faudrait ajouter deux articles à la constitution : le droit de se contredire et celui de s'en aller. Surtout celui de s'en aller.

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