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L'écart se resserre

J'ai écrit dans un précédent article que le piège  risquait de refonctionner comme en 2002 (le duel entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac) et que je redoutais pour la démocratie l'élection d'Emmanuel Macron avec un score de République bananière.

L'évolution de la situation et les discussions que j'ai avec les uns et les autres (électeurs de base de Jean-Luc Mélenchon et de François Fillon) m'ont fait changer d'avis (comme disait Edgar Faure, "ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent").

Si Emmanuel Macron devient président de la République, je ne suis plus du tout sûr que ce sera avec un score de "République bananière" et voici pourquoi :

1°) Jean-Luc Mélanchon, arrivé en troisième position,  a dit qu'il ne voterait pas pour Marine Le Pen, mais n'a pas dit s'il allait voter (et pour qui) ou s'abstenir  et, en tout état de cause,  n'a pas donné de consignes officielles de vote. Les électeurs de "La France insoumise" ne voteront pas ou peu pour Emmanuel Macron qu'ils ne considèrent pas comme un homme de gauche, mais comme "le candidat des banques et du système".

2°) François Fillon a appelé à voter pour Emmanuel Macron, mais les militants de base crient à la trahison et me disent qu'ils ne voteront pas pour celui qu'ils considèrent (à tort ou à raison) comme le responsable de l'assassinat politique de François Fillon et du Parti Républicain et qu'ils franchiront le Rubicon qui les sépare de Marine Le Pen.

3°) Le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen (4,70% des voix au premier tour) ; Dominique Jamet, le vice-président a démissionné, mais je ne suis pas sûr qu'il soit suivi au sein de "Debout la France".

4°) Le fait que Marine Le Pen ne fait plus de la sortie de l'euro un "préalable", le point de son programme qui faisait le plus peur aux électeurs.

5°) La coutume veut que les Français donnent au président de la République nouvellement élu une majorité à la Chambre. Les partisans de Jean-Luc Mélanchon et de François Fillon (et des prétendus "petits" candidats qui ont dit des choses très justes et très intéressantes) redoutent que  si Emmanuel Macron est élu président de la République, les Français ne portent majoritairement à la chambre les candidats d''En avant" (les centristes et les anciens socialistes recyclés) et que l'on continue pendant 5 ans "en avant", mais "comme avant".

Emmanuel Macron a d'ores et déjà prévenu qu'il repousserait dans les ténèbres extérieures tous ceux qui n'ont pas appelé à voter pour lui entre les deux tours.

François Fillon a appelé à voter Emmanuel Macron, mais on ne voit pas très bien ce qu'il y aura gagné, politiquement parlant, car il n'a pas fait d'alliance avec lui et les Républicains risquent de toutes façons de se retrouver en minorité au Parlement si c'est Macron qui passe.

Celui qui tire le mieux son épingle du jeu dans tout ce micmac, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est sûr d'avoir sa revanche au troisième tour (mais sans doute pas la majorité)

Le pari (dangereux, comme tous les paris) des "anti-Macron" (et particulièrement des Républicains) est actuellement le suivant :

a) Marine Le Pen Présidente  de la République

b) Elections législatives (3ème tour)

c) Le FN (ou un FN rebaptisé avant les législatives, par exemple "Harmonie française" ;-) n'obtient pas la majorité à la chambre

d) Cohabitation en début de mandat (avec qui ? That is the question). Ca serait assez drôle que Marine Le Pen soit obligée de prendre Jean-Luc Mélenchon comme premier ministre ! Mais le binôme Macron président, Mélenchon premier ministre semble plus probable, sauf si le centre et les socialistes recyclés font un carton plein et alors ce sera Bayrou, comme prévu au départ.

Toutefois, il  reste au moins deux inconnues :

a) Marine Le Pen a-t-elle des candidats suffisamment valables et nombreux à présenter aux législatives ?

b) Les Français voteront- ils pour des gens qu'ils ne connaissent pas pour la plupart ?

Arrêtons toutefois de nous exciter autour des élections présidentielles, comme si c'était la chose la plus importante du monde et n'oublions pas que le pouvoir réel se trouve :

  • politiquement à Bruxelles ;
  • économiquement à Berlin ;
  • financièrement à Francfort (siège de la BCE) ;
  • militairement à Washington, via la participation de la France à l'OTAN.
  • que le président de la république sera contraint de faire la volonté des banquiers et des dirigeants des transnationales et de servir les intérêts des investisseurs, des salles de marché et des fonds de pensions américains.

 

 

 

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