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Charles Sanders Peirce, Ecrits sur le signe
Charles Sanders Peirce, Ecrits sur le signe
Gérard Deledalle

Gérard Deledalle

Charles Sanders Peirce, Ecrits sur le signe, textes rassemblées, traduits et commentés par Gérard Deledalle avec une postface inédite de Matthias Girel dans la collection Points/Essais.

Gérard Deledalle, né le 17 octobre 1921 à Marcq-en-Barœul et mort le 12 juin 2003 est un philosophe français. Professeur émérite des Universités, il a enseigné dans diverses universités dont Tunis, Libreville et Perpignan. Traducteur de C.S. Peirce et de John Dewey, il a manifesté très tôt son intérêt pour le pragmatisme. Sa thèse, consacrée à la notion d'expérience dans l'œuvre de Dewey, est le premier travail d'importance sur cet auteur, dont il fut un temps l'assistant à Columbia University. Comme en témoigne sa bibliographie — ses livres, mais aussi ses traductions —, il n'a cessé d'œuvrer en faveur d'une philosophie qui, en dépit du succès de William James au début du xxe siècle, n'a jamais réellement bénéficié de la faveur des philosophes français, jusqu'à une époque plus récente, marquée par un regain d'intérêt pour les auteurs dont Gérard Deledalle avait saisi, le premier, toute l'importance.

Un petit conseil aux élèves et aux étudiants : commencez par lire le commentaire de Gérard Deledalle, p.239, ainsi que  la postface (inédite) de Mathias Girel, p.309,  dans la réédition des Ecrits sur le signe de Charles Sanders Peirce, textes rassemblés traduits et commentés par Gérard Deledalle, qui vient de paraître (avril 2017) aux Editions du Seuil, dans la collection Points essais.

Présentation de son commentaire par Gérard Deledalle :

"Le présent commentaire, je le qualifierai de minimal, en ce sens qu'il se tient constamment en-deçà de la pensée de Peirce, à qui la parole est ici donnée en France pour la première fois (en 1978). Il ne veut que servir la pensée de Peirce et non s'en servir, se refusant même le prétexte d'une présentation globale de cette pensée - ici restreinte à son apport sémiotique - pour tenter d'en dire la richesse, l'étendue et la profondeur. Il sera donc essentiellement d'élucidation - sans passer sous silence les polémiques que la lecture de Peirce a pu susciter. Il portera sur les thèses et les concepts majeurs de la théorie des catégories (I) et de la théorie des signes (II à VI), dont il dégagera en conclusion la métaphysique ou plus exactement l'une des métaphysiques possibles (VII)

Plan du commentaire : I. Les catégories phanéroscopiques - II. La sémiotique - III. Analyse triadique du signe - IV. Les trois trichotomies du signe - V. Les dix classes de signes - VI. Le dernier état de la sémiotique peircienne - VII. La métaphysique du signe -

Charles Sanders Peirce, fils du mathématicien Benjamin Peirce, naquit à Cambridge (Massachusetts) le  septembre 1839: Il fut éduqué par son père qui l'initia très tôt à la chimie, aux mathématiques, à la logique, à la philosophie de Kant et à cet art de l'analyse mentale qu'il prisait par-dessus tout. Pour que ses capacités analytiques ne fussent en rien inférieures dans le domaine sensoriel, Charles se mettra plus tard à l'école d'un sommelier français qui fera de lui un connaisseur de vins qui n'aura rien à envier à un dégustateur professionnel.

Diplômé de Harvard (B.A.), en 1859, Charles S. Pierce hésita d'abord sur le choix d'une carrière et finit par entrer au Service géodésique des Etats-Unis (United States Coast survey) en 1861. Il obtint en 1862 sa maîtrise (M.A.) de Harvard et en 1863 une licence de chimie summa cum laude. Il resta au Service Géodésique jusqu'en 1891. Il donna quelques conférences sur la logique qu'il enseigna de 1879 à 1884 à l'université Johns Hopkins.

Retiré à Milford (Pennsylvanie) en 1887, avec sa seconde femme, une Française, Juliette Annette Pourtalais qu'il avait épousé en 1883, il y vécut de sa plume, donnant des conférences et rédigeant des comptes-rendus pour des revues comme The Nation et des articles pour le Century Dictionary and Cyclopedia et le Dictionary of Philosophy and Psychology de James Mark Baldwin. Il mourut le 19 avril 1914. (Gérard Deledalle)

"Logicien et philosophe américain, Peirce est un pionnier de la pensée. S'il laissa à d'autres l'exploration des domaines qu'il conquit, il leur avait tracé la voie et préparé la tâche. Ses travaux sur les fondements des mathématiques en font un précurseur de Bertrand Russell et d'Alfred North Whitehead ; et, bien qu'on ne puisse pas dire qu'il soit le créateur de la logique moderne, sa contribution fut très souvent déterminante. Auteur d'une théorie des catégories qu'il appelle phénoménologie ou phanéroscopie, Peirce est aussi à l'origine de la sémiotique.

On appréciera d'autant mieux l'ampleur de son génie si on le compare aux grands noms qui brillèrent dans ces espaces où, le premier, il apporta la lumière. La possibilité de telles proximités explique que le philosophe américain contemporain, qu'il soit théologien, métaphysicien ou logicien, lise dans l'œuvre de Peirce sa propre version de l'existentialisme, de la phénoménologie ou de l'analyse linguistique. Inventeur du pragmatisme, Peirce marqua toute la philosophie américaine de cet « esprit de laboratoire » qui est l'origine de la version du pragmatisme qu'il proposa." (source : encyclopia universalis)

Table : Première partie : Lettres 1. Lettres à Lady Welby - I. Première lettre à lady Welby  - II.  deuxième lettre à lady Welby  - Deuxième partie 1. Morale terminologique  - 2. Théorie des catégories : la phanéroscopie  - I. Le phaneron  - II. Les catégories : priméité, secondéité, tiercéité  - III. La priméité est la catégorie du sentiment et de la qualité : a) Sentiment - b) Qualité - IV. La secondéité est la  catégorie de l'expérience, de la lutte et du fait : a) Expérience b) Lutte c) Fait  - V. La tiercéité est la catégorie de la pensée et de la loi :  a) Pensée ou signification b) Loi  - VI. Cas dégénérés de la secondéité et de la tiercéité  - VII - La priméité de la priméité, de la secondéité de la tiercéité  - 3 Théorie des signes  - I. Le signe  - II. La semiosis ou action du signe l'interprétant  - III. Les trois trichomies du signe  - IV. L'icône - V. L'indice  - VI. Le symbole  - VII. Le dicisigne ou quasi-proposition  - VIII. Division des signe : a) Les dix classes de signes - b) Autres variétés de signes - c) Deux autres divisions des signes   - Appendice : Lettre à A. Robert  - Commentaire (Gérard Deledalle) : - I. Les catégories phénéroscopiques  - II. La sémiotique  - III. Analyse triadique du signe - IV. Les trois trichotomies du signe V. Les dix classes de signes - VI. Le dernier état de la sémiotique peircienne - La métaphysique du signe - Table des textes traduits - Table chronologique des textes traduits - Postface (Mathias Girel) - Index

Quatrième de couverture :

"Au travers des textes de Charles S. Peirce se fait jour une démarche tout à fait originale, au  carrefour de la logique, de la phénoménologie et de la sémiotique. Il s'agit bien du signe, mais sa théorie s'organise selon des catégories très différentes de celles auxquelles nous sommes habitués, et ces catégories ne sont établies qu'après une minutieuse enquête sur les phénomènes. Il en résulte une classification et une description où Peirce met l'accent sur la façon dont le signe agit et s'ouvre sur une chaine d'interprétants qui peut être infinie. Peirce a ainsi donné à la sémiotique son orientation propre, très distincte du programme saussurien."

Début de la postface de Mathias Girel :

"En refermant ce livre, on ne verra plus tout à fait, au mur du musée, un portrait et sa légende, mais peut-être bien, comme le propose Peirce, un sinsigne dicent. On  saisira aussi certainement qu'icône, index et symbole - termes devenus omniprésents et souvent associés à Peirce, comme s'ils portaient l'essentiel de sa sémiotique - non seulement ne sont pas trois signes différents, mais ne sont que trois dimensions du signe, pris dans son rapport à un objet, parmi de nombreux autres possibles. Les nouveaux lecteurs auront sans doute le sentiment de découvrir toute une contrée, largement inexplorée avant Peirce, dont les noms de lieux sembleront parfois bien exotiques. Ces sentiments de dépaysement et de découverte sont fondés : Peirce donne les clés de ce domaine, tout comme il fournit de solides repères pour s'orienter dans la forêt des signes de toutes sortes, dont on aura vite vu en lisant les pages qui précèdent qu'ils dépassent de loin les seuls signes linguistiques. Les textes rassemblés ici sont un des actes de naissance de la sémiotique et leur actualité reste à cet égard inentamée..."

 

 

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