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William Cavanaugh, Torture et eucharistie
William Cavanaugh, Torture et eucharistie

William Cavanaugh, Torture et Eucharistie, la théologie politique du corps du Christ, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par C. et J. Rastoin, postface de Michel Forcade, Ad Solem/Cerf, 2009

"Depuis plusieurs siècles, l'Église en est venue à ne plus avoir que la " garde des âmes ", laissant les corps au soin de l'État. Dans la société moderne, la mission du chrétien se cantonnait désormais à " spiritualiser " les structures de la vie politique et publique. Cette mission a été notamment exposée par les partisans de la " chrétienté profane ", inspirée par Jacques Maritain. Or, cette théorie n'envisageait guère l'éventualité d'un temps de persécution où il faudrait que l'Église, Corps du Christ, résiste " corporellement " : où des catholiques, fidèles à l'État, puissent être impliqués contre d'autres catholiques, jugés infidèles, comme ce fut le cas au Chili sous le régime de Pinochet. Résidant au Chili dans les années 1980, William Cavanaugh a été témoin de ce régime de terreur, du caractère " rituel " de la pratique de la torture par l'État, en une simiesque liturgie de mort, et de l'inefficacité de la hiérarchie de l'Église chilienne, formée à l'école de la " chrétienté profane ", face à cette persécution menée par des catholiques contre des catholiques au nom de l'État. Revenu aux États-Unis, où il enseigne la théologie, William Cavanaugh a voulu montrer comment, progressivement, l'Église a su faire échec à la politique de mort de la Junte militaire. À la fois témoignage vécu et réflexion théologique, ce livre exceptionnel jette une lumière radicalement nouvelle sur les événements du Chili, sur les impasses d'une certaine ecclésiologie, et sur les défis que va bientôt devoir relever l'Église d'Occident si elle veut retrouver sa place légitime dans la cité des hommes."

"Théologien nord-américain, W. Cavanaugh a vécu au Chili sous le régime de Pinochet. Il décrit comment les autorités de l’Eglise ont été hésitantes à condamner la naissance des pratiques de torture qui allaient se généraliser. En contraste, il présente ensuite des exemples de résistance chrétienne de la part de responsables ou de militants, dans la visibilité d’un corps social, visibilité mise en rapport, par le théologien, avec la pratique eucharistique chrétienne. C’est l’occasion de méditations ecclésiologiques complexes, mises en rapport avec les oeuvres de Jacques Maritain et de Henri de Lubac. Le livre devient alors d’une lecture difficile, malgré la qualité de la traduction. Difficultés redoublées par le fait que la pensée de ces deux auteurs n’est pas présentée de façon convaincante, ce que dans une Postface fait remarquer Michel Fourcade, à propos de Jacques Maritain. Pour les lecteurs avertis, le livre (dont l’original est de 1998) donne l’occasion de réfléchir à certaines orientations actuelles de la théologie d’expression anglo-saxonne."
 
Pierre Vallin

 

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