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Actualité de Thomas Hobbes

Thomas Hobbes (5 avril 1588 à Westport, Angleterre – 4 décembre 1679à Hardwick Hall, dans le Derbyshire, en Angleterre) est un philosophe anglais. Son œuvre majeure, le Léviathan, eut une influence considérable sur la philosophie politique moderne, par sa conceptualisation de l'état de nature et du contrat social, conceptualisation qui fonde les bases de la souveraineté. Quoique souvent accusé de conservatisme excessif (par Arendt et Foucault notamment), ayant inspiré des auteurs comme Joseph de Maistre ou Carl Schmitt, le Léviathan eut aussi une influence considérable sur l'émergence du libéralisme et de la pensée économique libérale du XXe siècle, et sur l'étude des relations internationales et de son courant rationaliste dominant : le réalisme.

Le Léviathan, ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d'une république ecclésiastique et civile, est une œuvre écrite par Thomas Hobbes, publiée en 1651, qui constitue un des livres de philosophie politique les plus célèbres. Il tire son titre du monstre biblique. Classique de la théorie du contrat social, aux côtés des œuvres notamment de Grotius, Locke ou Rousseau, cet ouvrage traite de la formation de l'État et de la souveraineté. Le Léviathan est divisé en quatre parties : « De l'homme », qui traite notamment de l'état de nature ; « De l'État », qui traite de la formation de ce dernier et des lois civiles (ou droit positif) ; « De l'État chrétien » ; et « Du royaume des ténèbres » (source : wikipedia)

L'absence de loi caractérise, pour Hobbes l'état de nature où des individus isolés cherchent à assouvir leur intérêt personnel et vivent dans la peur les uns des autres, car personne n'est alors assez fort pour défendre sa propre vie.

Pour échapper à la peur d'être tué dans cet univers du "chacun pour soi" d'avant le contrat, où "l'homme est un loup pour l'homme", les hommes vont décider "librement" de confier le monopole de la violence légitime au Souverain (le Léviathan) et de se soumettre à une même loi, en renonçant à la satisfaction de leurs intérêts personnels.

Selon Hobbes (Le Léviathan), il existe deux formes de liberté : la liberté de faire ce que l'on veut et celle d'obéir aux lois.

Il en existe, selon lui, une troisième, peut-être la plus authentique parce qu'elle n'est pas soumise à l'empire de la peur : la liberté de faire tout ce que les lois n'ont pas prévu : "La liberté des sujets ne réside que dans les choses que le souverain, en réglementant les actions des hommes, à passées sous silence..."

En d'autres termes, les hommes ne sont libres que dans la mesure où ils obéissent aux lois, mais ils sont libres de n'obéir qu'à eux-mêmes, "de faire ce que leur propre raison leur indique comme étant le plus profitable" dans les domaines d'activité que le législateur n'a pas mentionnés.

Hobbes ajoute donc des correctifs à une conception qui pourrait sembler particulièrement contraignante de la loi. Premièrement la loi ne peut pas ou ne veut pas prévoir tous les cas de figure possible. Deuxièmement, la loi étant incapable ou non désireuse de tout prévoir, les individus ont le droit de suivre leur propre raison et non la raison commune et de réaliser leurs intérêts particuliers dans les domaines qu'elle ne prévoit pas.

Il donne des exemples de domaines où cette liberté individuelle est susceptible de s'exercer : "la liberté d'acheter, de vendre, et de conclure d'autres contrats les uns avec les autres ; de choisir leur résidence, leur genre de nourriture, leur métier, d'éduquer leurs enfants comme ils le jugent convenable et ainsi de suite."

Hobbes ne précise pas à quel degré la liberté individuelle peut s'exercer dans ces différents domaines. De nos jours, "la libre circulation des hommes et des marchandises" au sein de l'Union européenne s'accompagne d'une réglementation commerciale concernant notamment la conformité des produits aux normes européennes. La France admet la liberté d'enseignement, mais sous certaines conditions, les parents peuvent éduquer librement leurs enfants, mais dans certaines limites fixées par la loi, etc.

La thèse de Hobbes peut sembler contradictoire : Hobbes préconise d'un côté la soumission des individus à la loi commune et la renonciation à leurs intérêts particuliers qui prévalaient avant le contrat social et qui entraînaient la guerre civile (la guerre de tous contre tous).

Mais d'un autre côté, il ménage une possibilité pour ces mêmes intérêts particuliers, de s'exercer en toute légalité dans certains domaines : le commerce, le choix d'un métier, le mode d'éducation des enfants, le logement, la nourriture...

Il y aurait donc, selon Hobbes, des intérêts particuliers qui menacent la paix civile et d'autres qui ne lui sont pas nuisibles, voire qui contribuent à la favoriser, à commencer par le commerce.

On peut donc comprendre, à la lumière de ce texte, que Hobbes ait pu influencer des courants de pensée aussi différents que le libéralisme et le conservatisme.

Mais certains penseurs comme Hannah Arendt ont contesté la conception de Hobbes de la liberté comme soumission des individus aux lois du "gros animal" social et préconisé une autre conception de la liberté comme plein exercice par les hommes de leur droits et de leurs devoirs de citoyens et non de "sujets" ou de "consommateurs".

Par ailleurs, on peut constater que le système que préconise Hobbes où coexistent une obéissance total au "Souverain" et une certaine liberté individuelle dans certains domaines, est aujourd'hui en vigueur dans des pays comme la Chine ou la Russie, où la liberté d'entreprendre s'accommode de l'absence de réelles libertés démocratiques.

On peut se demander dans quelle mesure nos démocraties occidentales ne tendent pas à évoluer vers ce type de régime mais en inversant les paramètres. Ce n'est pas le pouvoir politique qui investit les autres domaines en laissant une place plus ou moins grande aux intérêts privés, comme chez Hobbes, mais les intérêts privés (fonds de pension, transnationales, lobbies, agences de notation, spéculation financière, banques...) qui investissent le domaine du politique.

Dans le premier cas, le pouvoir de l'oligarchie financière et économique est (plus ou moins) contenu par un régime politique autoritaire (dont les représentants font du reste eux-mêmes partie de l'oligarchie), tandis que les citoyens sont réduits au rôle de "sujets".

Dans le second, l'oligarchie tend à exercer directement le pouvoir politique à travers les médias et les hommes politiques eux-mêmes, au sein d'un régime "libéral" qui réduit les citoyens au rôle de "consommateurs".

 
 

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