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François Dosse, Paul Ricoeur, Les sens d'une vie
François Dosse, Paul Ricoeur, Les sens d'une vie

François Dosse, Paul Ricoeur, Les sens d'une vie, La Découverte/Poche, 2001

Table des matières :

Remerciements - Avant-propos - Première partie : les années 30 - Deuxième partie : L'expérience du camp (1940-1945) - Troisième partie : Le temps de réflexion du Chambon - Quatrième partie : Strasbourg (1948-1956) - Cinquième partie : Un hétérodoxe au coeur de l'université - Sixième partie : Face aux maîtres du soupçon (Freud, Lacan, le structuralisme, le marxisme, Althusser, Greimas, la démythologisation chez les catholiques et les protestants - la greffe herméneutique - Heidegger - l'horizon poétique - Septième partie : L'aventure de Nanterre (1965-1970) - Huitième partie : L'éclipse : Le détour américain (1970-1985) - Neuvième partie : la consécration - Dixième partie : Un philosophe dans la cité

L'auteur : 

François Dosse (né le 21 septembre 1950) est un historien et épistémologue français, spécialisé en histoire intellectuelle. Il est le fils de l'artiste peintre Tonia Cariffa. Ayant consacré sa thèse de doctorat à l'École des Annales (1983), il poursuit depuis des recherches sur le structuralisme, le philosophe Paul Ricœur (sa biographie, Paul Ricœur. Les sens d'une vie, publiée en 1997, fait aujourd'hui autorité) et l'historien Michel de certeau. François Dosse est l'un des fondateurs de la revue EspacesTemps. En 2007, il publie Gilles Deleuze et Félix Guattari, biographie croisée où il prend le pari de réhabiliter Guattari dans une histoire intellectuelle qui n'a retenu que Deleuze. En 2011, il consacre une biographie à l'historien Pierre Nora. François Dosse est actuellement Professeur d'histoire contemporaine à l'IUFM de Créteil, et enseignant à l'IEP de Paris.

"Notre héritage n'est précédé d'aucun testament", a dit René Char, cité par Hannah Arendt, et le concept central de la dialectique hégelienne, "l'Aufhebung", signifie à la fois accomplir et supprimer, ramasser et laisser tomber. Paul Ricoeur aura aidé les gens de ma génération à prendre des distances avec les modes intellectuelles et à renoncer aux explications globalisantes, tout en  acceptant l'héritage, mais sous bénéfice d'inventaire : le principe lacanien de la structuration langagière de l'inconscient, la dissolution structuraliste du sujet et du référent, la théorie althussérienne de la détermination en dernière instance des "superstructures" par le mode de production, la "déconstruction" des savoirs (Foucault, Derrida), la réduction bourdieusienne de l'éducation à la reproduction sociale, l'obsession heideggerienne de l'Etre...

Ce livre ne dispense pas de lire l'oeuvre de Paul Ricoeur, notammentTemps et Récit, mais peut constituer une troisième étape dans l'approche de sa pensée, après la lecture de son autobiographie intellectuelle : Réflexion faite (Edition Esprit) et de l'entretien avec François Azouvi et Marc de Launay (Calmann-Lévy, 1995) intitulé : La Critique et la Conviction.

A propos du titre : "Les sens d'une vie" : C'est dans la succession des lieux de sa mémoire : les camps de Poméranie orientale, le Chambon, Strasbourg, la Sorbonne, les Murs blancs, Nanterre, Chicago... et de ceux de ses groupes d'appartenance, tels que le cercle de Gabriel Marcel, Christianisme social, Esprit, le Laboratoire phénoménologique... que se dessine une identité à la fois plurielle du fait des appropriations qu'elle suscite et unitaire par la cohérence toujours préservée d'une vie faite oeuvre." (p.9-10)

Quatrième de couverture :

"La philosophie est aujourd'hui de retour pour éclairer les grands sujets du nouveau siècle. La quête du sens qu'exprime ce retour ne peut que rencontrer la figure et le parcours de Paul Ricoeur : depuis les années trente, il a toujours conçu sa réflexion comme une forme d'engagement dans la Cité. Maître à penser plutôt que maître penseur, ses travaux sont devenus une source majeure d'inspiration dans les domaines les plus divers.

François Dosse réalise ici une biographie intellectuelle qui entend rendre justice à ce grand penseur dont l'oeuvre se situe à la croisée de la tradition réflexive française, de la philosophie dite continentale et de la philosophie analytique, dans un constant souci d'articulation de leurs apports respectifs. Grâce à une vaste enquête auprès de 170 témoins et une étude fouillée des travaux de Paul Ricoeur, l'auteur retrace la cohérence du parcours de sa pensée et des rebondissements multiples, au gré des sollicitations de l'actualité. La passion qui anime cet ouvrage ne vise pas à ériger une nouvelle statue du commandeur. L'auteur entend simplement faire partager le don de soi de Paul Ricoeur, source d'une sagesse communicative. ce parcours est une invitation à ne pas céder au scepticisme et au cynisme, et à retrouver les voies de l'espérance par une mémoire toujours retravaillée."

Avant-Propos (extrait) :

"Le parcours que va découvrir le lecteur est à la fois moins et plus qu'une biographie. Le fil rouge en est bien évidemment le cheminement de Ricoeur, qu'il s'agit de restituer du point de vue de sa réception, à partir du regard multiple des autres, de l'entrecroisement d'itinéraires et de rencontres successives. C'est en tant "qu'être enchevêtré dans des histoires", à la manière dont le définit Wilhelm Schapp, que Ricoeur est l'acteur principal de cette mise en intrigue. Il est très souvent décentré, et cette biographie intellectuelle entend aussi faire revivre les multiples itinéraires de ceux qui ont croisé à des moments et en des réseaux différents celui de Ricoeur. Comme l'a écrit Paul Valadier, Ricoeur est un "philosophe qui ne s'atteint et ne s'atteste que dans les autres". C'est en retraçant cet écheveau de rencontres que l'on retrouve, au-delà des traces textuelles, les traces existentielles qu'il a laissées. L'identité de Ricoeur se laisse entrevoir au travers de cette pluralité. Les sens d'une vie du soi se lisent dans les regards des autres, non comme fidélité rendue par quelque miroir, mais comme recréation constante, oeuvre au travail, monde du texte devenu source d'identité. C'est dans la succession des lieux de sa mémoire : les camps de Poméranie orientale, le Chambon, Strasbourg, la Sorbonne, les Murs blancs, Nanterre, Chicago... et de ceux de ses groupes d'appartenance, tels que le cercle de Gabriel Marcel, Christianisme social, Esprit, le Laboratoire phénoménologique... que se dessine une identité à la fois plurielle du fait des appropriations qu'elle suscite et unitaire par la cohérence toujours préservée d'une vie faite oeuvre." (p.9-10)
 

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