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Patrick Boucheron, Un été avec Machiavel
Patrick Boucheron, Un été avec Machiavel
Patrick Boucheron, Un été avec Machiavel

Patrick Boucheron, Un été avec Machiavel, Editions des Equateurs/France Inter, 2017

Le Prince est un traité politique écrit au début du XVIe siècle par Nicolas Machiavel, homme politique et écrivain florentin, qui montre comment devenir prince et le rester, analysant des exemples de l'histoire antique et de l'histoire italienne de l'époque. Parce que l'ouvrage ne donnait pas de conseils moraux au prince comme les traités classiques adressés à des rois, et qu'au contraire il conseillait dans certains cas des actions contraires aux bonnes mœurs, il a été souvent accusé d'immoralisme, donnant lieu à l'épithète « machiavélique ». Cependant, l'ouvrage a connu une grande postérité et a été loué et analysé par de nombreux penseurs.

Nicolas Machiavel (Niccolò di Bernardo dei Machiavelli ; Niccolò Machiavelli) né le 3 mai 1469 à Florence, en Italie et mort le 21 juin 1527 dans la même ville.

Niccolò Macchiavelli (Nicolas Machiavel), est un penseur italien de la Renaissance, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre qui a reçu une éducation humaniste (Antiquité grecque et surtout romaine) et a fait des études de droit. Son époque est politiquement très troublée. L'Italie, riche mais divisée en petits états instables, est en proie aux invasions étrangères. Pendant les guerres d'Italie, de 1494 à 1527, le pays ne cesse d'être envahi et pillé par les Français, les Espagnols, les Allemands, les Suisses. Machiavel rêve d'une Italie unifiée dans laquelle la paix et la stabilité seraient garanties par un Etat fort. C'est ce qui le détermine à écrire Le Prince, considéré par Montaigne comme "le livre de chevet des grands de son temps". A 29 ans (1498), Machiavel est nommé Secrétaire de la chancellerie de Florence et se voit confier des missions politiques importantes et délicates dont il s'acquitte avec efficacité et fidélité. En 1512, la chute de la république de Florence le fait tomber en disgrâce. C'est pendant l'exil sur ses terres qu'il écrit les grandes œuvres politiques, Le Prince, en 1513, Discours sur la première décade de Tite-Live et Histoire de Florence (1526). Machiavel écrit une comédie, La Mandragore, en 1518. En 1526, il reprend quelques fonctions officielles, mais retombe bientôt en disgrâce et meurt à 58 ans. Il n'a pas vu la réalisation de ses rêves politiques pour l'Italie, ni la publication en 1532, de son œuvre Le Prince, qui va circuler dans toute l'Europe, bien que mise à l'index en 1559, en raison de son analyse clinique et lucide des mécanismes du pouvoir. Machiavel a donné en français naissance à plusieurs termes : "machiavélisme" et ses dérivés, pour qualifier une interprétation politicienne cynique de l’œuvre de Machiavel et "machiavélien" pour les concepts développés par Machiavel dans son œuvre. Mais Le Prince, ce "bréviaire des puissants", a connu une fortune critique considérable et pour en juger, il importe de s'en référer aux analyses de Francis Bacon, Spinoza, Diderot, Rousseau, Hegel ou Gramsci, et plus près de nous, d'Althusser, Leo Strauss ou Claude Lefort. (source : babelio)

Patrick Boucheron est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIème-XVIème siècles. Il est notamment l'auteur de Léonard et Machiavel (Verdier), Conjurer la peur (Seuil), Sienne, 1338, essai politique sur la force des images (Seuil) et a récemment dirigé l'Histoire mondiale de la France (Seuil).

Table des matières : Jeunesse : 1. Les saisons - 2. Machiavélisme - 3. 1469, le temps revient - 4. L'ambition d'un père - 5. Histoire d'un livre dangereux - Le temps de l'action : 6. Soudain Savonarole - 7. Un jeune en politique - 8. Voyager - 9. Le tranchant de la langue - 10. Coup d'Etat - Après le désastre : 11. Lettre d'un exilé - 12. Comment lire Le Prince ? - 13. Conquérir ou conserver ? - 14. Le mal en politique - 15. Etat d'urgence - Politiques de l'écriture : 16. La comédie du pouvoir - 17. Ce blagueur de Machiavel - 18. Politiques de l'obscénité - 19. Le courage de nommer - 20. L'art politique de prendre position - La république des désaccords : 21. Qu'est-ce qu'une république ? - 22. Eloge de la mésentente - 23. Nous sommes désarmés - 24. La violence en politique - 25. La fin ne justifie pas les moyens - Jamais trop tard : 26. Ecrire l'histoire - 27. Est-il trop tard ? - 28. 1527, fin d'un monde - 29. Anatomie du spectre - 30. Philosopher par gros temps - Epilogue provisoire - Lire Machiavel

Quatrième de couverture :

"L'intérêt pour Machiavel renaît toujours dans l'histoire au moment où s'annoncent les tempêtes, car il est celui qui sait philosopher par gros temps. Si on le relit aujourd'hui, c'est qu'il y a de quoi s'inquiéter. Il revient : réveillez-vous."

Depuis sa mort en 1527, on le lit pour s'arracher à la torpeur. Mais que sait-on de lui, hormis le machiavélisme, cette angoisse collective devant le mal en politique ?

Allons donc chercher l'homme derrière le masque qui le défigure. levons les contradictions qui travaillent cet esprit ardent de la Renaissance florentine : le créateur du Prince et l'homme d'action, le poète obscène et blagueur, l'inspiration qu'il trouve autant chez les peintres que dans la mécanique des passions et des intérêts humains. En somme, la sagesse de Machiavel ne se trouve-t-elle pas dans "l'art subtil de la provocation joyeuse" ?

Patrick Boucheron nous invite sur un tempo allegrissimo, à découvrir un Machiavel insolent, visionnaire, implacable comme un soleil d'été : "Machiavel est un éveilleur, parce qu'il est un écrivain. Il écrit pour porter la plume à la plaie. Il écrit pour raviver non la splendeur des mots, mais la vérité de la chose." (quatrième de couverture)

"Né dans une république de princes, la Florence oligarchique de la Renaissance et de Savonarole, Machiavel est très tôt sensible à la politique. Premier secrétaire de la Seconde chancellerie, historien, dramaturge, poète, philosophe, politologue avant l'heure, admirateur des peintres, des ingénieurs, des médecins et des cartographes, incorrigible provocateur, Machiavel est surtout un très fin spectateur. En Europe, il voyage, scrute les rapports de force qui meuvent les hommes, renifle les remugles du pouvoir. Il s'étonne de voir, qu'en France, Louis XII tient son peuple d'une main de fer et que ce dernier ne l'en aime que davantage. Peu à peu, l'homme aiguise son style. Chez lui, tout est bon pourvu que l'on puisse exercer l'art du mot juste, " la vérité effective de la chose " : " L'amour est préférable, mais la force, parfois, inévitable ". 

"La chance de Machiavel est d'avoir toujours été déçu par les hommes d'État qu'il a croisés sur son chemin. C'est pour cela qu'il a dû inventer son Prince de papier. Si le livre s'attache à dissocier l'action politique de la morale commune, la question demeure aujourd'hui encore de savoir, non pas pourquoi, mais pour qui écrit Machiavel. Pour les princes ou pour ceux qui veulent leur résister ? Et qu'est-ce que l'art de gouverner ? Est-ce celui de prendre le pouvoir ou celui de le conserver ? Qu'est-ce que le peuple ? Peut-il se gouverner lui-même ? Pensez-vous que les bonnes lois naissent de législateurs vertueux ? La fin peut-elle justifier les moyens ? Au-delà de conseils cyniques aux puissants, Machiavel s'interroge en profondeur sur l'idée de la souveraineté populaire car " le peuple connaît celui l'opprime ". 

Avec verve et une savoureuse érudition, Patrick Boucheron nous éclaire sur cet éveilleur inclassable, visionnaire et brûlant comme un soleil d'été sur la terre toscane. Et avec lui, nous écoutons Machiavel, comme tous les autres avant nous, au futur. 

Un été avec Machiavel est à l'origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2016 sur France Inter." (source : babelio)

 

 

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