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La fabuleuse bibliothèque d'Aby Warburg
La fabuleuse bibliothèque d'Aby Warburg

Aby Moritz Warburg (né le 13 juin 1866 à Hambourg, en Allemagne, et mort également à Hambourg le 26 octobre 1929) est un historien de l'art. Son travail a servi à jeter les bases de l'iconologie.

Selon la légende familiale, Aby Warburg, premier né d'une fratrie de sept enfants et héritier d'une dynastie bancaire installée à Hambourg depuis le XVIe siècle, scella son destin à l'âge de treize ans, lorsqu'il céda son droit d'aînesse à son cadet Max contre la promesse que celui-ci lui achèterait, sa vie durant, tous les livres qu'il voudrait. Aby Warburg allait ainsi constituer, selon des principes de classement entièrement originaux, une immense bibliothèque qui compterait à sa mort, en 1929, plus de cinquante mille volumes. Aujourd'hui installée à Londres, où elle déménagea en 1933 au moment de l'avènement du nazisme, d'abord rattachée au Courtauld Institute puis à l'université de Londres, elle reste, à l'échelle internationale, un des hauts lieux des études en histoire de l'art. (source : encyclopedia universalis)

"La constitution de sa bibliothèque occupa Warburg toute sa vie, et elle fut peut-être, l'oeuvre à laquelle il consacra la plus grande partie de ses énergies. A son origine, il y a un épisode enfantin décisif : à l'âge de treize ans, Aby, qui était l'aîné d'une famille de banquiers, offrit à son petit frère Max de lui laisser son droit d'aînesse en échange de la promesse de lui acheter tous les livres qu'il demanderait. Max accepta, sans imaginer que la blague enfantine allait devenir réalité. Warburg classait ses livres non pas selon l'ordre alphabétique ou arithmétique utilisé dans les plus grandes bibliothèques, mais selon ses intérêts et son système de pensée, au point d'en changer l'ordre à chaque variation de ses méthodes de recherche. La loi qui le guidait était celle du "bon voisin", selon laquelle la solution de son problème était contenue non dans le livre qu'il cherchait, mais dans celui qui était à côté. de cette manière, il fit de la bibliothèque une sorte d'image labyrinthique de lui-même, dont le pouvoir de fascination était énorme. Saxl nous rapporte l'anecdote de Cassirer, qui, entré pour la première fois dans la bibliothèque, déclara qu'il fallait soit s'en enfuir immédiatement, soit y rester enfermé des années. Tel un vrai labyrinthe, la bibliothèque conduisait le lecteur à destination en le menant d'un "bon voisin" à l'autre, par une série de détours au bout desquels il rencontrait fatalement le Minotaure, qui l'attendait depuis le début, et qui était, dans un certain sens, Warburg lui-même. Ceux qui ont travaillé dans la bibliothèque savent combien tout cela est encore vrai aujourd'hui, malgré les concession qui ont été faites au cours des années aux exigences de la bibliothéconomie." (Giorgio Agamben, La puissance de la pensée, Essais et Conférences, "Aby Warburg et la science sans nom", Editions Payot&Rivages, p.110)

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