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Tableaux d'une exposition, (en russe : Картинки с выставки, Kartinki s vystavki) est une « série de dix pièces pour piano » composée par Modeste Moussorgski en juin et juillet 1874. L'œuvre est dédiée à Vladimir Stassov. De nombreuses fois arrangée et transcrite pour diverses formations, c'est dans l'orchestration symphonique réalisée par Maurice Ravel en 1922 que l'œuvre est le plus jouée et enregistrée.

Modeste Petrovitch Moussorgski (en russe : Модeст Петрович Мусоргский), né le 9 mars 1839 (21 mars 1839 dans le calendrier grégorien) à Karevo, près de Toropets dans le gouvernement de Pskov, et mort le 16 mars 1881 (28 mars 1881 dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg, est un compositeur russe. Il est d'abord célèbre par son opéra Boris Godounov, et par la suite pour piano Tableaux d'une exposition (1874) — orchestrée par Maurice Ravel en 1922.

Analyse de l'oeuvre :

Moussorgski a écrit ce tableau symphonique vers 1865. On imagine le Mont Chauve dans l'aride région du Pamir, au centre de l'Asie, où les chaînes montagneuses sont couronnées de neige et d'énormes étendues de cailloux. C'est là qu'au milieu de la nuit, les sorciers et sorcières font, par leurs enchantements, apparaître Satan parmi eux.

Voici l'argument de cette oeuvre :

  • Apparition des esprits du mal
  • Bruits souterrains
  • Réunion et bavardages des sorciers
  • Cortège de satan
  • Apothéose de satan
  • Messe noire ; Sabbat
  • Une cloche chasse les esprits
  • Lever du jour

Audition :

Dès le début, Moussorgski crée l'ambiance : le frémissement des violons dépeint l'arrivée rapide des sorcières pendant que les notes graves des violoncelles et des contrebasses évoquent les bruits souterrains. Le vent souffle (traits rapides des bois à 5 secondes)

Le bavardage des sorcières commence à 13 secondes (thème I), alors que les trombones attaquent aussitôt après le thème II, motif étrange qui évoque l'atmosphère de cette réunion nocturne.

A 38 secondes, tout ce début est répété.

Le cortège de Satan arrive (thème III), à 1 minute 12. Ce motif, facile à reconnaître, sera d'ailleurs entendu très souvent. Sorciers et sorcières entourent Satan et dansent.

La puissance du diable est évoquée par les cuivres à 2 minutes 14. A ce motif succèdent, après une montée chromatique, quelques mesures où semble s'exprimer le délire de la foule des sorciers devant leur Maître.

Brusquement interrompu, il fait place, à 2 minutes 29, à la ronde effrénée qui commence sur le thème IV et qui, après un crescendo, aboutit au thème V (à 2 minutes 54) évoquant l'apothéose de Satan.

Puis c'est la messe noire (à 3 minutes 2). Les sorciers se prosternent devant leur maître qu'ils jugent tout-puissant et dont ils veulent s'attirer les faveurs. L'orchestre fait entendre des sonorités étranges et un motif (première apparition à 3 minutes 18) semble évoquer les implorations et les gestes des esprits du mal.

Mais la messe noire est terminée et le cortège se reforme derrière Satan (thème III à 4 minutes 9) que l'on glorifie de nouveau (thème V)

Moussorgski commence ensuite la réexposition de l'oeuvre. A partir de ce moment, il sera aisé de reconnaître les principaux thèmes déjà présentés, notamment :

  • Bavardages des sorcières (thème I)
  • L'ambiance (thème II)
  • Le cortège de satan (thème III)

Le mouvement devient plus rapide, la foule s'anime. Après un brusque arrêt, la danse recommence, de plus en plus déchaînée, jusqu'au moment où la cloche se fait entendre. Les esprits sont chassés, le jour se lève.

Le thème VI, par son mouvement chromatique des deux dernières mesures, semble évoquer la disparition des sorciers, alors que le lever du jour (thème VI chanté par la clarinette et repris ensuite pas la flûte, en majeur) apporte le calme au sommet du Mont Chauve.

Nous remarquons le nombre important des thèmes, leur retour fréquent et obstiné, le mouvement et la couleur de cette oeuvre qui dépeignent parfaitement une scène de sabbat.

Signalons que la fin de cette oeuvre est due à Rimski-Korsakov qui, après la mort de Moussorgski, lui donna sa forme définitive.

(Analyse de Mme. Madeleine Guilloux-Tran)

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