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Mise en scène / scénographie : Hubert Jégat
Arrangements / direction musicale : Grégory Tran
Musiciens : Thomas Lecocq, violon et alto - Pierre Charles, violoncelle - Max Nouvier, guitare et Grégory Tran, hautbois, thérémine et flûte à bec
Animation et images : Yohan Vioux
Objets, marionnettes : Hubert Jégat, Grégoire Charbey et Paskal Tirmant
Construction : Bernard Jégat , Paul Foresto

Le Centre culturel Louis Aragon de Saint-Florent-sur-Cher accueillait le jeudi 26 octobre un spectacle musical et poétique, nous invitant à la découverte d’œuvres russes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème, essentiellement composées par les membres du "Groupe des Cinq".

Constitué de Mili Balakirev (1837-1910), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), Alexandre Borodine (1833-1887), Modeste Moussorgski (1839-1881) et César Cui (1835-1918), le Groupe des Cinq prônait une musique spécifiquement nationale basée avant tout sur les traditions populaires russes.

Un orchestre  imaginaire, devenu le plus insolite des quatuors, se retrouve, au plus grand bonheur des petites et des grandes oreilles, pour un hommage original à la mémoire de leurs amis disparus, la grande famille des musiciens russes.

Ces musiciens désormais apatrides, évoqués par une équipe d'artistes au talent rare et à la technique exceptionnelle, errent sur les routes pour trouver la seule chose qui font d'eux des hommes : préserver et transmettre la poésie, la musique et l'âme de leur peuple. Ils ont inventé des partenaires de jeu, réorchestré leurs œuvres avec brio...

Nous sommes immédiatement transportés dans l'univers slave, à l'intérieur d'une datcha à l'ambiance feutrée, atemporelle et mystérieuse... On en frissonne déjà ! Puis, lorsque le théâtre d'ombres s'anime, on embarque dans une petite roulotte pour une longue traversée dans le froid sibérien jusqu'à rencontrer, après maintes péripéties, l'univers lugubre et fantomatique des forêts de Sibérie, où, comme l'exprime si bien l'écrivain Sylvain Tesson : "s'agitent les pensées inquiètes des cimes des arbres quand il y a du vent"...

Toute une vie fascinante se dégage du théâtre d'ombres, des boîtes à musique toutes plus ingénieuses les unes que les autres, des poupées automates articulées sur des axes rotatifs reproduisant le mouvement fondamental du ballet classique, tout cela imaginé et fabriqué par le metteur en scène et son équipe.

Une énorme contrebasse aux multiples portes, conçue sur le principe des poupées russes (matriochkas), trône à droite de la scène avec, à l'intérieur de chaque compartiment, toute une vie miniature de légendes, plongeant le spectateur dans l'émerveillement et exacerbant la curiosité de savoir ce qu'il y a derrière la prochaine porte, un peu plus grande. Et lorsque la dernière grande porte s'ouvre, c'est toute l'immensité du paysage russe qui s'ouvre à nous.

Vous pourrez ainsi redécouvrir et apprécier dans des sonorités nouvelles, chatoyantes et quelquefois étranges, les plus belles œuvres du répertoire de la grande Russie, savamment transcrites pour violon, hautbois, guitare, flûte et thérémine :  "Dans les steppes de l'Asie centrale" d'Alexandre Borodine, "Shéhérazade" de Nikolaï Rimsky-Korsakov, "Badinage et Berceuse", qui sont extraits des Cinq petits duos opus 56 de César Cui, une berceuse cosaque chantée par nos instrumentistes, les "Danses polovtsiennes" du Prince Igor d'Alexandre Borodine, "La Cabane sur des pattes de poule", où habite la sorcière Baba Yaga, extrait des Tableaux d'une Exposition de Modeste Moussorgski, "Die Lerche" (L'alouette) de Mikhaël Glinka, "Le vol du bourdon" de Nikolaï Rimsky-Korsakov, extrait de son opéra Le conte du tsar Saltan, "Une nuit sur le mont chauve", poème symphonique de Modeste Moussorgski,  suivies d'improvisations au violon, "Orientale", morceau de musique de chambre de César Cui et enfin le superbe "Trio du Quatuor n°1" d'Alexandre Borodine.

Cette dernière oeuvre, comme certaines auparavant, est exécutée sur un plateau tournant symbolisant un énorme 33 tours, ce qui représente, pour les instrumentistes, un véritable tour de force dont l'effet est saisissant.

Ces œuvres qui appartiennent au répertoire musical du Groupe des Cinq (Могучая кучка), à l'exception de "L'Alouette" de Mikhaël Glinka, inspirateur de Mili Balakirev et maître à penser du Groupe des Cinq, font appel à un imaginaire peuplé d’êtres fantastiques, effrayants ou merveilleux, issus des contes et légendes de Russie.

Opus est un spectacle complet de conception très novatrice qui propose de multiples niveaux de sensations et de compréhension. Il satisfera aussi bien les petites oreilles que les grandes et remplira tous les regards d'émerveillement.

(Madeleine, mon épouse, a largement contribué à la rédaction de cet article.)

 

 

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