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Adolf Dimitri Grad, Pour comprendre la Kabbale
Adolf Dimitri Grad, Pour comprendre la Kabbale

Adolf Dimitri Grad, Pour comprendre la Kabbale, nouvelle édition revue et augmentée, DERVY-LIVRES, 1966

Né en 1916, Philosophe et écrivain, Adolf Dimitri Grad est l'un des six plus grands spécialistes de la Kabbale. D'origine juive russe, il est descendant en ligne directe à la 7e génération du Rabbin Gaon de Vilna connu pour son opposition aux Hassidim (18e s.) Auteur prolifique (plus de 25 livres), il est le premier auteur d'un Traité des Principes Kabbalistiques. Il est décédé au Diamant (Martinique) le 1er septembre 2012,  à l'âge de 96 ans et a été inhumé en Israël le 5 septembre suivant.

Table :

Avant-propos de la deuxième édition 

Chapitre Premier. Aspects fondamentaux de la Kabbale : Origine de la Kabbale - Les deux faces de la Kabbale - Kabbale hébraïque - Kabbale chrétienne - Kabbale ontologique

Chapitre II. Les instruments de la Kabbale : Sources de la parole - L'alphabet sacré- Les textes sacrés - Les sephiroth

Chapitre III. Les Procédés généraux de la Kabbale : La science des nombres-consonnes - Le Zohar - Les versets et les nombres - Science et Kabbale ontologique

Chapitre IV. La Science de l'Être : Science de l'Être et Logique - les conditions de la Vérité - Du syllogisme à l'amour

Appendice : Esquisse pour un Dictionnaire kabbalistique

Bibliographie sommaire

Origine de la Kabbale :

"La Kabbale occupe une place singulière dans la vie spirituelle. Le terme même est rarement pris dans sa véritable acception. Il perd toute signification lorsque le langage courant s'en empare, et les philosophes le méconnaissent.

Le mot "kabbale" est d'origine hébraïque : kabbalah. Il est dérivé du verbe kabbe, qui signifie : recevoir, accueillir. L'adverbe kabbal se traduit par : vis-à-vis, en présence de.

Ce qui est reçu, ce en face de quoi l'on est en présence, c'est la Sagesse d'En-Haut. Dans cette perspective, la Kabbale représente d'abord la tradition mystique du judaïsme. cette tradition court le long d'une chaîne initiatique qui remonte aux Patriarches d'Israël, et même à Adam.

Les kabbalistes admettent plus généralement que la Sagesse d'En-Haut fut révélée à Moïse, sur le mont Sinaï, en marge de la Loi écrite, le Pentateuque ou Torah.

Ce n'est pourtant qu'au début du IIème siècle de notre ère qu'apparaît en Palestine le grand rabbi galiléen Siméon bar Yo'haï, l'auteur présumé du Zohar, Le Livre de Splendeur, l'ouvrage le plus important de la littérature kabbalistique. Ce n'est encore qu'un millénaire plus tard que la Kabbale fleurit dans le midi de la France, en Provence et dans le Languedoc, avant de s'épanouir en Espagne, à Gerone et en Castille. Elle atteint son apogée à Safed, en Haute-Galilée, au XVIème siècle, avec Cordovero et Louria.

La Haute Science pratiquée dès le XIIème siècle par les kabbalistes espagnols ou sefaradis (Sefarad signifie : Espagne) Ezra ben Salomon ou Nachmanide diffère (...) de cette forme particulière de Kabbale qui a pris naissance presque simultanément en Rhénanie sous l'impulsion des Kalonymides originaires d'Italie, et d'où sortira plus tard le hassidisme.

Après Safed, la chaîne initiatique se ramifie jusqu'à nos jours en petits cercles d'études qui s'efforcent de préserver avant tout, et selon leurs moyens, l'esprit même de la Kabbale."

Le Logos des kabbalistes : 

"La Kabbale est la plus étonnante expérience de synthèse non-systématique qu'offre l'histoire de la pensée. Elle s'exprime généralement en symboles (...)

Le logos des kabbalistes n'est plus le "dire" chargé de signification ni même ce qui le rend possible ; le Logos devient le davar ou maamar, c'est-à-dire la parole telle que pouvait l'entendre Philon d'Alexandrie lorsqu'il acceptait de dépasser le "lieu des idées" ou la "loi morale". Le davar constitue donc le véritable intermédiaire entre l'absolue transcendance de Dieu et la finitude l'homme. (...)

Le métaphysicien peut saisir la réalité par simple analyse ou par intuition : il serait ridicule d'exiger de lui qu'il "vive" sa science. Le kabbaliste percera le mystère cosmo-théogonique par la connaissance du sens ontologique des nombres ou par des combinaisons rigoureuses des lettres de l'alphabet sacré : il ne sera pas un kabbaliste authentique s'il n'intègre l'esprit de la kabbale à sa vie même. La Kabbale n'est pas seulement une technique ou art de penser, métaphysique ou exégèse, elle est un mode de vie spirituelle."

Avant-Propos de la deuxième édition : 

"La première édition de cet ouvrage a été le fruit des circonstances. Nous venions de publier notre Théorie kabbalistique de l'éclatement primitif du point zéro cosmique à partir de deux versets hébraïques du livre de la Genèse. Nombre de lecteurs manifestèrent aussitôt le désir d'accéder aux fondements même de la Kabbale.

On comprendra quel fut notre embarras pour orienter le néophyte dans la "jungle" presque inextricable de la littérature kabbalistique.

La Kabbale étant à base non-systématique, il n'existait aucun manuel qui pût constituer un cadre valable de référence. Conseiller au chercheur de vérité l'ouvrage académique périmé de Franck ou les sempiternelles répétitions des compilateurs non-kabbalistiques, recommander la lecture d'un introuvable Zohar, d'ailleurs illisible sans clef, égarer le lecteur non averti dans les canaux séphirotiques, n'aurait pu que décourager les meilleures volontés et ajouter à la confusion qui obscurcit presque toujours ce difficile domaine.

Pour comprendre la Kabbale, il n'est pas seulement nécessaire, à défaut de posséder la langue hébraïque et, éventuellement, l'araméen, d'en connaître la structure et l'articulation onto-numérale : il convient encore d'être familiarisé avec un "climat mental" singulier où les rapports sujet-objet sont étrangers à la mentalité occidentale, où la notion de temps prime celle d'espace, où l'homme apparaît davantage comme "l'étranger sur la terre" (Guer va-arets) du psaume CXIX que comme le penseur à l'esprit "géométrique" qui fait généralement autorité.

Si nous avons parfois orienté les intéressés vers les ouvrages d'Oskar Goldberg ou d'Elie Benamozegh, de Josué Jehouda ou de Guy Casaril, de Léo Schaya ou de G.G. Scholem, ce fut toujours dans la mesure où nos lecteurs pouvaient se procurer les uns ou les autres et en retirer un réel profit. Mais devant la difficulté de trouver en France les oeuvres du grand rabbin de Livourne ou de l'auteur de L'Edifice des Nombres dans le Pentateuque, devant le fait que tel livre majeur embrasse trop de chapitres pour le débutant qui ne cherche qu'un fil conducteur ou que tel autre implique une culture traditionnelle déjà solide, nous apparut l'urgence de composer un Manuel de Kabbale qui éviterait, dans la mesure du possible, le double écueil de la dangereuse vulgarisation et de la compilation indigeste.

Nous avons essayé de faire court et d'être clair. Nous pensons avoir été entendu : la première édition de cet ouvrage de circonstance a été rapidement épuisée.

Avant de mettre sous presse la seconde édition, nous avons repris, en les précisant et en les complétant sur de nombreux points, les principaux éléments de l'ouvrage que nous n'avions pas développés dans la première édition, dans notre désir d'être bref.

C'est ainsi que nous avons précisé la distinction essentielle entre le logos et le davar ou maamar, c'est-à-dire la Parole considérée comme le véritable intermédiaire entre l'absolue transcendance de Dieu et la finitude de l'homme. Nous avons tenu à rappeler, ne serait-ce qu'en note, que l'hébreu n'est pas une langue "sémitique" mais "hamitique". Maïmonide est cité, bien que son More Nebûchîm - Le Guide des Egarés - représente le "point culminant du rationalisme juif au Moyen-Âge". Le témoignage du grand Elie Benamozegh nous a paru nécessaire, ainsi que l'évocation du moine franciscain Nicolas de la Lyre. Les chapitres concernant la christianisation de la Kabbale ou les Sephiroth ont été complétés. Nous avons encore précisé l'idée hébraïque de temps, donné en exemple de la science du notarikon, présenté les points de vue des partisans et adversaires de l'antiquité du Sepher Ha-Zohar, cité des extraits des livres essentiels de cette Bible des kabbalistes. Pour montrer que la valeur numérique des lettres hébraïques n'est pas seulement l'apanage des mekkoubalim, nous avons cité de nombreux commentaires sur le Pentateuque du Parchan Data champenois Rachi, considéré comme le maître du Peschat, c'est-à-dire du sens littéral de l'Ecriture.

Un excès de concision est certainement préjudiciable à la meilleure compréhension d'un domaine aux frontières souvent imprécises. Nous avons donc mis au point cette nouvelle édition revue et augmentée, dans l'espoir que le lecteur en retirera le maximum de profit." 

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