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François Boyer, Jeux interdits

François Boyer, Jeux interdits, Editions Denoël, 1968

François Boyer est un scenariste, romancier et dramaturge français, né le 30 mars 1920 à Sézanne, dans la Marne (Champagne-Ardenne) et mort le 24 mai 2003 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). On lui doit des scenarios de quelques grands classiques du cinéma français, tels que Jeux interdits (titre de son roman Jeux inconnus), La Guerre des boutons, Un singe en hiver et Week-end à Zuydcoote. Il intervient souvent comme dialoguiste et travaille maintes fois en collaboration avec Henri Verneuil ou Yves Robert.

L'adaptation cinématographique :

Réalisateur : René Clément, scenario : Jean Aurenche, Pierre Bost, René Clément, d'après l'oeuvre de François Boyer, avec Brigitte Fossey (Paulette), Georges Poujouly (Michel) Lucien Hubert, Laurence Badie...

Le début du récit :

Au cours de l'exode de 1940, un convoi de civils est mitraillé. Paulette, 5 ans, perd ses parents et se met à errer dans la campagne, serrant dans ses bras le cadavre de son chien. Dans les bois, elle rencontre Michel, un garçon de 10 ans, qui l'emmène vivre dans la ferme de ses parents. Réticent au début, le père de Michel accepte l'arrivée de Paulette, plus par peur que les Gouard, ses voisins et ennemis jurés, le fassent et en tirent une quelconque gloire, que par charité...

Deux chefs-d’œuvres : 

"Lion d'Or" au Festival de Venise en 1952, "oscar" du scénario à Hollywood en 1955, unanimement désigné par la critique comme l'un des "dix meilleurs films de tous les temps", le film de René Clément ne doit pas faire oublier l'oeuvre littéraire qui l'a inspiré.

Bien avant la réalisation du film, le roman de François Boyer était traduit en 17 langues, bénéficiait de nombreuses éditions de clubs de livres et se vendait à plus d'un million d'exemplaires aux Etats-Unis.

Roger Martin du Gard le signalait en ces termes à André Gide : "... Vous recommande un petit roman récent (...). Psychologie d'enfant savoureuse. Et l'ouvrage par sa sobriété, sa densité, la finesse et la cruauté de l'observation est très personnel. Le nom de cet auteur est à retenir." (Correspondance Gide-Martin du Gard, Lettre 779, 10 août 1947)

Extrait :

"Paulette lui donna la taupe, et tous deux s'agenouillèrent devant le trou. Michel y déposa la bête doucement et repoussa un peu de terre du revers de la main.

- Attends dit Paulette.

- Quoi ?

- Ça ressemble à une souris.

- Oui, dit Michel, un peu.

Et Paulette à son tour, poussa un peu de terre dans le trou. Michel jugea qu'il pouvait l'imiter, et la taupe fut bientôt ensevelie. Puis ils se levèrent tous deux, et considérèrent en silence les deux petits carrés de terre côte à côte. Maintenant les idées de Michel se faisaient plus nettes et il déclara sans hésiter :

- Ce qu'il faut leur faire, c'est des croix.

Il réfléchit un instant et continua :

- D'abord le Joseph, il veut que je t'amène au Bon Dieu ; Alors je t'apprendrai à faire des croix.

- Des croix comme ça ? Au nom du Père, du Fils et du saint-Esprit, ainsi soit-il, demanda Paulette en se signant presque correctement.

- Non, dit Michel. des vraies, avec un marteau, puis des clous."

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