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Georges Bernanos, Monsieur Ouine
Georges Bernanos, Monsieur Ouine

Georges Bernanos, Monsieur Ouine, préface de Pierre-Robert Leclerq, Le Castor Astral, 2008

"Monsieur Ouine est ce que j'ai fait de mieux, de plus complet. Je veux bien être condamné aux travaux forcés, mais qu'on me laisse libre de rêver ce bouquin en paix." (Georges Bernanos)

Georges Bernanos est né à Paris en 1888. Il débute sa carrière comme journaliste. engagé volontaire durant la Première Guerre mondiale et blessé, il en restera profondément marqué. Il devient inspecteur d'assurances et sillonne la France, écrivant dans les trains ou les hôtels. En 1926, il publie son premier roman, Sous le soleil de Satan, qui connaît un succès immédiat. En 1929, il obtient le prix Femina pour La Joie, et reçoit plus tard le Prix du roman de l'Académie française pour le Journal d'un curé de campagne. En 1937, témoin de la répression en Espagne, il fustige les exactions du franquisme dans Les Grands cimetières sous la lune. En 1938, il part au Brésil où il deviendra l'un des écrivains majeurs de la Résistance française. Georges Bernanos meurt à Neuilly le 5 juillet 1948.

Quatrième de couverture :

"Quand le génie s'en mêle, quand la banalité de l'histoire est le support d'un sujet qui traduit ce qu'il y a de plus profond et de complexe dans la nature humaine, on est devant l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature qui défient le temps, riches de pages puissantes, de la fulgurance d'une réplique, du plomb d'un aphorisme, de la force des mots qui tirent leur efficacité de leur simplicité. Ainsi en est-il de Monsieur Ouine (Pierre-Robert Leclercq)

"Certainement le personnage le plus inquiétant de la galerie du roman international." (Jean-Louis Bory, Le Magazine littéraire)

Analyse : 

"Au filtre du temps, Monsieur Ouine est souvent considéré comme le sommet de l'art de Georges Bernanos. Dès 1934, parlant de ce qui deviendrait son œuvre ultime, l'écrivain avoue à son ami Robert Vallery-Radot : "Monsieur Ouine est ce que j'ai fait de mieux, de plus complet. Je veux bien être condamné aux travaux forcés, mais qu'on me laisse libre de rêver ce bouquin en paix". Dans cette enquête policière sous forme de galerie de portraits, tout nous échappe, tout se déroule comme derrière le rideau. On commence à lire ce roman dans la chaleur étouffante d'une journée d'été, dans une maison morte, pour le terminer autour du corps flasque et suintant de Monsieur Ouine, sorte de génie du mal. Le récit relate le quotidien d'un village où un crime suscite les suspicions et les dénonciations anonymes, pour finalement conduire le lecteur à la fin d'un monde par le truchement du désespoir d'un prêtre. Mais le coupable ne serait-il finalement pas le village lui-même, pris dans son écheveau de curiosités et de haines ? À travers les conflits des personnages, sur fond de crime non élucidé, Georges Bernanos s'attache à rendre l'opacité du mal. Car dans ce livre, ce n'est rien de moins que le salut de l'homme dont il est question." (source : babelio)

Extraites de la Préface : 

"Monsieur Ouine est une tragédie qui comprend vingt-neuf scènes réparties sur onze lieux. des trois personnages principaux, le curé de Fenouille et Monsieur Ouine apparaissent chacun sept fois. Steeny étant le plus présent avec douze scènes, dont aucune avec le prêtre et seulement trois avec Monsieur Ouine. Cette faible présence de Monsieur Ouine n'ôte rien à ce qu'il est, au même titre que Steeny, au centre du drame dont l'assassinat d'un petit domestique est le détonateur qui consacrera la mort de la paroisse."

Les cahiers de Monsieur Ouine (édités et présentés par Daniel Pézeril et publiés aux Editions du Seuil, coll. Le don des langues) :

"Pourquoi avoir déchiffré, puis publié ces Cahiers de travail de Monsieur Ouine ? Parce qu'ils constituent une incitation rarement offerte avec cette objectivité, à ressaisir le mouvement d'invention romanesque d'un grand écrivain dans une de ces œuvres majeures.

Monsieur Ouine est de l'aveu de son auteur même "le" roman de Bernanos, celui qui lui demanda le plus de préparation et d'efforts, dont la publication, remise à plus tard puis finalement accomplie en 1946 sous une forme fautive, ne fut pas aussi retentissante que celle de Sous le soleil de Satan ou du Journal d'un curé de campagne

Ces difficultés ont cependant un avantage ; elles ont conduit les amis de Bernanos à explorer littéralement les manuscrits des brouillons du roman pour en restituer le texte original, après la mort de l'écrivain.

Ces Cahiers permettent au lecteur de se plonger dans l'écriture de l'œuvre et de suivre pas à pas le travail de Bernanos, qui écrivit à propos de son ultime roman à Claude-Edmonde Magny : "Je suis un romancier, c'est-à-dire un homme qui vit ses rêves ou les revit sans le savoir. Je n'ai donc pas d'intentions, au sens qu'on donne généralement à ce mot. Mais (en tant que critique) vous me rendez intelligible ce monde où j'ai avancé jadis, de page en page, dans les ténèbres, guidé par une espèce d'instinct analogue à celui de l'orientation des oiseaux, peut-être. Vous éclairez ce monde, vous le pénétrez de lumière, je le vois, je le reconnais, je découvre le chemin que j'ai fait à tâtons." 

Ces Cahiers, qui mettent en parallèle texte brut et phrases définitives, sont à la fois un très bon ajout à la lecture du roman et un approfondissement des questions et des sentiments qui surgissent à la lecture de l'œuvre ; et à qui la trouve difficile, ils l'éclairent."

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